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Un film sorti l'été dernier, de manière assez confidentielle, et premier long métrage d'un réalisateur considéré de 6e g...
28/02/2026

Un film sorti l'été dernier, de manière assez confidentielle, et premier long métrage d'un réalisateur considéré de 6e génération.
Avec un ton rarement vu dans le cinéma chinois.

C'est elliptique, avec un art consommé pour dérouler une tranche de vie d'une quarantenaire en plein bouleversement existentiel. Entre sa fille ado, un mari dont elle est en cours de séparation, des parents avec lesquels elle est forcé de reprendre lien, rien n'est simple.
Un cinéma du silence, qui force le spectateur à tisser la trame jalonnée par des séquences courtes, comme extraites d'une narration plus linéaire. On est à mille lieux du cinéma qui tire le fil de bout en bout, craignant de laisser le flou sur l'interprétation jusqu'à doubler l'explication de l'image par le dialogue.

Clairement pas le meilleur film venu de Chine ces derniers mois, mais une œuvre qui ouvre peut-être une fenêtre sociale critique à l'instar de Black dog qui l'a précédé.

20/02/2024 - BERLINALE 2024 : Le film de Qiu Yang est une étude de personnage cryptique qui ouvre la porte à autant d'interprétations qu'il y a de spectateurs, mais l'excellente facture captera l'attention de tous

Le village de l'Allemand.Boualem Sansal. Encore une première avec ce titre qui a déjà 8 ans. Boualem Sansal ne faisait p...
25/02/2026

Le village de l'Allemand.
Boualem Sansal.

Encore une première avec ce titre qui a déjà 8 ans. Boualem Sansal ne faisait pas partie de mes lectures. Chose faite à présent, malgré ma méfiance à céder à la "mode" qu'a réveillé sa libération récente pour finalement m'apercevoir que ses écrits ne sont pas à la hauteur de la vie médiatique de l'auteur.

Crainte vite étouffée.
On pourra reprocher la légèreté du parallèle entre n**isme et islamisme qui sous-tend le propos et l'histoire de ces deux frères, algériens mais de père allemand, découvrant leur passé familial.
Mais la narration est envoûtante, solide, le style maîtrisé.

Le constat de la montée de l'islamisme dans certaines banlieues me semble juste, et c'est d'ailleurs l'histoire du plus jeune frère que je regrette n'avoir pas été plus détaillée.

Mais plus que la comparaison des deux systèmes, le livre veut surtout soulever la question de la responsabilité des enfants pour les actes de leurs parents et aïeux. Et habilement, aucune réponse n'est donnée. Toutes les clés sont là au fil des pages, libre à chacun de tirer sa propre conclusion. Car il n'y a pas de réponse facile, contrairement à ce qu'on peut croire. L'exonération qui paraît évidente ne pourrait être qu'un leurre facile à saisir pour alléger un fardezu qu'on se refuse. Attention, on parle ici d'un saut d'une génération, sinon le raisonnement devient caduque de facto.

Une découverte qui en appelle d'autres, en espérant que l'auteur ne tourne pas en rond sur un anti islamisme comme seul moteur, sans qu'il ne serve habilement une plume désirant réellement raconter des histoires.

Aujourd'hui, Le village de l'Allemand de Boualem Sansal. Quand l'actualité s'emballe, que les propose dépassent les bornes et que le n'importe quoi succède à l'ineptie, il est important de faire un retour sur un livre qui peut être éclairant.

Mémoires.Eroll Flynn.Ed. Tempus.Pour ceux qui le connaissent encore, Eroll Flynn c'est le beau gosse en collant, gouaill...
25/02/2026

Mémoires.
Eroll Flynn.
Ed. Tempus.

Pour ceux qui le connaissent encore, Eroll Flynn c'est le beau gosse en collant, gouailleur et bondissant, c'est la fine moustache de Robin des bois, et c'est à peu près tout.
Pas de quoi se lancer dans les Mémoires d'un acteur qui laisse une filmographie nombreuse mais qui ne retient pas les critiques très favorables. Cinéma de consommation pour l'époque où les acteurs étaient sous contrat, donc dans l'obligation de tourner pour ramener de l'argent à la compagnie qui les employait.

