art-chignaned

Appeler Itinéraire

art-chignaned C'est une petite flaque crée au départ pour la Grenouille, un peu en sommeil aujourd'hui mais le

La page de la grenouille qui sommeille et que veille à entretenir le dit Serge Mathurin THEBAULT en attendant son réveil

11 octobre 2026Mourir m’en fous, du moment, que je possède le passeport ma vie durant de l’émerveillement. C’est ainsi q...
11/10/2026

11 octobre 2026

Mourir m’en fous, du moment, que je possède le passeport ma vie durant de l’émerveillement. C’est ainsi qu’il me semble l’avoir vécu ce passage sur la ronde terre, d’avoir répondu après le premier souci de l’humain qui est de se nourrir et se loger, à l’invitation de vivre l’instant, de s’élever un temps soit peu malgré les vents contraires.

Oh la la la ! Je ne raconte pas de conneries. Je choisis d’être en dehors des clous, de privilégier l’art d’être un humain, libre.

Tralala, je suis un coq heureux sur mon fumier. J’inhale des capiteuses senteurs. Je produis des parfums que je répands (enfin, j’essaie), tout au long de mes écrits.

Je me préoccupe pas de l’idée, ni de la reconnaissance, encore moins de la postérité (les ai-je déjà commises ces impairs du faux ?). Je suis toute ouïe à ce qu’apporte la sensation quand elle véhicule l’ineffable.

J’emmerde tous les contradicteurs et les pisse-petits de la morale matérialiste et je le cultive mon non sur tous les sillons, que ce soit sur le champ du puissant ou le bourbier du pauvre. Je connus les deux, le second en particulier. Les deux conditions valent-elles une dissertation ?

Il faut changer les paradigmes, opter pour le vrai qui enrichit l’humanisme. J’enfonce les portes ouvertes. Je m’autorise. Étant réfractaire aux flatteries, je me suis immunisé contre l’esprit melon, si répandu dans les médias.

Je ne possède rien. Je ne suis pas obsédé, ni par le sexe, ni par le pouvoir et son séide avoir. J’ai suriné, j’ai dit, mon ego dans une des tavernes louches et grises où le désespoir se mêle à l’authentique.

Ma passion flotte dans un sorte d’éther. J’y puise la matière d’être soi au milieu des autres.

Somme toute, sans forfanterie, je vécus comme je l’avais voulu, mimant l’oiseau, là-haut, dans le ciel.

Juliette lit, fidèle, le dominical. L’intellectuelle manuelle me reproche, gentiment, via téléphone, de ne lui avoir pas, à l’oreille, susurré poème. J’utilise la répartie facile : « Nous avons couché ensemble ? Silence. L’amie n’apprécie pas trop mon humour.

C’est vrai. Ce ne fut pas le privilège accordé qu’aux quelques amantes. Je babillais poèmes, des autres et des miens dès je sentais la félicité s’occuper de l’instant et émettre la bienfaisance tant dans l’air que les gestes.

J’ai miel souvenirs de ces moments là. Ils dégoulinent leur confiture sur ma tartine mémoire dès que l’absurde broie mon optimisme.

J’écris le plein de lumière que ma tête contient. Il accentue mon appétit de vivre, maintient mon tout de moi vers l’essentiel.

Je fabrique dimanche. Je lance mes mots sur la page. Ils ont créé un bouquet. Je vous offre le deuxième de ce mois d’octobre..

***************

AVEU D’IGNORANT

Que m’aurait servi d’être polyglotte alors que ma langue maternelle me suffit à peine pour traduire l’émotion quand elle opère divine dans les cases obscures de mon sensible ?

Je soumets mes mots à la fluide sensation. Je revendique mon ignorance. Je réfute tout échafaudage intellectuel, né de l’idée.

Mon coude droit, l’atrophié, soulève, une pellicule de sensations nichées dans tout le corps. J’allume matière à écrire. J’opère, ainsi, cause santé. La maladie réfrène ma mobilité physique.

Je n’ai jamais été aussi lucide, aussi proche du vrai qu je cherche et que j’ai touché qu’à de rares occasions.

J’accomplis ma gymnastique. Elle consiste à plier roseau mon corps insignifiant, de le quitter afin d’éprouver la flamme de l’élévation.

Tout en mon époque s’oppose à cette manœuvre. Pourtant en son sein, tous les ingrédients, pour opérer tel miracle, demeurent. Je les en extirpe.

