11/11/2015
Le Conseil de Sécurité de l’ONU a examiné, lundi, la situation sécuritaire en Somalie. Au cours de cette séance, le Représentant Permanent du Tchad auprès de l’ONU, Chérif Mahamat Zene s’est félicité des efforts fournis par l’armée somalienne et la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) pour remmener la sécurité et créer un environnement politique propice dans ce pays. Cependant, il a souligné que le groupe terroriste Al SHEBA constitue toujours une sérieuse menace à la paix. Pour combattre ce mal, a dit l’Ambassadeur Chérif, il faut une mobilisation générale.
Lire déclaration :
Merci M. le Président,
Je tiens tout d’abord à remercier la présidence britannique pour l’organisation de cette séance d’information sur la situation en Somalie.Je remercie également SEM Abdi Rashid Ali Sharmarke, Premier Ministre de la Somalie, Mme Susana Malcora, Chef de Cabinet du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Nick kay, Représentant Spécial du Secrétaire Général en Somalie et l’Ambassadeur. Tete Antonio, Représentant Observateur de l’Union Africaine auprès des Nations Unies, de leurs interventions.
M. le Président,
Ces dernières années, grâce aux sacrifices énormes et aux efforts persévérants consentis conjointement par l’AMISOM et les forces de défense et de sécurité somaliennes, les opérations militaires ont permis d’enregistrer des succès importants :
- Al SHEBAB a été fortement affaibli et chassé de ses bastions stratégiques ; - 80% du territoire somalien a été reconquis ; - la situation sécuritaire s’est améliorée et un environnement politique propice se développe lentement mais surement.
Nous rendons ici un vibrant hommage aux contingents de l’AMISOM et aux forces somaliennes pour leurs efforts inestimables et toutes leurs glorieuses réalisations, et saluons la mémoire de tous les soldats tombés pour la cause de la paix.
Nous notons également avec satisfaction que les efforts du Gouvernement Fédéral Somalien (GFS), ont permis de réaliser des progrès significatifs sur le plan politique, notamment dans la mise en œuvre de sa vision 2016, comme en témoignent, entre autres, la mise en place de trois administrations régionales intérimaires, de la Commission électorale nationale indépendante, ainsi que de la commission de la fédération et des frontières. A cela s’ajoute l’ouverture par le Président somalien, le 19 octobre dernier, des travaux du Forum Consultatif National (FCN), ayant réuni tous les acteurs majeurs pour parvenir à un consensus sur un processus électoral plus inclusif et transparent, devant tenir compte de la diversité du peuple somalien.
Nous exhortons la Communauté internationale dans son ensemble, à se mobiliser davantage pour accompagner les efforts en cours du gouvernement fédéral somalien visant à mettre en place la dernière administration régionale intérimaire d’ici à fin 2015, et à accélérer la révision de la Constitution Fédérale provisoire, ainsi qu’à développer un nouveau processus électoral pour 2016.
Monsieur le Président,
En dépit de toutes ces avancées indéniables, la situation sécuritaire demeure préoccupante à cause de la grave menace que représente le groupe terroriste El Shabaab qui, par des attaques meurtrières aveugles, continue de saper le processus de paix dans le seul but de rendre le pays ingouvernable.
C’est pourquoi, les offensives militaires conjointes de l’AMISOM et des forces de sécurité somaliennes doivent se poursuivre tout en laissant la porte ouverte à ceux qui optent pour une solution négociée.
Dans cette perspective, il est urgent de mobiliser un soutien accru à l’AMISOM et aux Forces de défense et de sécurités somaliennes pour réduire à néant l’emprise territoriale de Shebaabs, en fournissant en particulier à l’AMISOM les multiplicateurs de force, tant attendus depuis quelques années, en vue de leur permettre d’être plus efficaces et mieux adaptées à la mobilité des terroristes. Parallèlement, il est aussi crucial de renforcer les capacités des forces de sécurité somaliennes pour les préparer progressivement à prendre le relais de l’AMISOM dans la stabilisation des zones libérées.
Par ailleurs, il convient de noter que les efforts militaires à eux-seuls ne suffisent pas, et doivent être accompagnés par une ouverture politique et des efforts de développement socio-économique, ainsi que d’une amélioration de la situation humanitaire. A cet égard, il est particulièrement important que le soutien de la communauté internationale soit massif et multiforme, axé sur la reconstruction de la Somalie, en accordant la priorité au relèvement socio-économique, ainsi qu’à la promotion de l’éducation et de l’emploi des jeunes.
Dans le même élan, nous appelons la communauté internationale à intensifier son assistance humanitaire aux populations civiles nécessiteuses, surtout dans les zones sous influence des terroristes.
M. le Président,
Nous espérons que la résolution 2245 que nous venons d’adopter contribuera à renforcer significativement, à travers le Bureau d’appui des Nations Unies en Somalie, les efforts conjoints de l’AMISOM et des forces de sécurité somaliennes, et leur permettra de bénéficier désormais d’un appui logistique plus conséquent, plus flexible et en temps opportun. Dans la même optique, tout en saluant le futur déploiement du personnel militaire en Somalie, annoncé par le Gouvernement du Royaume Uni, nous espérons que ce déploiement apportera aux forces de l’Union Africaine un appui adapté aux besoins dans les domaines de la logistique, de l'ingénierie et de l'aide médicale.
Pour conclure, nous réitérons notre fierté et notre satisfaction de voir l’AMISOM et les forces somaliennes, appuyées par la communauté internationale, accomplir avec dignité et dévouement une mission aussi difficile pour aider le peuple somalien à se remettre d’une longue et désastreuse guerre. L’AMISOM prouve à suffisance que les Africains peuvent bien relever les défis sécuritaires auxquels l’Afrique fait face, pourvu que la communauté internationale accepte de leur apporter le soutien matériel, financier et logistique nécessaire. Les enseignements tirés de cette coopération exemplaire entre l’Union Africaine, les Nations Unies et l’Union Européenne, devraient inciter à développer ce modèle dans le cadre d’autres opérations.
Je vous remercie