Maroc : détours dans la ville Rouge et la ville des alizés

Maroc : détours dans la ville Rouge et la ville des alizés Contact information, map and directions, contact form, opening hours, services, ratings, photos, videos and announcements from Maroc : détours dans la ville Rouge et la ville des alizés, Travel and transport, Marrakesh.

Jour 8 : le mercredi 3 novembre 2022Finalement, on a pu avoir le taxi à 90 dirhams pour l’aéroport (c’était les derniers...
03/11/2022

Jour 8 : le mercredi 3 novembre 2022

Finalement, on a pu avoir le taxi à 90 dirhams pour l’aéroport (c’était les derniers dans nos poches en pièces et en billets). Dans l’aéroport de Marrakech, voici quelques Behind « Thé » Scene… 🇲🇦

Jour 7 : le mercredi 2 novembre 2022Entre Essaouira et Marrakech Notre bus est à 11h pour Marrakech. Nous avons le temps...
03/11/2022

Jour 7 : le mercredi 2 novembre 2022
Entre Essaouira et Marrakech

Notre bus est à 11h pour Marrakech.
Nous avons le temps,
le temps de prendre le petit déjeuner sur les toits d’Essaouira avec une météo plus ensoleillée que la veille,
le temps de réveiller les commerçants qui s’affairent à peine à ouvrir leur shop avec nos valises à roulettes qui martèlent les pavés,
le temps de remonter sur les remparts et les voir différemment de la veille avec le soleil qui chauffe…
la ville des alizés porte bien son nom car dès que vous êtes sur les remparts ou en dehors, ça souffle continuellement…

Notre repas est à 20h à Marrakech.
Nous avons le temps,
le temps de montrer que nous ne sommes plus des touristes (80 dirhams la course de taxi à la descente du bus à la gare routière pour la médina, ca sera 40 car on l’a déjà faite avant ; il faut juste leur dire 40 c’est tout),
le temps de retrouver dans une ruelle une porte dérobée où se cache la douceur d’un autre riad,
le temps d’aller aux souks et vraiment de s’y perdre un peu car on se retrouvera vite et d’acheter encore des babouches dans le commerce qui nous avait été montré par notre guide Rachid à notre arrivée (babouches party en famille au retour),
le temps de reprendre un whisky berbère avec un des commerçants de la babouche,
le temps de renégocier encore les prix avec le commerçant ou le taxi,
le temps de se promener sur la place Jemaa-El-Fna et d’apprécier son folklore une dernière fois,
le temps de manger des escargots boullis et à la sauce piquante sur un stand place Jemaa-El-Fna,
le temps de se balader dans les jardins de la Koutoubia (mais ce n’est pas obligatoire de les faire car ce n’est pas sensationnel)

Finalement, on en avait du temps pour ce dernier jour de notre voyage au Maroc qui a été exceptionnel !

Demain, on quittera le riad à 9h30… ça sera la route pour l’aéroport, il nous reste 80 dirhams et rien d’autres pour négocier la course alors que les prix pratiqués sont de 100, à moins que je troque la gazelle pour aller jusqu’à l’avion ;)

Jour 6 : le mardi 1 novembre 2022Essaouira, la ville des alizés Essaouira, c’est le paradis des mouettes à l’extérieur d...
02/11/2022