C’est donc ainsi que j’opère chaque jour ma résurrection, je crée. Et peu importe que ce chant ne soit lu et entendu, il est l’élément indispensable pour que je la ressente jusqu’aux recoins de mes pores et de mon âme, le Sacré de l’existence.

***

LA JOIE VÉRITABLE

Alors, j’ouvre. Je ne sais quoi, j’ouvre. Le répéter modifie ma perception de la pièce où je suis engourdi. Je me sens, léger. J’avance hélium. Je multiplie mes effets sur la paroi. Je ne cherche rien d’autre. J’approche la joie véritable

Pauvres hères qui croient qu’elle ne provient que d’un plaisir que procure la chair et la possession.

Moi, je la connais la joie véritable. Elle ne naît jamais de l’apparence, ne se déniche qu’en terre authenticité. Elle se révèle par la transe, aussi minime soit-elle.J’écris pour la ressentir.

***

MICRO-TRANSE

Derrière la ligne, cet assemblement étrange de mots qui semblent dire non à la raison, il y a ce qui traverse l’esprit, une sorte de micro- transe et que celui-ci sans chercher à l’expliquer, la ressent intense. La réalité devient autre. On croit se répandre sur tout le corps, apportée par des aigles anges, une parcelle de l’infini.

***

UN MIRACLE

Et puis vint ce miracle
d’écorcher le genou
de la brise précise
du mot quand celui-ci
n’est plus qu’une évaporation
de l’âme

***

L’OMBRE

S’estime l’ombre
quand elle apporte
à la lumière
le complément
de son indépendance

C’est ainsi
sur le mur du bas
née
d’un fouillis de feuilles
une d’entre-elles
dessine un cygne

***

LE TALISMAN

« Le talisman bleu de tes yeux’ »
début cul-cul
d’un poème sentimental
n’est qu’authenticité que
si les mots le ressentent.

Serge Mathurin THÉBAULT

4 octobre 2026Mes lèvres chuchotent au creux du lobe de se petite oreille, fine, des  vers de Guillaume Apollinaire dont...
04/10/2026

4 octobre 2026

Mes lèvres chuchotent au creux du lobe de se petite oreille, fine, des vers de Guillaume Apollinaire dont: « tes seins sont les seuls obus que j’aime ».

En même temps, les doigts de mon bras court caressent le mamelon de son robert gauche, raidi sous l’effet de la caresse, tandis que, les lutins de l’autre main constatent l’humidité immiscée dans sa toison

Je le vécus, moi aussi, le plaisir charnel, parcimonieusement. Mon refus du faux et du couple, un physique quelconque, emmanché d’un bras tournicoté, ne facilitèrent pas la libido. Le manque d’oseille plomba l’affaire. La rareté apporte du divin à ce geste anodin surtout quand il est la conséquence d’une poétique rencontre.

Il y en a eu, quelques unes, souvent gracieuses. « Canon » sifflaient les envieux copains. Objets, sous le prisme se**el, ces filles attendaient de ce drôle d’apôtre une autre messe que la stupide galipette. Je fis de mon mieux.

Les conquises aimaient, que prémisses précédant l’acte final , s’accompagnent de la musique des vers enregistrés en mes cellules grises.

Elles ne tarissaient pas d’éloge. On eut cru qu’elles s’échangeaient le tuyau : « il y a un drôle disgracieux zigoto, il te murmure lors de l’ébat intime des poèmes comme si tu étais seule au monde ». J’extrapole. Je tiens les derniers propos, d’une, d’entre-elles. La franche me l’avoua.

Honnête, je prévenais mes partenaires. J’y tenais à mon indépendance. Je ne pouvais être amoureux puisque j’étais, maladroitement, amour.

J’écartais, illico, l’espérance de mettre l’oiseau en cage, de l’embourber dans les codes, d’en faire comme l’autre, un mouton paissant sous l’autorité du loup.

Il y a de l’insouciance à vivre ainsi, libre. Ça se paie toujours, d’être d’un bloc, un trait unique devant l’autre.

Ma facture fut particulièrement corsée. Aujourd’hui, crabe pince fée, inspiration. La nonne des neurones anime, malgré tout, la cervelle f***e. Pour vous seuls, elle crée le rite dominical..

Je la suis d’une coudée de pas. Sur le trottoir, une jeune maman, cheveux bouclées, légèrement rousse, pousse un landau. Je l’observe à la dérobée.

Esthète, je remarque le cambrure de sa silhouette. Ses formes ravissent le peintre en moi, frustré.

