13/01/2017
Arret du réseau K-Lyann à partir du 4 février 2017
M. Le Maire,
Quand j’essaye de déchiffrer votre courrier que j’ai reçu en date du 9 janvier 2017, je comprends que vous avez pris la décision de résilier le contrat de la délégation de service public (DSP) concernant l’exploitation de votre réseau de transport urbain (RTU) au samedi 4 février 2017.
Si ma compréhension est erronée, merci de me le faire savoir, autrement, j’en prends acte.
M. le Maire, depuis votre arrivée en 2014, vous ne cessez de blâmer votre RTU, au prétexte de plusieurs arguments.
En effet, vous n’avez cessé de dire que la Ville n’a pas d’argent, que le réseau est surdimensionné, que les autobus sont trop grands et qu’ils tournent à vide, que le coût de cette DSP est insupportable pour votre Ville, que les habitants de Kourou ne peuvent pas supporter une telle charge, que ce réseau creuse le déficit et les finances de votre Ville… engendrant de fait, des dommages collatéraux notamment la hausse des impôts locaux.
Vous avez fait voté par votre conseil municipal l’arrêt de cette DSP suite aux préconisations de la Cour Régionale des Comptes (CRC) en octobre 2015, sans pour autant y mettre en terme dans la foulée.
Ensuite, à plusieurs reprises, vous avez fait part de votre volonté ferme de dénoncer ce contrat.
Et enfin, vous avez dit être favorable à un réseau dans la Ville de Kourou, mais pas dans le cadre de cette DSP. Et qu’après le réseau K-Lyann, il y aura un service de transport mieux dimensionné à la configuration de votre territoire et des moyens de la ville.
Vous avez annoncé que votre réseau pourra être repris par la CCDS, car la ville de Kourou n’a pas les moyens financiers d’assurer ce service public en l’état (vous aviez même déjà l’aval des élus des communes d’Iracoubo, Saint-Élie et Kourou).
Durant tout ce temps, et à qui voulait l’entendre, vous n’avez cessé de dire que vous travaillez pour la jeunesse Kouroucienne, que vous êtes fier que ce réseau soit géré par un Guyanais, rappelant même qu’en tant que Conseil Général vous vous êtes toujours battu pour que le transport se développe à Kourou…
Vous avez aussi sans cesse répété qu’en cas de rupture du contrat que vous ne laisserez pas les salariés (ces mères et ces pères de famille) sur le carreau et que la Ville de Kourou les reprendra, car vous avez un cœur. Pour souvent conclure que vous n'avez rien contre moi.
Vous vous étiez aussi engagé à régler les factures impayées inhérentes à cette DSP, excepté celle de la navette citoyenne que vous avez toujours contestée.
Vous aviez également reconnu que votre Ville a une dette envers ma société et que si elle ne respectait pas ses engagements, c’est que tout simplement, elle n’en a pas les moyens…
En juin 2016, vous m’avez fait croire que vous vouliez engager des négociations en vue de la fin de cette DSP, car la Ville de Kourou ne peut pas supporter plus longtemps le coût de ce transport urbain. J’ai répondu favorablement à votre demande, et une énième fois, vous n’avez pas tenu vos engagements et les négociations n’ont jamais pu commencer.
À maintes reprises, vous avez mis ma société en danger. En effet, plusieurs fois j’ai frôlé la liquidation judiciaire.
En 2014, 2015 et 2016, vous n’avez cessé de pointer du doigt votre RTU. Par vos annonces délétères, vous avez effrayé mes fournisseurs, fait peur à mes prestataires et à mes partenaires bancaires qui jusqu’alors m’avaient toujours fait confiance… Vous avez terni l’image de ma société.
En septembre 2016, après une nouvelle humiliation, mensonge et intimidation de la ville de Kourou et pour tenter de mettre un terme à toutes vos manœuvres, à cette situation honteuse et infernale, j’ai intenté une action en justice pour demander la rupture de cette DSP aux torts exclusifs de la ville.
En novembre 2016, à votre tour, vous intentiez une action en justice pour demander la nullité de cette DSP.
Pour finalement en janvier 2017, alors que la justice n’a tranché sur aucune de ces requêtes respectives, vous venez dans un courrier résilier cette DSP pour faute du délégataire … j’en prends acte.
2014… 2015… 2016… 2017 : les années passent, les difficultés s’accentuent. Ma société peine à survivre. J’ai dû annoncer à mes salariés que les salaires du mois de janvier 2017 ne seront pas payés (encore une fois) faute de paiement de la Ville de Kourou, mais magret tout, j’ai toujours gardé l’espoir qu’un paiement intervienne.
Dans votre courrier vous m’annoncez que vous ne réaliserez plus aucun paiement sous prétexte que je n’aurais jamais, et ce depuis le début pas remis de comptabilité claire et que vous avez toujours payé vos dettes sous la pression des blocages de la ville par mes salariés…
Autant de faits prouvant vos actes malveillants, pour rendre les conditions d’exploitation de ce réseau extrêmement complexe et chaotique, tant sur le plan social humain, financier, administratif et psychologique.
Autant d’actes d’intimidation pour discréditer ma société et moi-même, démontrant votre mauvaise foi indigeste et manifeste.
Face à vos pratiques, toujours plus nuisibles les unes que les autres, je vous informe que je conteste les motifs de résiliation que vous évoquez et entends faire valoir mes droits dans cette affaire.
M. Le Maire merci de bien vouloir me faire savoir si vous reprendrez les salariés de ma société affectés à l’exploitation de votre RTU au lendemain du samedi 4 février 2017 ?
Dans l’attente de votre retour, je vous en souhaite une bonne réception.
Kévin MADELEINE
Le gérant de la sarl 3g2m
Exploitant du RTU K-Lyann