Jour 6 : le mardi 1 novembre 2022
Essaouira, la ville des alizés

Essaouira, c’est le paradis des mouettes à l’extérieur des remparts et c’est le paradis des chats à l’intérieur de la ville (donc c’est un peu sale même si c’est paradoxalement mignon de voir un chat dans les sacs que les commerçants vendent ou entre deux plats à tagine)
Essaouira, c’est une longue plage de sable avec au bout de celle-ci des propositions de balades en dromadaires ou à cheval (donc c’est assez sale avec les déjections des dromadaires et des chevaux sur le sable même si c’est paradoxalement mignon de voir les dromadaires avec l’océan en arrière plan)
Essaouira, c’est toujours une longue plage avec ses parasols, sa vie touristique balnéaire et ses kitesurfeurs (donc c’est très sale avec les bouteilles en plastique ou les canettes qui sont jetées par les gens mais c’est paradoxalement mignon de voir les voiles des kitesurfeurs se gonfler au gré des alizés et décoller pour l’océan synonyme d’une glisse hors du temps)
Essaouira, c’est son port et ses échoppes à l’air libre (donc c’est un peu écœurant avec les mouches autour des poissons étalés et la chaîne du froid qui n’est pas respectée comme à l’européenne mais c’est paradoxalement mignon de s’y balader en s’imprégnant d’une vie portuaire locale)
Essaouira, c’est une balade dans son souk et ses commerces alimentaires (donc c’est assez écœurant d’y voir une pièce de bœuf qui pendouille depuis une journée, des moules sans coquilles dans des sacs plastiques qui transpirent prêtes à être vendues mais c’est paradoxalement mignon de s’y perdre en s’imprégnant d’une vie commerçante locale et des inscriptions vantant les mérites des épices « vi**ra turbo »).
Essaouira, c’est toujours une balade dans son souk avec une foule ne désemplissant pas sauf en soirée (donc c’est très écœurant de voir des gens jetés leurs détritus comme si rien n’était mais c’est paradoxalement mignon que de s’y promener le soir et découvrir un autre visage de la ville partiellement éclairée, et un peu nettoyée par les commerçants qui balaient devant leurs magasins).

Essaouira, c’est une balade le long de ses petits remparts (donc c’est assez court de s’y promener mais c’est paradoxalement mignon d’y déambuler en écoutant l’écume se fracasser contre les rochers vous donnant une impression que le temps s’arrête)
Essaouira, c’est une négociation avec les petits commerçants (donc c’est assez long de discuter mais c’est paradoxalement mignon de négocier et d’entendre « yallah, c’est bon pir le prix pir toi » signifiant « vite, dépêche toi » après 10mn à négocier). Pour rappel, ma compagne de voyage est une napolitaine dans la négoce.
Essaouira, c’est le darbaba, bar à tapas et à cocktails ultra branché (donc c’est assez paradoxal de découvrir un tel endroit recommandé par le propriétaire du riad à Marrakech, de prendre une bière à 17h après la découverte de la ville, d’y manger un burger et de commander un cocktail à la tequila vers 20h en entendant l’appel à la prière mais c’est tout aussi paradoxal que ne pas pouvoir y boire un thé à la menthe).

Essaouira, c’est tout ça à la fois , c’est un paradoxe à découvrir en une journée et une nuit, et ça vaut le coup !

Jour 5 : le lundi 31 octobre 2022Le nouveau Marrakech Ce matin, c’est dans le quartier Nouvelle Ville que nous irons. C’...
01/11/2022

Jour 5 : le lundi 31 octobre 2022
Le nouveau Marrakech

Ce matin, c’est dans le quartier Nouvelle Ville que nous irons. C’est le quartier là où les runners courent à 8h du matin, là où le mall est présent avec l’enseigne Carrefour, là où les artères routières sont des 3x3 voies, là où les constructions des immeubles sont modernes avec des climatiseurs accrochés en façade, là où les ronds points ont l’allure du rond point de l’Etoile de Paris avec un enchevêtrement chaotique de voitures, camions et scooters.

Pourquoi aller dans ce quartier moderne qui semble s’éloigner progressivement du cœur battant de Marrakech et de sa médina ? Parce qu’il y a une des plus grandes attractions touristiques ici : le jardin Majorelle. Comme son nom l’indique, il a été créé par le peintre français Jacques Majorelle dans les années 1920. Il comporte plus de 300 espèces de plantes venant des 5 continents. Il a failli disparaître à la mort du peintre. Laissé à l’abandon, Yves Saint Laurent et son compagnon Pierre Bergé l’ont racheté dans les années 1950 alors que même un projet d’hôtel allait le remplacer. Ils l’ont restauré redonnant à son jardin et sa maison une splendeur artistique inégalable.
Ce lieu est si mythique que vous ferez 1h de queue pour acheter des tickets d’entrée sauf si vous les réserver sur internet avant, auquel cas vous passerez devant les groupes de Tamalous et les personnes faisant la queue pour acheter les billets. C’est ça, on est passé devant tout le monde comme pour le musée Yves Saint Laurent à 500m. On avait pris un billet combiné pour le jardin Majorelle, le musée berbère dans ce jardin (qui est rapide à faire mais sympa), et le musée Yves Saint Laurent qui n’est pas nécessaire de faire car le film du même nom retrace bien son œuvre et que ça durera que 10 minutes.

