09/09/2026
Bonjour à toutes et à tous,
L'écriture à l'école : un geste qu'on n'apprend plus assez à observer
Depuis plusieurs années, j'accompagne des enfants et des adolescents dont l'écriture pose question : lenteur, crispation, fatigue, illisibilité. Ce que j'observe dans mon cabinet me pousse à un constat simple : à l'école, on apprend à tracer des lettres, mais on prend rarement le temps d'apprendre le geste lui-même.
Écrire est un acte moteur avant d'être un acte scolaire. Il mobilise la posture, la tenue du stylo, le placement du bras, le rythme de la main. Or ces bases sont souvent survolées en quelques semaines, au CP, puis considérées comme acquises. Pourtant, un geste mal installé se rigidifie avec le temps et devient plus difficile à corriger à mesure que l'enfant grandit.
Mon travail de graphothérapeute consiste précisément à rééduquer ce geste graphique : reprendre les appuis, assouplir la tenue, retrouver un rythme d'écriture fluide et économe en énergie. Ce n'est pas un travail sur la personnalité de l'enfant ni sur ce que « révélerait » son écriture — c'est un travail concret, technique, corporel.
Je constate aussi que la pression scolaire (vitesse exigée, quantité d'écrit, évaluations) arrive souvent avant que le geste ne soit stabilisé. L'enfant compense alors comme il peut : crispation, lettres qui se déforment, fatigue précoce. Ces difficultés, si elles sont repérées tôt, se corrigent bien.
Mon souhait serait que l'école laisse davantage de place à l'observation du geste graphique, en lien avec les parents, les enseignants et les graphothérapeutes. Une main détendue écrit mieux, plus longtemps, et surtout avec moins d'effort.
C'est tout le sens de mon travail à La Chouette Écriture : redonner à l'écriture la place d'un geste qu'on prend soin d'installer, pas seulement d'un résultat qu'on évalue.