Et pourtant...
Car finalement cette façade masque un personnage qui a connu une vie d'aventures.
Ses origines, déjà : présenté toute sa vie comme un Irlandais, car cela plaisait au public, il est en réalité Australien, de Tasmanie. Mais personne ne le crut jamais à Hollywood, car il débarqua réellement de Londres où il s'essayait au théâtre après avoir bourlingué en Océanie. En Nouvelle Guinée, notamment, qu'il rejoint à 17 ans pour y exercer nombre d'emplois plus ou moins recommendables : vendeur d'esclaves pour la main d'œuvre de plantations de coprah, chercheur d'or, trafiquant... Un vie qui forge un homme qui aura du mal à entrer dans le monde hollywoodien.
Car Flynn est lucide : ayant quitté l'école assez tôt, il reconnaît ne rien savoir, n'avoir aucun talent si ce n'est sa capacité à se tirer de situations compliquées par son bagout et sa belle gu**le. Et aussi savoir retenir un texte, chose qu'il découvrira plus t**d et le convaincra de tenter le théâtre pour ses parents.

Sur les 500 pages de ses Mémoires, la moitié sont consacrées à ses déboires pré-Hollywood. Et valent a elles seules de s'y plonger.

On pourrait presque dire que son entrée au cinéma, qui en fera l'un des acteurs les mieux payés, marque paradoxalement le début de la déchéance : déboires sentimentaux (dont il est en partie responsable, la monogamie lui étant insupportable), accusation de viols et procès, alcoolisme... En marge des tournages, dont il reconnaît lui-même qu'ils bouclent sur le stéréotype du type bondissant à l'épée dont personne ne veut le voir sortir, il cherche à s'isoler du milieu, tout en étant la plaque tournante des soirées. Son refuge, c'est la mer, qui lui rappelle ses années de navigation dans les mers du Sud. Haïti sera son point de chute, sa caverne secrète.

Il meurt en 1959, à tout juste 50 ans, et sa vie s'achève sur un constat en demi-teinte, mais nous laisse une lecture incroyable avec ces Mémoires d'un autre temps.

Star la plus payée à Hollywood dans les années 1930, il a tourné dans 60 films. Homme à femmes, Don ...

Terminus Berlin.Edgar Hilsenrath.Je confesse mon ignorance concernant cet auteur, dont j'entame la découverte par son ul...
22/02/2026

Terminus Berlin.
Edgar Hilsenrath.

Je confesse mon ignorance concernant cet auteur, dont j'entame la découverte par son ultime roman. Ultime car voulu tel par celui qui considérait alors qu'il n'avait plus rien à dire après 10 livres sur la Shoah, abordée de manière fort peu académique.

Truculence (d'aucuns diraient vulgarité), humour et décalage ou recul semblent des maîtres mots pour celui qui n'a jamais cherché à être reconnu.

Terminus Berlin, présenté comme une conclusion et somme de son oeuvre, suit les pas d'un double livresque de celui qui a connu le même retour au pays après un long passage aux États-Unis.
Un sexagénaire désabusé, suffisamment vert pour faire un enfant à une apprentie poétesse de 17 ans et séduire sa mère, qui renonce au meurtre d'un ancien élève de sa classe devenu n**i... Un parcours original raconté de façon simple, sans effets littéraires ampoulés, qui m'a laissé assez dubitatif sur les raisons d'un engouement aussi fort pour l'auteur.

Ce qui, parodaxelement, attise ma curiosité pour peut-être reprendre le fil du début, en allant lire Nuit, et Le barbier et le n**i, ses 2 premiers romans acclamés.

Blog de critiques littéraires (romans et poésie)

Le bureau des affaires occultes. T3.Les nuits de la peur bleue. Éric Fouassier.La pause n'aura pas été très longue. L'en...
18/02/2026

Le bureau des affaires occultes. T3.
Les nuits de la peur bleue.
Éric Fouassier.

La pause n'aura pas été très longue. L'envie de poursuivre cette série m'aura ramené plus rapidement que je l'envisageais.
La crainte sur cette suite : le Vicaire mort, il allait manquer une ombre mystérieuse sur la tête de Valentin. Une tension en moins dans la narration.

Quelques mois après cet événement, Paris fait face à une épidémie de choléra (la peur bleue). L'occasion pour l'auteur de filer un parallèle opportun avec le Covid récent : défiance de la population, complotisme, dénuement thérapeutique ne sont pas l'apanage de notre époque moderne.

Pas de quoi mobiliser le Bureau des affaires occultes mais c'est sans compter avec des morts mystérieuses et des cadavres aux organes prélevés.

Personnellement j'ai moins goûté l'intrigue que lors des deux précédents opus. Comme je l'imaginais, la chasse du Vicaire n'est plus le moteur efficace qu'il a été. Et l'occulte est quelque peu laissé au second plan, au profit d'une enquête plus scientifique. Certes, c'est la raison du Bureau : appliquer une rigueur scientifique. Mais auparavant c'était toujours pour démasquer une affaire initialement exposée sous un jour mystérieux.