On prendra un taxi pour aller à la gare routière SupraTour dans le quartier Gueliz où nous achèterons nos billets pour Essaouira qui sera notre destination de demain. Comptez 3h de bus dans un bus de qualité pour 11 euros l’aller.

Bien loin du charme de la médina, nous découvrons une modernité où le minaret côtoie les boutiques européennes. J’avais déjà vécu ce contraste aux Emirats il y a 12 ans déjà, cette modernité dans un territoire désertique aménagé à l’occidentale. Les marques se succèdent dans les rues (d’ailleurs, dans Macdo, je retrouverai ma paille en plastique des années 2000, d’ailleurs dans Etam, c’est plus cher qu’en France pour les mêmes produits). Un marché présente le savoir-faire régional avec des vêtements « handcraft », des bijoux, des luminaires et les vendeurs vous laissent flâner plutôt que de vous interpeller. C’est vaste, propre et seul le bruit incessant des voitures sur les boulevards est gênant. Ma chérie hèle un taxi pour retourner au riad pour une séance de hammam et de massage. Mettez les pieds dans ces quartiers de Marrakech par curiosité après avoir vu le jardin Majorelle et la maison bleue mais ne vous y att**dez pas trop !

La fin de la journée est consacrée à du hammam traditionnel d’une heure (savon noir, argile « bon pour la peau »…) et à un massage à l’huile d’argan pendant une heure aussi, à un couscous sur un divan, et à une discussion riche en émotions avec le prioritaire de ces lieux (ancien directeur Fram - périmètre Maroc) qui ont vu le jour il y a 14 ans… il nous raconte son histoire, ses péripéties, l’histoire de son personnel dont la maîtresse de maison Hanan a été formée par sa défunte épouse au début de l’affaire. C’est d’ailleurs son épouse qui a tout géré en rachetant à une riche doyenne de la Kasbah cet endroit qui était simplement un jardin et une déchetterie (là où est la piscine actuellement). Il nous raconte les immigrés Marocains de France qui viennent ici « immigrés »justement le temps des vacances : ils ne sont pas forcément aimés ici voire ils ne sont plus supportés du tout. Des étrangers parmi les étrangers… sans identité !

Nous terminerons notre repas par l’habituel thé à la menthe en nous disant que ça sera le dernier dans ce riad… C’est étrange cette sensation car je n’ai jamais autant consommé de thé à la menthe trop sucré qu’en nul autre lieu. Je le prends comme « le traditionnel café sans sucre » du matin, du midi, de l’après-midi du bureau ou du week-end, comme le fameux « café-clope » du français qui ne peut pas s’en passer… et je sais que je le trouverai écœurant ce thé trop sucré en France, c’est peut être ça la magie du Maroc…

Demain, nous prendrons le bus pour Essaouira, la Ville des Alizées.

Jour 4 : le dimanche 30 octobre 2022La vallée de l’OurikaMustafa a tout prévu. Notre chauffeur est pile à l’heure : 9h30...
31/10/2022

Jour 4 : le dimanche 30 octobre 2022
La vallée de l’Ourika

Mustafa a tout prévu. Notre chauffeur est pile à l’heure : 9h30, nous décollons du riad pour la vallée de l’Ourika située à une quarantaine de kilomètres de Marrakech. Cette vallée se situe dans les contre-forts du Haut Atlas.

Mais avant de se balader, nous nous arrêterons dans une boutique d’une coopérative berbère, productrice d’huile d’argan. On traverse le village alors pourquoi pas ? Nous avons eu déjà le discours de l’herboriste à Marrakech mais nous n’avons pas eu la démonstration de la production : dépulpage, concassage, torréfaction, extraction… Notre passage est fugace mais nous avons été attentifs au discours de notre hôte sur l’huile d’argan. Bien que presque pas naïf, je lui demande comment sont produits toutes les quantités de comestibles et cosmétiques. Elle me répond que beaucoup de femmes berbères suit ce processus chez elles et ramène le liquide ici. Finalement, ce qu’il faut retenir de l’huile d’argon c’est l’arbre à chèvres, l’arganier ! Le dépulpage peut se faire de trois façons 1) la méthode manuelle : les femmes enlèvent la pulpe à l’aide d’un galet (ce qu’on a vu) 2) la méthode mécanique : il existe des machines pour enlever la pulpe souvent dans les coopératives et 3) la méthode par voie « animale » : les chèvres sont très friandes de fruits d’arganier. Elles mangent en mode pâturage aérien les fruits dont la pulpe est alors absorbée pendant le transit intestinal. Les chèvres délivrent le noyau débarrassé de la pulpe avec leurs déjections… choisissez celle qui vous convient et imaginez le gel do**he que vous mettez sur votre corps (Yves Rocher ajoute des adjuvants bien sûr, ici c’est 100% local…). Piège à femme, ma chérie ressortira avec un gel do**he à l’huile d’argon « 100% biiio »… On fera une halte aussi dans une maison traditionnelle berbère où on nous présentera les différentes pièces dont un hamam en torchis…

