06/03/2024
Je suis "accessoirement" un TAXI... 🚕
J'aime mon métier. C'est un métier passionnant où nous faisons tous les jours de belles rencontres et où nous apprenons toujours de nos patients.
Etre chauffeur de taxi, pour beaucoup, c'est être dans sa voiture, au chaud, et... voila.
Nous ne sommes pas que ça.
Les chauffeurs de taxi sont, vis-à-vis des patients/clients, un peu:
- psychologue, pour écouter leurs problèmes médicaux, personnels et professionnels,
- infirmiers, pour mettre des gouttes dans leurs yeux pendant le trajet à la demande du médecin, refaire un pansement qui s'en va,
- médecins, pour expliquer, à notre niveau, le protocole que vient de leur dire le personnel médical et pour lequel le patient n'a pas toujours tout compris
mais aussi,
- confident, pour les rassurer sur la suite d'un traitement, où écouter le patient qui est fatigué de sa maladie mais qui ne souhaite pas en parler à sa famille/ses proches
- assistant(e) social(e), pour leur rappeler leurs différents rdv médicaux ou autres, les accompagner dans les démarches dans les hôpitaux, dans les services, acheter leur baguette, passer à la pharmacie car pour certains les rdv médicaux sont leurs rares sorties
et enfin,
- leur ami, car nous passons beaucoup de temps avec eux et donc des liens d'amitiés peuvent se créer.
Mais nous sommes aussi chef d'entreprise.
Nos journées ne s’arrêtent pas au dernier patient. Le soir, nous devons encore remplir et vérifier les PMT (ou bon de transport), rentrer les transports dans le logiciel et éditer les factures. Et, parfois, envoyer les factures aux mutuelles.
Mais ce n'est pas fini... nous devons ensuite envoyer informatiquement les factures, puis les imprimer et les envoyer par courrier.
Et pour tout ça, sans être certain d'être payé, car un patient n'a peut-être plus de prise en charge... mais ça, nous ne le savons uniquement quand les caisses de sécurité sociale nous disent : "facture rejetée pour le motif suivant : ###"
J'en oublie sûrement, et des collègues en rajouteront peut-être. Mais peu importe... car, de toute façon, un taxi n'est payé que quand il roule, au chaud dans sa voiture.
Et malgré tous ses inconvénients, j'aime mon métier, mes patients, mes clients.
Leur apporter un peu de tranquillité, de rire et d'aide me permettent de ne pas vouloir changer de métier.
Alors oui, je suis TAXI, mais pas uniquement.
Et je ne souhaite pas devoir trier mes patients en fonction de "SA rentabilité".
Mais peut-être qu'un jour, les taxis devront le faire pour continuer ce merveilleux métier.