08/06/2026
Photo du lundi : un petit air de…
En regardant attentivement ma photo de cette semaine, avec ce ciel lourd d'orage, la pierre blonde qui ressort sous la lumière et cette végétation qui semble avoir repris ses droits, on pourrait presque croire que j'étais déjà partie plus au sud. On imagine une fin de journée écrasée de chaleur, quelque part en Provence, avec l'orage qui pointe lentement le bout de son nez. Mais pourtant, non.
J'étais simplement en ville basse, le long de la collégiale Saint-André.
C'est l'un des endroits que j'aime particulièrement à Chartres. Ici, le temps semble ralentir. Les murs de pierre racontent plus de mille ans d'histoire et les arbres adoucissent les lignes d'un monument qui fut autrefois l'une des églises majeures de la ville.
La collégiale Saint-André est intimement liée à l'histoire de la basse-ville, ce quartier animé où battaient autrefois les métiers dépendant de l'eau de l'Eure : tanneurs, foulons, meuniers, teinturiers et nombreux artisans. L'église elle-même aurait commencé à être édifiée vers l'an 960, avant d'être élevée au rang de collégiale par saint Yves en 1108.
Lorsque l'on s'att**de autour de l'édifice, on découvre aussi l'une de ses singularités les plus étonnantes : son chœur était autrefois construit au-dessus de la rivière grâce à une immense arche, prouesse architecturale qui suscita l'admiration de visiteurs prestigieux, jusqu'à Vauban lui-même.
Désaffectée à la Révolution, utilisée comme magasin à fourrage puis gravement endommagée au fil des siècles, elle a connu bien des épreuves avant de renaître sous une autre forme. Aujourd'hui, elle accueille expositions et manifestations culturelles, offrant une nouvelle vie à ce témoin précieux du passé chartrain.
Alors, avant de partir chercher le dépaysement à l'autre bout de la France, il suffit parfois de lever les yeux sur un vieux mur, d'observer un ciel menaçant et de prendre le temps de redécouvrir les trésors qui se cachent à quelques pas de chez nous.
Très belle semaine à tous !
Véronique