Sinueuse, la route continue de grimper dans l’Atlas sur près de 10 km. On est encerclé d’une terre rouge vif, l’air s’y fait plus frais au fur et à mesure que l’on gagne en altitude à travers une succession de points de vue panoramiques que Zacharia, notre chauffeur, nous indique. En contrebas, si l’oued (la rivière) Ourika se frayait un chemin au milieu des vergers et des champs, désormais c’est entre les parois rocheuses des montagnes qu’elle se faufile. La route arrive enfin à Setti Fatma, dernier douar (village) accessible par la route goudronnée à 1500 m d’altitude. Ce petit village est le point de départ pour de nombreuses promenades dans la vallée. Il est prisé par les Marocains le dimanche (notamment les Marrakchis qui viennent trouver de la fraîcheur) et les touristes. Nourdine sera notre guide berbère pour découvrir les quelques sentiers de ce versant de montagne. Nous irons jusqu’aux cascades (là où tout le monde va) après un bon quarante minutes d’ascension sur des rochers par moment glissants. Nous traverserons bien sûr les échoppes des différents commerçants sur l’unique sentier qui vous mène plus haut. Le tourisme est bien rodé ici et les Berbères ont bien su s’adapter. Le matin, ils sont guides, le midi serveurs… l’hiver quand la neige est là ils préparent toute la nourriture pour les Marocains friqués qui vont aux sports d’hiver à Oukaimeden (station de ski la plus haute d’Afrique à 2650m et la plus grande avec vingt pistes de doki). Nous continuerons plus haut là où moins de personnes va, là où la montagne est nue et âpre. Nous avons un beau panorama de cette vallée avant de redescendre vers le village berbère où tout est pensé pour le tourisme avec des poufs, tapis, des chaises pour manger le long de la rivière de l’Ourika. C’est d’ailleurs ici dans ce lieu haut en couleur que nous déjeunerons… frites et brochettes de viande avec le fameux thé à la menthe pour digérer. Nous repartons pour notre riad où ma partenaire de voyage s’effondrera dans une sieste à toute épreuve même à celle de la route défoncée pendant que j’admirerai le paysage : du rouge ocre aux plaines verdoyantes de la vallée de l’Ourika, des villages isolés à la ville principale de Marrakech plus agitée… il est 16h30 quand nous arriverons au riad.

Et il sera 17h quand nous repartirons vers la place Jemaa-El-Fna pour se balader, retirer de l’argent (bon, Valérie aura oublié sa carte, on verra demain donc) mais aussi faire les magasins attrapes-touristes aux abords pour avoir des cartes postales. En l’espace de 30mn, la place semble se rétrécir, marquée par une foule de plus en plus dense. Quelques mobylettes et autres tuktuk se fraient un chemin à coup de klaxons. La tension monte, la vie s’accélère. Cela peut donner le tournis. Il est loin le calme de notre riad, il est loin la fameuse ode aux mille senteurs, il est loin l’éloge de la lenteur du monde marocain : c’est la sueur qui vous perle dessus à cause de cette chaleur que vous ressentez, c’est les odeurs de pisse, de graille, d’échappement qui se mélangent à celles des égouts qui vous montent au nez, c’est le bruit incessant de la foule qui vous bouscule que vous entendez…

Mais…
Dès qu’on ouvre cette porte, c’est le retour à la saveur des odeurs qui vous ouvre l’appétit même de ceux qui viennent de manger. Dès qu’on ouvre cette porte cachée dans une impasse, c’est le retour à l’ambiance suffisamment chaude pour se prélasser dans le divan au milieu de la cour et suffisamment fraîche pour récupérer d’une journée sous le soleil. Dès qu’on ouvre cette porte cachée dans une impasse à deux minutes de la rue commerçante bruyante, c’est le retour au calme et à la volupté. Dès qu’on ouvre cette porte cachée dans une impasse à deux minutes de la rue commerçante bruyante du quartier Kasbah très animé à 15mn de la place Jemaa-El-Fna, c’est le retour au propre : vous êtes loin de la poussière, des autochtones qui crachent parterre… vous êtes dans un riad traditionnel marocain !