Soudain, elle se retourne et me sourit. Une flaque de lumières illumine son visage et me transperce corps et tripes. On dirait presque une madone, venue saluer le fou.

Je note l’irruption de la beauté dans ce quotidien, sa façon spontanée, d’offrir à celui qui sait regarder une variation de son subtil. Je suis ragaillardi...

Je remonte au couvent. Je rédige quelques phrases que j’utilise au moment même où j’écris ce liminaire. L’écriture est un puzzle. Il faut accoler les pièces et essayer de rendre compte de l’infini qui nous dépasse.

Ce n’est pas la peine de s’égosiller sur son importance. Nous n’ignorons pas le théorème de la poussière. Pourtant, nous agissons côté petitesse que grandeur. Est- ce le système, le coupable ou est-ce nos gènes ?

On a du mal à se dégoûter de soi-même. Nous sommes humains, après tout.

C’est dans doute pour cela que je persévère à partager, dimanche, les fruits de mon vagabondage.

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ANTIPATHIE

Avant que je n’accroche la pluie, j’aurais mis entre elle et moi, la substance délicate de l’humus quand elle pose son museau sur les flancs de la terre.

J’écris la phrase sans chercher la signification qu’elle devrait avoir. Je m’étonne toujours devoir le redire que je ne suis pas un valet de la ferme société, encore moins un de ses maîtres. Je l’accompagne, contre mon gré, c’est tout.

J’erre, fétu de paille dans le tourbillonnement des feuilles quand celles-ci, sous l’effet du vent, interprètent, bayadères, une danse que mes mirettes voient.

Parfois, je me sens honteux de cette chance d‘appréhender le mystère, de ne pas y être entièrement embourbé, comme les autres, dans les miasmes du mercantilisme.

Je n’ai jamais éprouvé de la sympathie pour ce système dont la notion du profit, financier, bien-sûr. s’impose à l’humanisme.

J’écris. Je dis non à sa singerie.

***

IMPRESSION

Soleil soucieux gratte les nuages, parvient à immiscer ses rais jusqu’à la fenêtre de ma cellule. Plane dans le ciel, un rapace, trop loin. Je ne peux reconnaître son espèce. Au milieu des yeux des maisons, scintille une pâle lueur. Elle clignote par instant des petits feux blancs. Sur le bas côté du trottoir trottent formes humaines.

Il y a du Sacré dans la scène et je ne saurais dire pourquoi.

***

UN PET

Pet de soleil
sur la vitre
qu’amoindrit
un coussin
de nuages

Trait blanc
laisse sur les carreaux
la trace de
ce trop plein de gaz

***

SOUCI EXTRÊME

N’avoir ambition
que le souci extrême
d’immortaliser
dans les veines
du poignet
le mouvement
du ciel

***

LIBRE

A la rose
des étoiles
j’ai crié ma soif
de beauté universelle

Elle y répondit
accordant à mes mots
le droit de l’embraser
à mes épreuves
de lui donner
un ton inimitable

Couperet de mort
sur la gorge
je partirai ainsi

Serge Mathurin THÉBAULT

27 septembre 2026J’éblouis ! Enfin, je m’épate. Le moral, je le cultive aux petits oignons. Je l’ai trouvée, la recette,...
27/09/2026

27 septembre 2026

J’éblouis ! Enfin, je m’épate. Le moral, je le cultive aux petits oignons. Je l’ai trouvée, la recette, lors du caillou AVC. Je plonge dare-dare dans la mare de l’émotion. Je nage quelques brasses dans celle des sensations. J’ai le don.

Je ne la commercialise pas. Je suis contre l’offre et la demande qui régit ce monde. Je bécote le parfum du Sacré. D’ailleurs, le remède ressemble au vent, il souffle sans s’att**der à communiquer sa posologie.

Soit-dit passant, le dominical est détonateur. Cette obligation voulue, lors de sa rédaction, chasse les idées noires que crabe immisce au milieu de la cervelle. Fée les nettoie d’un coup de son balai magique. Je batifole ailleurs durant quelques heures. L’étrangère sert aussi, à cela. La gaillarde est multi-fonctions, psychologue, en l’occurrence.

« S, nue, fume ses phrases ». Je la trouve jolie, la lexie. Je l’inclus dans le liminaire. J’ignore sa suite. Je prends mon droit à la paresse.

Je continue après cet aparté. J’ai gibier dans ma gibecière. Je suis une source à narrer anecdotes. Pour l’instant, elle ne tarit pas malgré l’occupant des reins.

