06/08/2026
C'est avec le cœur extrêmement lourd que je suis revenu à Montréal hier.
Laisser derrière moi ma famille à Cuba est probablement l'une des choses les plus difficiles que j'ai eu à faire. Depuis mon départ, je pense constamment à eux, mais aussi à tous les Cubains que j'ai côtoyés durant ce voyage. Des gens extraordinaires, courageux, résilients, qui vivent une réalité que peu d'entre nous peuvent réellement comprendre.
Ce qui me frappe le plus, c'est qu'à Cuba, la majorité des gens ne vivent pas au jour le jour... ils survivent au jour le jour.
Ils se lèvent chaque matin sans savoir s'il y aura de l'électricité, sans savoir s'il y aura de l'eau, sans savoir si la nourriture qu'ils ont réussi à acheter sera encore bonne à la fin de la journée. Ils doivent constamment se battre pour des choses que nous considérons comme normales : conserver des aliments, charger un téléphone, communiquer avec leurs proches, trouver un moyen de cuisiner ou simplement avoir accès à de l'eau potable.
Ils méritent pourtant les mêmes choses que nous tous : la liberté de choisir leur avenir, la liberté de prendre leurs propres décisions, la possibilité d'améliorer leur qualité de vie, de travailler et de voir les fruits de leurs efforts, de nourrir leur famille sans vivre dans l'inquiétude constante.
Pouvez-vous imaginer que dans le secteur de Carbonera, l'école des enfants soit déjà fermée près d'un mois avant la fin de l'année scolaire parce qu'il manque d'eau et d'électricité? Sans eau, les installations sanitaires deviennent insalubres. Les maladies peuvent se propager. Et ce sont encore les enfants qui en subissent les conséquences.
Ce n'est pas seulement une question d'infrastructures. C'est une question de dignité humaine.
Ce voyage m'a rappelé à quel point nous sommes privilégiés sur certains aspects de notre vie. Mais il m'a aussi fait réaliser que partout dans le monde, de nombreuses personnes ont l'impression de perdre de plus en plus le contrôle sur leur avenir.
Que ce soit à Cuba ou ailleurs, les gens veulent sensiblement la même chose : vivre dignement, pouvoir subvenir aux besoins de leur famille, avoir accès aux services essentiels, être entendus et respectés.
Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Mais je sais une chose : le peuple cubain mérite mieux. Les enfants méritent mieux. Les familles méritent mieux.
Je continuerai de faire ma petite part, de tendre la main lorsque je le peux, de sensibiliser les gens à cette réalité et de soutenir ceux qui en ont besoin.
Parce qu'après avoir vu cette réalité de mes propres yeux, il est impossible pour moi de l'oublier.
Et aujourd'hui plus que jamais, mon cœur est resté à Cuba.
❤️🇨🇺🇨🇦