26/09/2024
Heureux. J’ai bouclé le GR30 en 7 jours et j’ai pu gravir le Sancy. C’était hier.
La nuit avait été moyenne dans le gîte communal de St Gènes Champespe avec sac à viande et couverture piquante, mais avant j’avais eu la surprise de retrouver mes trois comparses Claudine, Annick et Jean qui comme moi avait modifié leur itinéraire, ainsi depuis quatre jours nous nous croisions sur le GR.
Le lendemain, je les retrouvais encore au petit-déjeuner et sur le début de l’étape. Je les quittais définitivement au lac Chauvet. Plus loin alors que je me rapprochais de mon dernier hébergement, le Sancy se débarrassait progressivement des nuages qui l’assiégeaient le matin même, il avait l’air de me dire « monte… monte… ». L’idée un peu f***e, compte tenu de la distance, de gravir le Sancy puis de redescendre à La Bouboule et de rentrer le soir même, se clarifiait dans mon esprit comme le sommet du Sancy se débarrassait de ses dernières brumes. J’en montait une partie jusqu’au point de non retour que je m’étais donné, je l’atteignais en une durée raisonnable et plus t**d, à 16h30, j’étais en haut, enfin presque. Un vent violent me forçait à me pencher sur le côté comme on peut le faire sur un bateau balloté par la houle. J’avais déjà marché 30km, et monté plus de 1000m, par prudence je renonçais à gravir les derniers mètres du point culminant du Massif Central, m’arrêtant juste en dessous du sommet que sans regret je laissais pour entamer la descente. Il me restait, toujours avec le vent, à rejoindre ma voiture en suivant la ligne de crête puis les prairies en dessous avant de rejoindre la route. Ainsi je bouclais, sans l’avoir prévu le matin même, le GR30. Je fis les quatre derniers kilomètres de route en stop pour retrouver ma voiture qui était bel et bien fermée.
J’ai vu : une vache en bronze grandeur nature, une jument et son poulain, un chemin forestier (le GR) dévasté pas l’extraordinaire machine à bûcheronner aux roues plus hautes que moi, le lac Chauvet, le château du pic de Ravel, le mont Sancy envahi de nuages, puis sans nuage, le sommet et les crêtes dont les photos a l’horizontalité incertaine témoignent, sans le souffle et le bruit, de la puissance des bourrasques. Et aussi, j’ai terminé ma boîte d’anis de Flavigny.