Petits pas se sont pris pour des grands. Badaboum ! Le pied ayant accroché racine d’un arbre, mon copain s’affale sur le trottoir. Je trottine derrière. Je m’inquiète. Il y a peut-être du cassé dans la chute.

Plus de peur que de mal, enfin, il l’affirme, le compagnon du soir. Le gandin, joli garçon, se relève. La leçon ne suffit pas. Le fêt**d veut encore téter les étoiles artificielles, que procure l’alcool avant la gu**le de bois.

Derechef, debout, paletot élégamment nettoyé d’un revers de la main, le dandy entraîne ma pomme vers la taverne la plus proche. Je suis, moins grisé, mais tout de même. Sur place, un ru de nanas se faufile parmi une foule mâle.

Lui ce qu’il veut, c’est draguer. Je ne suis pas adepte de ce jeu superficiel.
Je l’accompagne, fataliste. Nous nous asseyons sur une table, commandons deux houblons pour rafraîchir gorge sèche.

Mon chasseur me quitte, va quêter proie dans un halo de fumée. En ce temps-là, de ma jeunesse chue, les bistroquets acceptent les fu***rs.

Le dindon revient, accompagné d’une dinde. Enfin, je crois. La fille brune n’est ni jolie, ni laide. Elle patauge dans le quelconque.

« Je te présente, Isabelle, dit-il, tu pourrais lui faire un acrostiche, je lui ai promis »

Aucun problème, je saisis mon carnet à spirales et du coin de l’œil, observant mon modèle, je rédige le poème. Ce dernier plaît à la demoiselle, épatée par la rapidité de l’opération. Elle s’assied avec nous..

Je me trompe. L’insignifiance ne définit pas son domaine. Le texte, qu’elle inspire, le révèle. Au contraire, la passion occupe ce cellier. Dans le social, elle soulage par son travail d’infirmière, les couchés par la vieillesse. Je cause du corps, bien-entendu. Ceux de l’esprit sont trop nombreux.

Par ailleurs, Isabelle ne cache pas son goût pour l’art, la poésie, surtout. Elle s’enflamme sur le sujet. Et patati et patata, elle s’avère intarissable. Elle connaît l’art difficile jusqu’au bout des doigts. Mes esgourdes ravies se bercent de son babil.

Je ne l’ai vue qu’une fois, Isabelle. Son authenticité imprima son visage sur le registre de ma mémoire. Quelques nuées d’étoiles illuminaient ses yeux .

Fatigue impose sa léthargie. J’ai donné ce que j’avais, aujourd’hui. Ma santé ne m’autorise pas plus. C’est une façon, pas délicate de vous quitter, de vous envoyer les textes de la semaine. Je ne puis faire autrement.

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MA CAME

Je m’attends à fondre. Je précise dans ce tout que je ressens et m’obsède et que je ne peux définir, pour tout dire.

Je ne suis pas un hâbleur. Mort me fait peur, surtout la mienne même si elle ne me tétanise pas. Ce cancer du fond des reins rappelle le provisoire de l’existence donnée.

J’écris ces lignes comme pour contraindre la faucheuse à ret**der son ouvrage comme autrefois avec l’accident de voiture et le caillou AVC.

Ce coup-ci, la garce choisit crabe pour se manifester. J’opère dans le clair. J’y trouve dans la ribambelle de lueurs occupant mes yeux, une exonération de l’impôt terreur.

Je me fournis dealer, une pelletée d’étoiles J’emmerde la société de consommation, avec ses compromis, ses hiérarchies, son stupide entretien de la sottise, son apologie du médiocre.

Ma came est le Sacré. La perverse peut bien le celer pour entretenir son misérabiliste matérialisme. J’ai le don de traverser tous les obstacles pour aller trouver le miel de l’existence.

***

BERNIQUE LIBRE

Papiers à remplir, les barbants, les administratifs. Cette corvée se passe sur internet. Cela ne l’allège pas pour autant. J’aurais presque la certitude d’être comblé s’il n’y avait ce genre de tâches me rappelant que je ne suis qu’un élément du troupeau.

Vital, finalement, pour apprécier le travail accompli, être une bernique qui s’est décroché du rocher.

***

EN ATTENDANT LA FIN

Je tords les volets
j’épure la ligne
j’écris en sorte
que la lumière
rayonne
fond de couenne

J‘attends la fin
distraitement

L’œil basse vue
picore le ciel
et le plafond moucheté
de poèmes
que je n’écrirai jamais

***

AUCUN POÈME

Caresse pluie indéfinie

Œil de la mer
sur toi posé

Tu n’es pas loin
de la haute poésie

Aucun poème
même sublime
ne saura
en rendre compte.

