11/10/2026
11 octobre 2026
Mourir m’en fous, du moment, que je possède le passeport ma vie durant de l’émerveillement. C’est ainsi qu’il me semble l’avoir vécu ce passage sur la ronde terre, d’avoir répondu après le premier souci de l’humain qui est de se nourrir et se loger, à l’invitation de vivre l’instant, de s’élever un temps soit peu malgré les vents contraires.
Oh la la la ! Je ne raconte pas de conneries. Je choisis d’être en dehors des clous, de privilégier l’art d’être un humain, libre.
Tralala, je suis un coq heureux sur mon fumier. J’inhale des capiteuses senteurs. Je produis des parfums que je répands (enfin, j’essaie), tout au long de mes écrits.
Je me préoccupe pas de l’idée, ni de la reconnaissance, encore moins de la postérité (les ai-je déjà commises ces impairs du faux ?). Je suis toute ouïe à ce qu’apporte la sensation quand elle véhicule l’ineffable.
J’emmerde tous les contradicteurs et les pisse-petits de la morale matérialiste et je le cultive mon non sur tous les sillons, que ce soit sur le champ du puissant ou le bourbier du pauvre. Je connus les deux, le second en particulier. Les deux conditions valent-elles une dissertation ?
Il faut changer les paradigmes, opter pour le vrai qui enrichit l’humanisme. J’enfonce les portes ouvertes. Je m’autorise. Étant réfractaire aux flatteries, je me suis immunisé contre l’esprit melon, si répandu dans les médias.
Je ne possède rien. Je ne suis pas obsédé, ni par le sexe, ni par le pouvoir et son séide avoir. J’ai suriné, j’ai dit, mon ego dans une des tavernes louches et grises où le désespoir se mêle à l’authentique.
Ma passion flotte dans un sorte d’éther. J’y puise la matière d’être soi au milieu des autres.
Somme toute, sans forfanterie, je vécus comme je l’avais voulu, mimant l’oiseau, là-haut, dans le ciel.
Juliette lit, fidèle, le dominical. L’intellectuelle manuelle me reproche, gentiment, via téléphone, de ne lui avoir pas, à l’oreille, susurré poème. J’utilise la répartie facile : « Nous avons couché ensemble ? Silence. L’amie n’apprécie pas trop mon humour.
C’est vrai. Ce ne fut pas le privilège accordé qu’aux quelques amantes. Je babillais poèmes, des autres et des miens dès je sentais la félicité s’occuper de l’instant et émettre la bienfaisance tant dans l’air que les gestes.
J’ai miel souvenirs de ces moments là. Ils dégoulinent leur confiture sur ma tartine mémoire dès que l’absurde broie mon optimisme.
J’écris le plein de lumière que ma tête contient. Il accentue mon appétit de vivre, maintient mon tout de moi vers l’essentiel.
Je fabrique dimanche. Je lance mes mots sur la page. Ils ont créé un bouquet. Je vous offre le deuxième de ce mois d’octobre..
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AVEU D’IGNORANT
Que m’aurait servi d’être polyglotte alors que ma langue maternelle me suffit à peine pour traduire l’émotion quand elle opère divine dans les cases obscures de mon sensible ?
Je soumets mes mots à la fluide sensation. Je revendique mon ignorance. Je réfute tout échafaudage intellectuel, né de l’idée.
Mon coude droit, l’atrophié, soulève, une pellicule de sensations nichées dans tout le corps. J’allume matière à écrire. J’opère, ainsi, cause santé. La maladie réfrène ma mobilité physique.
Je n’ai jamais été aussi lucide, aussi proche du vrai qu je cherche et que j’ai touché qu’à de rares occasions.
J’accomplis ma gymnastique. Elle consiste à plier roseau mon corps insignifiant, de le quitter afin d’éprouver la flamme de l’élévation.
Tout en mon époque s’oppose à cette manœuvre. Pourtant en son sein, tous les ingrédients, pour opérer tel miracle, demeurent. Je les en extirpe.
C’est donc ainsi que j’opère chaque jour ma résurrection, je crée. Et peu importe que ce chant ne soit lu et entendu, il est l’élément indispensable pour que je la ressente jusqu’aux recoins de mes pores et de mon âme, le Sacré de l’existence.
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LA JOIE VÉRITABLE
Alors, j’ouvre. Je ne sais quoi, j’ouvre. Le répéter modifie ma perception de la pièce où je suis engourdi. Je me sens, léger. J’avance hélium. Je multiplie mes effets sur la paroi. Je ne cherche rien d’autre. J’approche la joie véritable
Pauvres hères qui croient qu’elle ne provient que d’un plaisir que procure la chair et la possession.
Moi, je la connais la joie véritable. Elle ne naît jamais de l’apparence, ne se déniche qu’en terre authenticité. Elle se révèle par la transe, aussi minime soit-elle.J’écris pour la ressentir.
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MICRO-TRANSE
Derrière la ligne, cet assemblement étrange de mots qui semblent dire non à la raison, il y a ce qui traverse l’esprit, une sorte de micro- transe et que celui-ci sans chercher à l’expliquer, la ressent intense. La réalité devient autre. On croit se répandre sur tout le corps, apportée par des aigles anges, une parcelle de l’infini.
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UN MIRACLE
Et puis vint ce miracle
d’écorcher le genou
de la brise précise
du mot quand celui-ci
n’est plus qu’une évaporation
de l’âme
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L’OMBRE
S’estime l’ombre
quand elle apporte
à la lumière
le complément
de son indépendance
C’est ainsi
sur le mur du bas
née
d’un fouillis de feuilles
une d’entre-elles
dessine un cygne
***
LE TALISMAN
« Le talisman bleu de tes yeux’ »
début cul-cul
d’un poème sentimental
n’est qu’authenticité que
si les mots le ressentent.
Serge Mathurin THÉBAULT