Cela n'enlève rien au plaisir pris à retrouver notre duo, qui avance dans son histoire intime, et croise une fois de plus quelques figures historiques de cette époque trouble.
Il faudra toutefois retrouver un souffle pour le tome 4. La qualité d'écriture de l'auteur, seule, ne pourra sauver un récit qui ne bénéficiera plus de l'effet de découverte du style et du cadre historique.

Blog pour échanger sur la littérature anglaise : sur Jane Austen, Elizabeth Gaskell, les sœurs Brontë et Daphné Du Maurier, entre autres,...

Des noeuds d'acier.Sandrine Collette.Si vous avez un peu trop de joie vivre, il existe plusieurs moyens de modérer cette...
16/02/2026

Des noeuds d'acier.
Sandrine Collette.

Si vous avez un peu trop de joie vivre, il existe plusieurs moyens de modérer cette enthousiasme. Ce livre en est un.
Car ce captivity thriller ne vous épargnera rien de la cruauté et de la noirceur du sort de Théo.

Captivity thriller : un genre d'ordinaire réservé à la littérature anglo-saxonne (Australie, USA). Il faut les espaces naturels et l'isolement nécessaire pour ancrer une situation sans espoir de secours. Et déjà un premier pari : transposer en France et rester crédible.
Un pari compliqué, d'ailleurs illustré par un démarrage qui semble faible pour nous, Français. On ne peut projeter et imaginer ces situations dans un environnement que l'on connaît bien. Une partie de la crédibilité repose sur un contexte de violence et d'isolement que l'on fantasme ou qui nous est étranger.
Pour cette raison, et pour une autre qui, je l'espère, était volontaire de la part de l'auteure, le début des Noeuds d'acier m'a laissé sur ma crainte initiale : j'allais avoir du mal à adhérer.

Pourtant, au fil des pages, l'effet d'accumulation fait son oeuvre et mine ma résistance. Aidé en cela par la narration, qui, à mesure que le temps passe et que l'espoir s'estompe, devient moins structurée, plus diffuse, en miroir de la santé et de l'abattement psychologique de Théo.
Au point que se profile un dénouement fatal de lent anéantissement, qui aurait dû, pour moi, conclure le roman.

Mais (et ce n'est pas dévoiler que de dire que, à défaut de connaître une fin heureuse, il survit) l'auteure, qui fait reposer le texte sur le journal de son protagoniste, ne peut plus le tuer.
C'est "dommage", et crée d'ailleurs cette incohérence : si le texte est le journal écrit à posteriori et d'une traite par Théo, l'effet narratif du délitement de la structure du texte ne peut dès lors être un produit de sa volonté.

Mais abstraction faite de ce point très spécifique, j'ai fini pas ressentir la noirceur de la séquestration, la perte inéluctable de tout espoir, et l'absurdité impalpable qui rend fou.

Paru en 2013 chez les éditions Denoël, puis en poche en collection Le Livre de poche thriller dès 2014, le roman Des noeuds d’acier de Sandrine Collette a reçu le grand prix de littérature policière en 2013. C’est suite à la critique très enthousiaste de Lucille sur le blog L’oeil de L...

Un auteur que je découvre.À travers son dernier livre, Terminus Berlin.
15/02/2026

Un auteur que je découvre.
À travers son dernier livre, Terminus Berlin.

Écrivain juif de langue allemande, ses livres satiriques et crus sur la Shoah conquirent l’Amérique et scandalisèrent l’Allemagne. Rire pour Hilsenrath, c’est regarder l’humanité dans l’horreur, et écrire contre l’oubli.

SurfaceO. Norek.Une nuit d'hôpital, un livre. Un concept nouveau, qui je l'espère n'aura pas de suite. C'était sympa les...
15/02/2026

Surface
O. Norek.

Une nuit d'hôpital, un livre. Un concept nouveau, qui je l'espère n'aura pas de suite. C'était sympa les repas gratuits, mais bon...

Mon dernier Norek n'était pas une franche réussite. Son Guerrier de l'hiver, presque unanimement encensé, m'a fortement déçu.

📖 https://www.facebook.com/share/p/1AdvFh3Dph/

Il fallait revenir à l'ADN de l'auteur, ce qu'il a su faire de mieux jusqu'ici. Pari réussi avec Surface ?