Serge Mathrurin THÉBAULT

20 septembre 2026Je n’ai pas toujours été, moi, dans la pure poétique. Comme les autres, le con dut gagner son beefsteak...
20/09/2026

20 septembre 2026

Je n’ai pas toujours été, moi, dans la pure poétique. Comme les autres, le con dut gagner son beefsteak. Je ne sais pas comment j’y suis parvenu. Chance y contribua. Le reste n’est que secret de cuisine, pas toujours ragoûtante.

J’ai fermé un volet. Les rayons du soleil éclaboussaient le coin bureau. Il n’est pas aisé d’écrire lorsque l’œil cligne.

A présent, il ne me gêne plus, le facétieux. Je roucoule d’aise dans l’ombre. J’attends, l’opportune, la fée inspiration dont je vous ai tant parlé.

L’ouvreuse s’immisce lentement jusqu’à la hune, cerveau. Quel film propose la clandestine ? Quelles pellicules de mon cinéma intérieur va-t-elle faire jaillir sur l’écran de mon imaginaire ?

Les jours ne cessent de rallonger, plein juin, Paris, années quatre vingt dix. Septième arrondissement, bourgeois bienveillant, cheveux gris, élégant, un architecte parait-il célèbre (je l’ai su plus t**d), reçoit chez lui le griot libertaire.

Je l’ai connu sur le fil du hasard. Je tartinais, café chic, une page. J’attendais un ami inclus dans la case où l’argent n’est plus souci, ni un but. Celui-ci est né une cuillère d’or dans la bouche. Je l’avais rencontré l’an précédent alors que j’accomplissais mon numéro d’acrostiches .

Ce jour-là l’accompagnait donc le dit architecte. Ce fut notre premier échange. Il fut content de la rencontre avec l’énergumène. Preuve il le convia après avoir donné ses coordonnées, à venir le visiter.

Ce fut pour çà que j’étais là. Il ne faut pas négliger le message des signes.

Après apéro et conversation enflammé sur l’art, l’hôte, un fou de Van Dongen et Foujita (quelques unes de leurs toiles rayonnaient sur les murs de la pièce où nous causions), propose à son invité de le voir de haut, la capitale.

Bien-sûr, le barde, enthousiaste, accepte. Nous sortons de son appartement cossu. Nous montons quelques marches. Il ouvre une petite porte avec une petite clef. Nous y sommes sur le toit.

La ville lumière s’étale devant nous. La fer Eiffel, je la vois, pas que çà, d’ailleurs, la Notre Dame aussi. Le guide dirige mon attention sur les célèbres monuments. Le poète est aux anges. Il sniffe de l’émerveillement par ses mirettes. La marée de bâtiments baignée par un halo bleu, l’enchante. J’écris comme si j’y étais encore au-dessus de ce cœur fait d’immeubles irrigué par les artères rues.

Le panorama se grave dans le cellier de mes neurones. Je le ressors, quand au fond de ma cellule, je sollicite du beau, une de ses multiples variations..

Ma relation avec le bonhomme fut courte durée. La camarde ou la mort (pour les fâchés avec le vocabulaire) vint le chercher.

Pour la troisième fois, la gueuse flaire de mon côté. Dire que je m’en fous est faux. Dire que que je me résous à l’inéluctable serait un peu plus vrai. Je souhaite ret**der l’échéance.

Je persévère, en solitude soleilleuse, à la vivre intensément l’existence surtout sous son aspect Sacré.

Je ne suis pas de mon temps, ni celui d’hier. Je cherche l’authentique et par choix ou inadaptation, afin de le serrer au plus près de ma plèvre, je baguenaude en dehors des passions des hommes, en les vivant entièrement.

C’est pour cette raison que, depuis longtemps je crée dimanche, sous forme confidences. J’envoie sur vos murs, le dernier né.

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TARÉ LE SERGE MATHURIN ?

En cette heure-ci, la rue n’est plus que silence. J’attends le bruit intempestif, le vrombissement d’un moteur, une voix enfantine ou adulte. celui qui troublera l’harmonie.

J’écris mes lignes en patientant, pas longtemps. Une mélopée venant du toit d’en face emplit l’air d’un son mélodieux. Les zoziaux ont pris habitude de se nicher derrière la cheminée de la maison d’en face. Je ne les vois pas.

