03/08/2021
Maralfalfa, Gestion de la culture, désherbage et replantation.
L'agriculture est une science locale. Les pentes qui s'étendent sous la forêt humide de Colombie n'ont rien à voir avec les oasis sableuses limoneuses ou les rivières d'Afrique de l'Ouest.
La maralfalfa se prête à être cultivée sur de grandes surfaces dans des zones humides, avec un modèle low-cost. Même sans nivellement, et en utilisant des machines pour toutes les tâches, des productions remarquables peuvent être obtenues, selon diverses publications. Mais rien à voir avec les enormes retours que l'on peut obtenir aux portes du désert.
Notre environnement est très différent. Nous avons environ 3 000 heures d'ensoleillement par an, ce qui est plus du double de celui de la forêt tropicale américaine, des températures beaucoup plus plates et des apports de nutriments qui imprègnent littéralement l'air et se déposent en continu dans la culture. Il en va de même avec l'eau, riche en toutes sortes de nutriments. Et de problèmes.
L'irrigation, les engrais, la salinité, le PH, la densité du sol, la lutte antiparasitaire, dont nous discutons dans les sections suivantes, nécessitent une courbe d'apprentissage dont nous ne finirons jamais de sortir.
Ce n'est que lorsque le seul facteur limitant d'une culture est la température et les heures d'ensoleillement que l'on peut dire que l'on procède à la bonne gestion. Parce que tous les autres facteurs que nous pouvons mesurer et contrôler.
Mais ajuster les variables que nous contrôlons au climat est une chimère. En soi, même avec un climat rigoureusement stable, ce serait un problème considérablement compliqué.
Quand et combien arroser ? Cela dépend de la température, du vent, de l'humidité de l'atmosphère, du stade de croissance de la plante, si elle est nuageuse, de la durée de la journée. En pratique, on fait un trou de 20 cm dans le sol pour voir l'humidité et on regarde les feuilles pour des signes de roussissement.
Dans une serre, où l'on peut contrôler le climat, voire le CO2, on peut arriver à de bonnes approximations du maximum de la récolte. Mais au champ, une journée sèche, venteuse et ensoleillée change radicalement les exigences agronomiques de la culture, car nous devrons donner plus d'irrigations. Mais puisque nous fertilisons avec l'irrigation, nous devrons prendre des décisions concernant la cantité de angre et l'ajuster.
L'équilibre des nutriments en janvier, avec des journées courtes mais sèches et ensoleillées, na rien n´avoir avec la production du septembre, quand pendant des semaines les pluies dépassent les besoins de la culture. En septembre, en n'arrosant pas, on ne peut pas ajouter l'engrais avec l'eau et on l'étale dans la gamelle, alors j'ai peut-être agi avec un certain re**rd. Les besoins en azote seront également plus élevés, dont la perte dans l'atmosphère est proportionnelle à la température. Rien de tout cela n'est facile à mesurer.
L'intuition est le seul moyen dont nous disposons actuellement pour prendre des décisions. Oui, une intuition basée sur des données. Prenons un exemple. Dans la savane, il pleut peu par an, mais il est fréquent qu'il tombe 60 litres en une journée. Si nous avions payé la semaine précédente, une bonne partie de l'abonnement est perdue. Les plantes prennent rapidement une couleur verte plus claire. Dois-je payer à nouveau ? Bien sûr, mais il faut d'abord regarder le temps prévu pour la semaine prochaine. S'il va continuer à pleuvoir, nous ferions mieux d'attendre.
Contrairement à l'irrigation et aux nutriments, une fois la culture implantée, sa manipulation mécanique est relativement simple. Nous n'avons pas de problèmes d'oxygénation des racines, même si nous maintenons l'humidité du sol élevée car la maralfalfa améliore grandement les propriétés physiques du sol. Son système racinaire occupe tout le terrain jusqu'à 30 cm de profondeur. Lorsque les racines meurent ou sont mangées par des insectes, elles laissent des espaces occupés par l'air ou l'eau, réduisant la densité de la terre.
Après la coupe, un léger désherbage est toujours nécessaire, et surtout, combler les lacunes produites par les rongeurs. Si la coupe est faite avec la plante bien développée, c'est-à-dire après environ 70 jours, le sol sera bien recouvert des restes de feuilles sénescentes, et il est conseillé de ne pas y toucher. Si, par contre, le sol est découvert, c'est une bonne occasion d'engraisser. Après quoi la plante apprécie un bine.
Dans toutes les cultures, et la maralfalfa ne l'est pas moins, le maintien de l'uniformité dans toute la plantation est l'un des facteurs qui influence le plus le rendement. Avec le temps, certaines plantes meurent et des trous apparaissent dans la plantation qui sont visibles lors de la récolte. Le rempotage est facile, de préférence avec des semis qui poussent sur les bords des tables d'irrigation. Ce qui n'est pas toujours si facile, c'est de savoir pourquoi ils ont séché. La raison principale est généralement l'arrosage. Même si lors d'une seule irrigation l'eau n'atteint pas une zone de la table, certaines plantes peuvent mourir. Il peut être paradoxal qu'on dise que la maralfalfa résiste à la sécheresse, et qu'elle repousse après des mois sans arrosage. Ce qui se passe, c'est que les plantes adjacentes à la zone mal arrosée, qui poussent si vite, rivalisent pour la lumière et les nutriments et les tuent, tout comme le poussin faible ne prospère pas dans un nid plein de poussins vigoureux.
Une fois replanté, si nous vérifions que le problème était un mauvais nivellement, nous le corrigeons.
En plus des problèmes de nivellement, parfois des herbes et arbustes à effets allopathiques, très fréquents en savane, nous infectent, et il faut procéder à un désherbage plus poussé.