Certes on quitte le Nord, Paris et les centres urbains trépidant de violence, de traffics, refuges de tous les vices. Direction l'Aveyron, pour suivre la mise à l'écart de Noémie Chastain, victime d'un grave accident en intervention stup. On pouvait donc craindre, tout comme Noémie, une mise au vert ennuyeuse, dans cette commune où on a presque oublié la dernière fois qu'un flic a sorti son flingue.
Mais sous l'eau calme sommeille un passé qui n'attendait qu'une irruption extérieure pour perturber l'équilibre de ce bout de terre endormi.

Il faut de la patience pour déterrer 25 ans de secrets et apprendre à se reconstruire avec un nouveau visage. Progresser, abandonner, revenir avec plus de rage sans rien lâcher.
Car en parallèle de l'intrigue policière, c'est aussi Noémie qui doit se relever d'une histoire personnelle douloureuse.

Un roman moins percutant que les précédents de la série policière de Norek et une écriture plus posée pour se mettre au diapason du contexte. Mais un bon livre pour le genre, peut-être la meilleure porte d'entrée pour ceux que l'écriture jargonesque et survoltée de Code 93 pourrait rebuter.

Si vous suivez mon blog depuis quelques temps, vous saurez sans doute que je lis très peu, voire jamais, de romans policiers. Olivier Norek est pourtant un auteur que je souhaitais découvrir, notam…

15/02/2026

Pour les fans d'Olivier Norek, avant mon avis sur la lecture de son Surface.

14/02/2026

A. E. van Vogt : le génie le plus incompris de la science-fictionHello Nyxonaute !A. E. van Vogt est l’un des auteurs de SF les plus influents et les plus dé...

Allons à l'essentiel : la confrontation psychologique annoncée entre Hermann Goring et le psychiatre chargé de s'assurer...
09/02/2026

Allons à l'essentiel : la confrontation psychologique annoncée entre Hermann Goring et le psychiatre chargé de s'assurer qu'il vive jusqu'au procès a bien lieu. Mais ne remplit pas les promesses qu'on était en droit d'attendre. Pas de passes d'armes philologiques ciselées dans des dialogues de hautes volée, de manipulation sournoise à rebondissement.
Le film est-il pour autant raté ?
Non.

La confrontation existe, sans ces sommets de la dialectique espérés, mais son envergure et son souffle existent malgré cette faiblesse.
Et cultive suffisamment l'ambiguïté pour ne pas tomber (trop) dans la caricature du bien contre le mal.
C'est puissant, porté par un sujet qui fait quand même déjà la moitié du boulot, mais il convenait de ne pas se rater et tomber à côté.
Pari réussi, avec des jeux d'acteurs magistraux. Russell Crowe est un Goring magnétique, Rami Malek un émissaire fragile et vulnérable pour camper celui qui ne se remettra pas de cette rencontre.

Attention aux plus sensibles : 6 minutes d'images directement tirées du film de 1h qui fut présenté lors du procès pour documenter l'atrocité des camps.

Russell Crowe-Rami Malek ou la confrontation du siècle

Vu hier en ciné-club, en présence du réalisateur.Un premier film effectivement prometteur pour celui qui confesse avoir ...
08/02/2026

Vu hier en ciné-club, en présence du réalisateur.
Un premier film effectivement prometteur pour celui qui confesse avoir d'abord fait sa culture cinématographique dans des projections clandestines de cassettes VHS pirates. Du binge watching de qualité variée, avec pourtant un Wong Kar-Wai qui l'a marqué, avant de rattraper son ret**d par les réals de la Nouvelle Vague française, Bertolucci...

Grand Phuket est le nom d'un quartier de Kunming, donc pas de plages ni de palmiers ici. On est dans les grands ensembles immobiliers qui depuis 2005 fleurissent en Chine, remplaçant les anciens quartiers et leurs habitants exproprier par le rachat de leurs logements.
Un chantier qui ne finit jamais, et laisse les récalcitrants suspendus dans un temps où les travaux, les décombres et les machines qui tournent de nuit deviennent un quotidien sans aboutissement.
Une transformation radicale et à marche forcée qui est aussi celle de la jeunesse qui se cherche dans cette adolescence pr essence déjà compliquée.
Filmé en 14 jours avec des comédiens non professionnels néanmoins formés pendant 8 mois, le film est une réussite et mérite qu'on y prête attention.

Un premier long métrage prometteur, témoignage intéressant des transformations urbaines chinoises tout autant que délicat récit d'initiation adolescent.

Adresse

Rueil-Malmaison
69500

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