25/02/2026
Mémoires.
Eroll Flynn.
Ed. Tempus.
Pour ceux qui le connaissent encore, Eroll Flynn c'est le beau gosse en collant, gouailleur et bondissant, c'est la fine moustache de Robin des bois, et c'est à peu près tout.
Pas de quoi se lancer dans les Mémoires d'un acteur qui laisse une filmographie nombreuse mais qui ne retient pas les critiques très favorables. Cinéma de consommation pour l'époque où les acteurs étaient sous contrat, donc dans l'obligation de tourner pour ramener de l'argent à la compagnie qui les employait.
Et pourtant...
Car finalement cette façade masque un personnage qui a connu une vie d'aventures.
Ses origines, déjà : présenté toute sa vie comme un Irlandais, car cela plaisait au public, il est en réalité Australien, de Tasmanie. Mais personne ne le crut jamais à Hollywood, car il débarqua réellement de Londres où il s'essayait au théâtre après avoir bourlingué en Océanie. En Nouvelle Guinée, notamment, qu'il rejoint à 17 ans pour y exercer nombre d'emplois plus ou moins recommendables : vendeur d'esclaves pour la main d'œuvre de plantations de coprah, chercheur d'or, trafiquant... Un vie qui forge un homme qui aura du mal à entrer dans le monde hollywoodien.
Car Flynn est lucide : ayant quitté l'école assez tôt, il reconnaît ne rien savoir, n'avoir aucun talent si ce n'est sa capacité à se tirer de situations compliquées par son bagout et sa belle gu**le. Et aussi savoir retenir un texte, chose qu'il découvrira plus t**d et le convaincra de tenter le théâtre pour ses parents.
Sur les 500 pages de ses Mémoires, la moitié sont consacrées à ses déboires pré-Hollywood. Et valent a elles seules de s'y plonger.
On pourrait presque dire que son entrée au cinéma, qui en fera l'un des acteurs les mieux payés, marque paradoxalement le début de la déchéance : déboires sentimentaux (dont il est en partie responsable, la monogamie lui étant insupportable), accusation de viols et procès, alcoolisme... En marge des tournages, dont il reconnaît lui-même qu'ils bouclent sur le stéréotype du type bondissant à l'épée dont personne ne veut le voir sortir, il cherche à s'isoler du milieu, tout en étant la plaque tournante des soirées. Son refuge, c'est la mer, qui lui rappelle ses années de navigation dans les mers du Sud. Haïti sera son point de chute, sa caverne secrète.
Il meurt en 1959, à tout juste 50 ans, et sa vie s'achève sur un constat en demi-teinte, mais nous laisse une lecture incroyable avec ces Mémoires d'un autre temps.
Star la plus payée à Hollywood dans les années 1930, il a tourné dans 60 films. Homme à femmes, Don ...