Jour 3 : samedi 29 octobre 2022Marrakech, entre la ville et le désert Ce matin, nous avons plus de temps et nous avons d...
30/10/2022

Jour 3 : samedi 29 octobre 2022
Marrakech, entre la ville et le désert

Ce matin, nous avons plus de temps et nous avons décidé de le consacrer à deux visites culturelles : les tombeaux saadiens et le palais Bahia. Nous avons tellement le temps que nous partirons vers 10h du riad après un copieux petit-déjeuner. Le ciel est voilé aujourd’hui mais il fait toujours très chaud à Marrakech (32 degrés).

Quelle erreur ! Partir t**d signifie tomber nez à nez avec les tamalous… l’entrée des tombeaux saadiens est surchargée de touristes notamment espagnols. A côté de chez nous (5mn à pied), ce tombeau est celui du sultan Ahmed el-Mansour el-Dahbi (pour la faire simple, la dynastie des Saadiens au XVIeme siècle correspond à une période prospère pour Marrakech en devenant une ville de commerce forte du Maroc ; suite à l’effondrement de cette dynastie un siècle plus t**d, évidemment, ça remue à Marrakech entre les riches riches qui construisent des demeures les plus extravagantes possibles et les pauvres qui s’entassent dans les fondouks - caravanserails ; c’était les caravanes de dromadaires chargés de marchandises venant du désert ; une sorte de lieu remplis d’hôtels, de hangars pour les commerçants itinérants… si j’ai bien compris ce que le guide nous a dit). Donc nous sommes en train de découvrir la tombe d’un des grands dirigeants passés de Marrakech (mais aussi de sa mère et de ses épouses). La période à Marrakech était tellement perturbée que le sultan suivant de la dynastie alaouite Moulay Ismaïl voulu les faire disparaître de la mémoire collective en murant les tombeaux… ce n’est qu’en 1917 grâce à une photo aérienne qu’on les retrouva.

Ensuite, nous poursuivons notre découverte de la ville au palais de la Bahia qui a l’identique des tombeaux saadiens est surchargé de monde ne permettant pas en photo de rendre compte de la splendeur des lieux. Je n’ai pas compris tout à l’historique mais si j’ai bien compris il a fallu une vingtaine d’années pour le restaurer. La petite anecdote historique à retenir c’est que le seigneur de guerre qui dirigeait Marrakech en 1908 (le pacha el-Glaoui) recevait les invités français en ces lieux et en 1911, ces mêmes français l’ont dégagé de cette résidence pour y installer le résident général du protectorat.

Enfin, nous errons dans le quartier Mellah qui est juif ! Nous nous ferons accompagné par un adolescent qui rentrait chez lui mais rapidement il nous présenta les épices et on nous invita à rentrer « pour le plisir des yeux ». Dès qu’elle a entendu « le plaisir des yeux », ma gazelle aguerrie a répondu « non, on a déjà fait » coupant court à la discussion. Comme elle le dit « s’ils disent plaisir des yeux, comprends raboule le fric ». Ce souk sent meilleur que d’autres et ici il y a moins de touristes.Pourtant il est à côté du palais qui l’est extrêmement. Le souk juif a un côté moins bouillonnant, moins oppressant qui plaira à certains mais pas à d’autres recherchant le folklore local.

Nous avons tenté de retrouver le shop des babouches pour d’autres achats mais au bout de 10mn, nous ne le sentions pas. Il est très difficile de se repérer dans ces souks sans guide surtout que tu as beau avoir la carte de leur magasin, personne ne te donne la même direction. Sur le retour étouffant et fait de zigzags pour esquiver la foule, nous achetâmes des chips. Dans le voyage, manger est une option certes mais nous n’avions pas faim car le petit déjeuner faisait encore effet. Il est presque 14h45 quand nous arrivons à notre riad et nous sommes attendus à 16h30 pour une initiation dromadaire dans le désert d’Agafay à 20km de Marrakech. Nous lézarderons dans la chambre et prendrons le thé sur les banquettes vous invitant à vous affaler.