Il me vient une idée absurde, me métamorphoser en oiseau, les rejoindre.

Je me concentre. Je ferme mes paumières. Tout-à-coup, je quitte mon corps. Je suis en route vers eux. Le soleil éclaire ma hutte.

Taré le Serge Mathurin ? Sans doute. Fée, l’inspiration, permet une telle hallucination.

J’écris, pour cela, aussi.

***

L‘IGNORANT

Homme ignore
le basané de son âme

***

ORPHÉON

Dans le fouillis
de ses habits

Fée trouva
corsage grenat
le mit
et fit
sensation
au bal de l’orphéon

***

LES HIRONDELLES

Longue avenue
sur laquelle
baissent le cou
corbeaux métalliques :
les réverbères.

Il y a du rai soleil
sur les persiennes
des magasins

Des figures dansent
dans les vitrines
pour capter l’attention
du chaland

Voici coin de rue
le passage des hirondelles
à tire-d’ailes
fans du ciel

***

PAS RENTABLE

Je ne suis qu’un em*****ur, un poète. Je ne participe pas au carnaval de la société consumériste. Je lui ai dit non et fis avec pour loger et nourrir l’embryon d’étoile que je suis.

La fumeuse n’offre que des rêves matérialistes, des pâles figures de rêves. Quand on ne peut pas le définir, le rêve, alors là, l’aventure devient excitante.

On entre dans le mystère que propose le Sacré. C’est dire qu’on quitte le médiocre !

Serge Mathurin THÉBAULT

13 septembre 2026Il faut que je monte en moi, pour vous écrire, espoir, peut-être vain, d’être au plus près de vous..Mal...
13/09/2026

13 septembre 2026

Il faut que je monte en moi, pour vous écrire, espoir, peut-être vain, d’être au plus près de vous..

Malgré soucis santé travaillant la besace, je l’exécute, presque léger, la dite opération. Je puise, à l’haveneau inspiration, les papillons mots. Je crée notre dimanche.

Que se balance une lumière dans ma tête lunaire et hop, c’est parti ! Je suis sous influence magique. Je suis autre. J’appareille, seul, vers un espace que seule la félicité occupe. Je la nomme fée celle qui s’empare de ma carcasse. Je n’ai pas trouvé nom plus précis. L’enchantement qu’elle me procure n’est pas étranger à ce choix.

J’accompagne la visiteuse spirituelle par des gestes incongrus. Pour qu’elle soit en moi le plus longtemps possible, je caresse mon front, pose souvent la main sous mon menton.

Parfois, j’effectue quelques pas en rond dans la pièce de mon couvent. Je récite tout haut des phrases à peine nées quand leur musique me paraît imparfaite. Imaginez la scène ! L’énergumène gu**le en sa cellule monacale une lexie pour la parfaire.
Comment aurait-il pu vivre en couple ?

J’évoque, coté cuisine, la fabrication du dominical. J’insiste sur l’aspect donné de la chose. J’omets un peu la difficulté de cueillir l’énergie, d’y entrer en entier dans cette féerie.

Je mets sous cloche mes inadaptations au monde du profit, mon impossibilité de me fondre dans le magma de l’ennui où s’écoule la petitesse. J’accroche ma comète au vent des illusions. J’allume le fichu de ma paillasse du feu premier. Sous l’irréfléchi besoin de panache, j’exprime ma liberté.

Ce n’est pas envoyé cela !

J’arrime ma montgolfière. Je redescends de mon ballon hélium. Je n’ai jamais su quitter, même si maintenant, il s’avère sage, l’enthousiasme. Le drôlet entretient l’espérance.

Tiens, ai vu Mister Bean, qui comme d’habitude, marchait à la manière du héron au milieu de la rue. Enfin, c’est l’oiseau qui m’aperçut. Il cria l’épithète « poète », faisant sursauter les passants. L’anonymat, le zigoto le pulvérise .

Pourtant, Christian n’a jamais lu une ligne de mes textes. Cela ne l’empêche pas de m’auréoler du statut. La rumeur, sans doute, mélange de quolibets et de respect lui suggère l’adjectif. Il le dit sincère. L’échassier ne connaît pas l’hypocrisie.

D’ailleurs, à son insu, il vit en poésie. Il ne se préoccupe pas de l’affect des autres, s’en contrefout de leurs jugements, de leur respectabilité sotte. Il happe les petits poissons d’or de l’existence. Je l’envie quoiqu’il n’en soit pas conscient.

