12/12/2023
Salut le grand Baptiste. Tu nous as foutu la trouille de notre vie. Pas la trouille d’un avant match quand on a le cœur qui bat dans le vestiaire et qu’on regarde les copains pour s’assurer qu’on n’est pas tout seul.
Là c’était la panique qui pique. Pas le même jeu. Quand tu as laissé ton grand sourire de côté pour laisser s’écrouler ta grande carcasse de seconde ligne, on a compris que le combat ne serait plus sur le pré. Tu allais affronter un truc qui normalement n’arrive pas à 26 piges. Un truc qui secoue plus qu’un gros plaquage.
On te dira qu’on a réagi comme une équipe de rugby. Avec nos dissemblances, nos faiblesses et nos forces, mais cette fois pas à quinze, cette fois à deux équipes. Ceux qui ont tout de suite vu que ça n’allait pas, ceux qui ont donné les premiers gestes, ceux qui ont appelé les secours et tes proches, ceux qui ont gardé la tête froide, ceux qui ont été emporté par les émotions, ceux qui ont fermé les yeux pour demander un petit coup de pouce au destin ou à là-haut, ceux qui se sont serrés comme jamais pour ne pas que tu t’envoles, ceux qui ont eu des mots rassurants, celui qui a défoncé la porte du club house pour sortir le défibrillateur (un première ligne évidemment), et celui qui a osé appuyer sur le bouton pour balancer le coup de jus.
Et puis on a passé la b***e aux pompiers, au SAMU, aux toubibs et aux infirmières et tu es revenu.
Ton papa et ta maman nous ont dit que quand tu t’étais réveillé un des premiers trucs que tu avais demandé c’est de savoir si ton essai était valable. Bien sûr qu’il était valable ! Et c’est peut-être le plus beau que tu ne marqueras jamais. Et comme on est tellement soulagé. On va te laisser faire un truc qu’on ne laisse jamais aux secondes lignes. Transformer ton essai. Ne t’en fais pas, tu as le temps. Même l’arbitre a laissé le chrono de côté.
Tes copains.