Une petite do**he s’impose avant de grimper sur notre dromadaire. Mustafa nous a organisé cette petite initiation en dehors de Marrakech pour ne pas faire justement comme les autres à la Palmeraie. Nous sommes à l’heure mais ce n’est pas la cas de la maman qui loge au riad qui devait accompagner sa fille à cette sortie. Mustafa gère au maximum comme il peut : il est à la fois avec la maman que sa fille a au téléphone, le chauffeur du touktouk qu’a pris la maman qui ne sait pas où se trouve le riad et les trois italiennes passablement impatientes voire condescendantes avec nous dans le van à cause de ce ret**d. Le chauffeur, qui ressemble à Amine, un ami de Rouen (si si je vous jure, il aura même un pourboire supplémentaire par ma chérie à la fin juste parce qu’il ressemble à Amine - bah voyons !) doit respecter sa course pour ne pas être en ret**d aux dromadaires. Les 3 italiennes ont compris par la suite que nous n’étions pas la cause du ret**d car la fille se fera déposer à l’entrée du quartier. Malheureusement pour elle, le touktouk et notre chauffeur n’ont pas eu le temps de se croiser… les italiennes avaient ce regard accusateur de « tu nous gâches notre voyage ». Le ciel est voilé voire grisâtre et cette couleur contraste avec la terre rouge aride des alentours. Direction le désert d’Agafay pour une session dromadaire touristique ! 30mn de route pour y aller, 30mn de marche à dos de dromadaire, 1h pour rentrer à Marrakech car c’était les bouchons du samedi soir (mais aussi parce qu’on a ramené un autre groupe avec un bébé et qu’ils ont oublié leur poussette dans l’autre van transporteur…). Ce sont les aléas des voyages, notre chauffeur « presque Amine » aura du traverser une 3x3 voies pour récupérer la poussette apportée par un autre véhicule et revenir sans se faire percuter.

Le garrot d’un dromadaire est environ de 2m20, ça fait haut ! Nous sommes une dizaine sur cette petite balade reliés les uns au autres. Je fermerai la file indienne avec mon dromadaire qui passera son temps à coller ma compagne de voyage… malgré une route à 200m en contre bas, l’endroit est désert et vous avez l’impression d’être seul au monde avec votre dromadaire et le groupe. On est stable dessus sauf quand le dromadaire change de dénivelé. Vous tanguez un peu. Quelques photos souvenirs et c’est déjà fini ! Au loin le soleil se couche. Le voile gris s’était progressivement levé. Ce qui est impressionnant, ce n’est pas tant la hauteur lors du redressement du dromadaire ou de la balade mais plus la descente car il bascule d’abord en avant pour ensuite plier ses pattes arrières. Parfois le dromadaire est une tête de mule et ne veut pas resdescendre laissant la personne perchée sur son dos. C’était super chouette et j’ai trouvé plus chinois que moi avec notre guide chamelier Abdu qui a pris en l’espace de 3mn pas loin de 60 photos de Valérie et moi sur nos montures, et une vidéo d’1mn12. On fera nos selfies dromadaires tant convoités depuis 2 ans (à la base, on devait partir en avril 2020 mais le Covid est passé par là avant).

Il fait déjà nuit quand nous partons du camp berbère. Certains clients restent pour profiter du folklore berbère avec un repas, de la musique traditionnelle accompagnée de sa danse… l’activité quad était aussi proposée mais nous c’était seulement le dromadaire qui nous intéressait !

Juste pour information, quand on vous prépare un tagine sardine, ne demandez pas de semoule car les boulettes de sardine sont pétries avec du riz… donc c’est consistant quand même ! J’ai fini la semoule mais pas les boulettes de sardine, il en restait 4 dans le plat… nous prendrons un thé à la menthe pour digérer et profiter de la banquette où nous sommes attablés avant de regagner notre chambre, content de notre journée « dromasdairesque » mais pas que…

Jour 2 : vendredi 28 octobre 2022Marrakech, quel souk !Il est 6h du matin, l’appel à la prière chanté par l’imam me sort...
29/10/2022

Jour 2 : vendredi 28 octobre 2022
Marrakech, quel souk !