Vu aussi, elle trottinait dans une rue, V. Nous avons le même âge. Enfant, sa bouille extasiait les adultes. Adolescente, la perle incarna la beauté physique, une sorte de Barbie brune, aux traits fins, au visage angélique..

Je l’ai côtoyée un peu, pas beaucoup. Ses atouts l’installèrent sur le trône d’or du confort matériel. Sa vénalité me fit m’éloigner d’elle.

Je ne l’avais pas revue depuis des années. Hier, je la croisais. « Tu ne ma reconnais pas» dit-elle, étonnée. Comment aurais-je pu déceler sous ce visage flétri devenu pomme ridée, la nymphe qu’elle fût ? Le temps est ennemi du clinquant.

Je n’ai pas d’autres choses à conter aujourd’hui. Alors, je m’acquitte de mon obligation volontaire, hebdomadaire. J’expédie sur vos murs poèmes et proses

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UNE PROSE ACCOUCHE D’UN POÈME

Je suis, moi aussi, une fêlure. Si j’en suis pas une alors je viens d’elle.

Je suis, certain, une blessure. Je la cicatrise tous les jours. J’appose sur mes plaies le baume du poème que fée inspiration fournit, parfois, parcimonieusement, en mon périple chaotique.

Il n’est pas plus précise boussole que la douleur. Je parle de celle qui opère le schisme entre le corps et l’esprit. Elle nous évite de nous perdre dans les méandres du paraître, d’enregistrer l’existence au ralenti.

Tout devient espace où non seulement, on construit son rêve, mais où s’accomplit sous les traînées qu’il laisse derrière lui, l’inaccessible

Je suis tout bazar ce matin. Je laisse l’idée préempter la sensation. Je m’approche de la fenêtre pour ne pas me perdre tout-à-fait.

Les cils gris des nuages au-dessus des paupières des maisons austères, paissent moutons. Il y a un coulis de bruit dans la rue, sorte de cascade presque tarie. Moteur vrombit. Voix claires d’adolescents lui succèdent puis un aboiement d’un chien. Je mélange les trois, en crée un poème. Il vaut l’instant qui me le donne :

SEPTEMBRE

Chien aboie

S’égosillent en geyser
voix adolescentes

Les nuages pâtissent
de n’être
qu’un voile lourd informe

Pétarade le moteur
d’une motocyclette

Septembre
se lasse
d’être septembre.

***

DÉCOR

Arbre de jade
sur pile de cartons
se penche
sur son pot de grès

Lumière blanche
donne au guingois
l’équilibre
des danseuses

Un pâle soleil
la crée
à travers les nuages

Une guitare pose
contre l’angle du mur
cou effilé
hanches voluptueuses

Ici couvent
septembre graisseux

Je monologue le décor

***

NOTE DU SOIR

Le système est finalement le miroir des défauts des hommes. Il adoucit peu leurs effets. Je dirais même qu’il les amplifie.

Serge Mathurin THÉBAULT

6 septembre 2026Pathos, non. Je ne cherche pas l’apitoiement. Je fleurette ailleurs du sentiment mièvre, de l’affect imb...
06/09/2026

6 septembre 2026

Pathos, non. Je ne cherche pas l’apitoiement. Je fleurette ailleurs du sentiment mièvre, de l’affect imbécile. Et, si je cause de mon crabe qui rogne mes viscères, c’est pour toiser le diable.

Je lui adresse un message. Malgré sa présence, je ne cesserai jamais de pépier un chant que fée donne. Je n’y tiens pas, moi, à abandonner ma lumineuse liberté.

J’avertis le lecteur du rite. Le fâcheux risque d’être évoqué souvent avant qu’il ne gagne la partie, que la camarde m’évite le grand âge et ses emmerdements.

Je préviens. J’assume. Je dis tout haut, authentique. Je ne cache rien. Je ne suis pas là pour divertir mais nous envoyer, vous et moi, si possible, vers le subtil de l’existence.

Ce petit avertissement, écrit, reprenons notre ballade dominicale.

Un petit gris d’automne couvre le ciel. La cohorte des touristes a disparu. Un silence emplit la rue. Il y a du recueillement dans l’air que cueillent mes neurones, sans effort. Tout-à-coup, il pleut. Je triture mes méninges. Je les taquine. Du nouveau, il faut. Ça y est ?