Il est 6h du matin, l’appel à la prière chanté par l’imam me sort de mon sommeil. Je me sens vraiment dépaysé. L’envie de partir dans la médina, dans les souks, dans l’entre-les-murs de cette ville se fait de plus en plus forte car hier nous n’avions qu’effleuré le cœur vivant de Marrakech.

Il est 9h. Rachid, notre guide pour la matinée, est déjà prêt. Il va nous faire découvrir la médina labyrinthique de Marrakech. Rachid nous demanda si on avait déjà vu la place Jemaa-El-Fna pour modifier son itinéraire si on l’avait déjà fait. Il poursuivit ses questions pour savoir si on avait été embêtés par les autochtones hier en nous baladant. On lui répondit que non : c’est ainsi qu’il commenta que je ressemblais un peu à un Marocain, ce qui confirmait mon côté talisman pour ma partenaire de voyage et le peu de « oh la gazelle ou le viens dans mon restaurant ».

Rachid hèle un taxi prêt de la porte qui marque l’entrée/la sortie du quartier Kasbah (porte datant du 12ème siècle). Le conducteur nous amène à un point que je ne pourrais pas reconnaître. Ne cherchez pas à savoir où vous êtes car vous êtes déjà perdus ! Ne cherchez pas à revenir en arrière car c’est trop t**d ! Vous êtes désorientés au bout de 5 minutes dans les dédales de la médina. Rachid nous raconte que celle-ci se modernise depuis 7 ans avec notamment un ajout des toits en bois unissant les deux murs des habitations se faisant face plutôt que de la tôle ondulante ou des bâches d’une autre époque. Le travail semble titanesque ! Il nous parle aussi des modes de vie de certains artisans : les plombiers, les maçons, les électriciens attendent à un endroit et espèrent que des gens viennent les voir pour leur offrir du travail. Autrement dit, ils ne savent pas ce qu’ils vont faire de leur journée. Comme il se plaît à dire avec un air taquin mais étonnement réel, « chez vous, vous avez les agences sans intérims, ici il y a les intérims sans agences ». Rachid nous parle aussi facilement de la religion, des 5 piliers de l’Islam, des significations de doigts de la main de Fatma, des temps de prière, des ablutions avant la prière. Il nous fait serpenter dans la médina à travers les nombreux souks des plus pauvres au plus européanisés, des plus exigus au plus aérés, du vrai souk au faux souk (pour nous les européens).

Ces aléas d’errance que seul Rachid connaît vraiment nous fait rencontrer sur notre parcours une herboriste dans un premier temps : elle connaît bien son discours comme le présentateur du télé achat pour appâter le client. D’une seule respiration, elle nous présente le best-seller, son mode d’emploi et ses vertus : le savon noir pour le gommage à l’orientale… S’ensuit une farandole de produits à base de plantes plus magnifiques les unes que les autres (vi**ra naturel, contre la toux, les maux de gorges, contre les douleurs musculaires etc.) et aussi pour la cuisine (curry marocain, épices pour le couscous ou comme elle dit « pour ceux/celles qui ne sivent pas cuisiner lé bon couscous »)… les senteurs enivrantes nous saisissent à chaque changement d’ingrédients. Nous avons pris notre temps pour choisir nos achats (sans trop dépenser mais quand même un peu). Notre balade se poursuit à la rencontre des vrais fabricants de babouches cousues main et pas celles que vous avez dans le premier périmètre des commerçants près de la place Jemaa-El-Fna. Le fil qui permet de serrer la semelle au cuir de la babouche est en réalité un fil de ceinture de sécurité de voiture qu’ils effilochent. Après un essayage, c’est notre guide Rachid qui négociera le prix pour nous en descendant de l’équivalent de 20 euros nos 4 paires prises (une chacun et deux cadeaux) et en topant deux portes clés en babouche. Tout est fait pour que vous achetiez la paire de babouches qui vous va bien. Les vendeurs te montrent celles qui sont vendues aux abords de la place et les comparent à leur travail d’artisan. La pièce de cuir est découpée devant toi aussi ! Si à l’atelier, ils sont deux (un qui coud à la main et un autre qui découpe le cuir, ils ne te disent pas comment ils peuvent en produire autant sachant qu’ils sont capable d’en sortir deux paires par jour ; d’ailleurs, autre fait anecdotique, le vendeur nous montre que même dans son propre magasin ils font du cousu machine et la différence est assez criante avec le cousu main). C’est ici que les vendeurs voulaient garder ma gazelle dis donc mais je les ai bien avertis qu’elle était chiante ! On repartira dans les ruelles des souks sans jamais les reconnaître, on y apercevra un tailleur de bois, un boucher avec sa viande pendante au crochet à l’air libre (qui doit quand même être certifiée halal ; des paradoxes de mon point de vue de petit français car l’hygiène est presque désastreuse, je ne vous raconte pas les guêpes dans les pâtisseries à longueur de journée), et d’autres commerces en tout genre. Notre troisième rencontre se fera au souk des teinturiers où les artisans essayeront de nous vendre leurs étoles, leurs foulards mais j’en ai déjà du Vietnam. Leurs discours restent cependant rodés vous montrant les vertus de leurs fixateurs de couleur et valorisant leur travail. Cet artisanat perd progressivement du terrain comme nous l’explique Rachid (le Covid n’y ayant pas aidé). Ce souk est vraiment typique et un incontournable haut en couleurs. Nous continuons nos rencontres chez un artison de ferronnerie où j’achèterai un photophore travaillée pour y mettre une bougie. Nous avons vu des pièces qui ont nécessité 5 mois de travail vraiment abouties. Cette famille d’artisans est la 3ème génération. Une fois encore, le discours est rodé : ils ont un modèle du souk (d’ailleurs acheté en masse par « maison du monde ») et ils nous montrent la différence de rigidité du métal qui n’est pas de la même qualité mais aussi les gravures qui ne sont pas aussi finement travaillées. Au final, tout est rodé avec le guide officiel qui a son propre réseau certes mais c’est un réseau plus authentique que d’autres qui montrent le souk des tapis… Ça permet aussi une immersion dans cette médina qui clairement seul vous fera perdre le nord avec ses souks et ruelles labyrinthiques.