Peut-être, peut-être pas. C’est tout confus dans ma cafetière. Je dissous ma langueur dans une sorte d’ébahissement. Je plâtre, gamin, ma jambe de bois des sensations que j’avale, idiot halluciné. J’ai troqué le monde d’ici pour le monde là-bas. J’effectue, en toute imputé, mon vol de piaf. Cela m’arrive de plus en plus souvent.

Petit bistrot glauque, ici, ma ville, j’exporte mes délires. Les insoumis emportent dans leur tourbillon, une fille brune, jolie, belle poitrine.

La musique des mots échappe de ma bouche. La nymphe est toute bue par ce flot ininterrompu. Je lui cause de ma marginale vie, de mon refus de suivre le troupeau, de ce que le beau peut offrir à toute vie corsetée. En fait, je lui parle, sans arrières pensées, de ma quête du merveilleux.

C’est elle qui proposa que je l’amène chez moi, pour poursuivre la soirée. Le prétexte fut que je lui montre, au cabanon, mes compagnons livres, barrages contre les vagues de l’ennui.

Au départ, libido ne fut pas de la partie. Mais chemin, faisant, l’obsédante prit part à nos échanges. Pris par l’élan du désir, je voulus les reluquer, ses nichons voluptueux..

La belle mit du temps à accepter mais devant l’insistance du poète, muse ôta, pudique, chemise et soutif. Elle lui dévoila ses nénés. Oh, l’impudente ! La dévergondée faillit faire exploser la tête de l’aède, lorsqu’il les vit, nues, les mamelles saintes.

Je m’en souviens. J’ai utilisé la scène dans une pièce théâtrale. Deux répliques résument le moment : «ce ne sont que seins de femme », « ils écartèlent mon cerveau ! ».

Éros ne fut pas compagnon familier de la route. Dionysos le remplaça souvent.

Je m’en fous. Je peux tout écrire. Je ne suis pas là pour plaire, pas de postérité à choyer. Je n’ai aucune place à défendre ou à conquérir.

C’est ma façon, boulanger de le poésie, d’envoyer la nouvelle fournée dominicale.
Me suis-je mis, à vos yeux, dans le pétrin ?

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VICE-VERSA

En agissant avec les autres, je me fis l’illusion. Je n’étais pas forgé pour l’action. Je le fis par opportunisme, par désir d’être un lierre sur un mur s’effritant. Je me suis trompé. Je n’ai fait que m’éloigner de ma propre vérité. Je me suis égaré sur le versant de la montagne sacrée, sans chercher à rejoindre le sommet.

J’accepte mes errements. Le médiocre nous éloigne du noyau central, indéfinissable.
Tout n’est qu’affaire de senti.

Maintenant, tout dégagé des cordes de l’enfermement, que constitue une société d’avoir, délesté des foutaises hiérarchiques, de l’illusion du mérite, je jouis l’instant comme je ne savais le faire. J’en extirpe plus de transcendances qu’avant.

Je constate. La liberté n’a pas de verbe actif. Je le crée, en solitude, sans vocable qui explique. Le poids de l’affect se délite. J’ai acquis ce quelque chose qui mène d’ici à l’infini et vice-versa.

***

SIGNES ET TROUVAILLES

Quand les signes ne se manifesteront plus, je serai hors du chemin voulu, celui de la poésie.

Hélène Cadou me disait qu’ils servaient de boussole à l’appelé. Elle ajoutait, pareilles, les trouvailles, qui à son insu, jaillissent dans ses textes.

Guillevic et d’autres que j’ai aimés, me disaient la même chose.

***

L’ŒUVRE PARFAITE

La phrase a disparu. Elle ne plaisait pas à l’oreille. Je l’ai biffée. Dans la précipitation, je n’ai pas ôté le point qui l’achevait. Ce n’est plus qu’un signe sur la page. L’œuvre parfaite !

***

EMMANUEL BERL

En grimpant les escaliers, le désir atteint son paroxysme. J’ai lu cette vérité chez Emmanuel Berl alors qu’il montait avec une prostituée dans sa chambre.

***

UN SOLEIL

Ronde table marron

Pomme

Chaises en bois
l’encerclent

Au milieu de la salle
un soleil
aux quatre oreilles !

***

LE GOÉLAND

Puisque le cri
annonce l’âme

Sur le parapet bleu
cerf-volant
blanc et gris
boutant
nuages
le goéland
raille

L’oiseau explore
son territoire

Serge Mathurin THÉBAULT

Adresse

Auray
56400ET75006

Téléphone

0618092100

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