Normalement, la visite de l’école coranique - la medersa de Ali Ben Youssef - se fait en dehors de la découverte des souks mais Rachid avait envie de nous faire voir et nous expliquer. Bijou architectural datant du 14eme siècle et modernisé au 16eme siècle, cette école est richement décorée de zelliges éclatants et de stucks raffinés. C’est le seul bâtiment (anciennement religieux) accessible aux non musulmans. Le fonctionnement de cette école ressemble à celui d’un monastère : une partie avec des chambres austères où se logeaient les théologiens en devenir (132 logements pour 900 étudiants) et une partie avec chambres plus grandes pour leurs professeurs. Les étudiants brillants étaient à l’étage, les moins bons au rez-de-chaussée. La vue sur la cour intérieure est splendide avec son bassin rectangulaire au milieu et ses zelligues arborant le style hispano-mauresque. C’est une visite incontournable à faire avec un guide farceur qui plus est : perdu dans les couloirs à cause de mes photos incessantes captant le moindre angle ou voulant la photo parfaite (qui est en réalité celle où je n’aurais pas de téléphone sous la main), je cherchai le guide et la gazelle mais ils étaient planqués dans une chambre pour me faire peur… Nous terminerons notre périple de la médina par la place Jemaa-El-Fna que Rachid n’apprécie pas plus que ça mais comme c’est pour le folklore, allons-y ! Il y a les charmeurs de serpents qui font du pipot (paradoxalement le cobra tourne le dos à la flûte…), il y a les berbères, les porteurs d’eau… le concept est simple : tu paies un billet et tu fais toutes les photos que tu veux. Au moins les règles sont connues !

Il est presque 13h30 quand Rachid nous quitte. Ça a été super de le croiser sur notre passage dans la ville Rouge. J’ai encore plein d’éléments de connaissance à écrire comme celle des trois sphères au dessus des minarets symbolisant l’élévation de l’esprit (la terre, le ciel et l’au-delà) ou encore les noms des rois (le roi actuel porte le prénom du grand père avec un numéro supplémentaire) ou encore l’architecture de la ville (les habitations reculées au calme des souks, les murs épais, la couleur rouge…) mais il est temps de faire la sieste et de déambuler de nouveau près de la place Jemaa-El-Fna pour prendre de la hauteur avec un thé à la menthe… le début de soirée s’annonce et nous rentrons au riad pour profiter de sa sérénité et de son couscous. Le vendredi est le jour du couscous chez les Marocains… nous ne faillirons pas à cette tradition !

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