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Villes Humaines Média Plateforme qui vise mobilité active, transport collectif, urbanisme durable et écologie humaine. Car une ville résiliente, ça commence par de l’info de qualité!

Au quotidien : analyses, capsules et articles sur les enjeux qui dessinent nos territoires.

L’un fait ralentir temporairement. L’autre, en permanence.Un policier muni d’un radar incite les automobilistes à ralent...
10/15/2026

L’un fait ralentir temporairement. L’autre, en permanence.

Un policier muni d’un radar incite les automobilistes à ralentir lorsqu’ils/elles le voient. Mais une fois passé, la tentation de reprendre de la vitesse revient. Cette mesure punitive a ses limites.

L’apaisement de la circulation, lui, repose sur des aménagements physiques qui incitent naturellement les automobilistes à ralentir, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Au Québec, l’INSPQ reconnaît ces aménagements parmi les mesures les plus efficaces pour réduire la vitesse et améliorer la sécurité routière.

Et vous, êtes-vous en faveur de ces installations dans vos quartiers ?

Mairie de Saint-Augustin : la liberté d'expression, sauf quand les médias posent des questionsQuand on se réclame de la ...
10/14/2026

Mairie de Saint-Augustin : la liberté d'expression, sauf quand les médias posent des questions

Quand on se réclame de la rigueur, encore faut-il accepter que ses arguments soient examinés.

À la fin du mois d'août et du début du mois de septembre, le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, , Sylvain Juneau, multipliait les sorties publiques sur deux dossiers importants : le retrait éventuel de sa ville du RTC - Réseau de transport de la Capitale, afin de mettre en place son propre service d'autobus, et le prolongement de l'autoroute 40 entre Henri-IV et Portneuf.

Chez Villes Humaines Média, nous avons décidé d'examiner ces propositions.

D'une part, nous avons entrepris une analyse préliminaire du prolongement de l'autoroute 40 afin d'évaluer ses conséquences potentielles sur la circulation dans la région de la Ville de Québec. Notre analyse soulève notamment la possibilité que ce projet déplace la pression automobile sans régler durablement les problèmes de congestion.

D'autre part, notre collaboratrice Jeanne Laflamme, candidate au doctorat en mathématiques, s'est intéressée aux calculs auxquels le maire faisait référence pour justifier la possibilité de quitter le RTC.

Le 1er septembre, elle a donc déposé une demande d'accès à l'information auprès de la Ville afin de pouvoir examiner les documents pertinents.
La Ville lui a répondu le jour même que le traitement de sa demande nécessiterait du temps.

Le 26 septembre, nous avons reçu une réponse refusant l'accès aux documents demandés, en invoquant plusieurs dispositions législatives relatives à la confidentialité.

À ce stade, nous ne sommes pas en mesure de déterminer précisément quel document sous-tend les affirmations publiques du maire, ni de vérifier les calculs auxquels il faisait référence. Nous entendons poursuivre nos démarches pour mieux comprendre les motifs du refus.

Entre-temps, nous avons également constaté que le maire avait bloqué la page de notre média.

Nous ne prétendons pas connaître les raisons de ce blocage ni établir un lien de causalité entre celui-ci et notre travail journalistique. Nous constatons néanmoins un contraste difficile à ignorer.

D'un côté, un maire qui se présente comme un gestionnaire rigoureux, qui invoque les chiffres pour défendre ses propositions et qui reproche à ses adversaires de privilégier les émotions au détriment des faits, tout en se présentant comme gardien de la morale, comme récemment à propos du TramCité. De l'autre, un média indépendant qui cherche à examiner ces mêmes chiffres et qui se heurte à un refus d'accès aux documents, tandis que sa page est bloquée par ce même élu.

La rigueur ne consiste pas seulement à invoquer des chiffres, mais suppose aussi d'accepter que les données, les hypothèses et les conclusions qui soutiennent une décision publique puissent être examinées.

De même, la confiance envers les institutions ne se construit pas uniquement en affirmant que ses décisions sont raisonnables. Elle se construit en permettant au public de comprendre comment ces décisions sont prises, sur quelles informations elles reposent et quelles conséquences elles pourraient entraîner.

Le droit d'accès à l'information comporte évidemment des limites légales. Nous ne contestons pas le principe selon lequel certains documents peuvent légitimement être protégés. Nous estimons toutefois que les motifs d'un refus doivent pouvoir être compris et examinés, particulièrement lorsque les documents recherchés concernent des orientations majeures en matière de transport collectif et d'aménagement du territoire.

Il ne s'agit pas ici de défendre une position politique particulière, mais un principe démocratique élémentaire : les décisions publiques doivent pouvoir faire l'objet d'un examen indépendant, y compris lorsque cet examen remet en question les arguments de ceux qui les proposent.

Les conséquences de ces décisions vont au-delà des limites municipales. Le prolongement d'une autoroute, comme une éventuelle réorganisation du transport collectif ou l'abandon du tramway peut avoir des répercussions sur l'ensemble de la région métropolitaine de Québec.

La démocratie ne demande pas aux élu•es d'être d'accord avec leurs critiques. Elle demande que les désaccords puissent être examinés à la lumière des faits, dans le respect des institutions et des mécanismes de transparence qui permettent au public de se faire une opinion éclairée.

C'est dans cet esprit que Villes Humaines Média poursuivra son travail, par-delà une tendance générale dérangeante à la censure des médias.

Bruno Marchand
Fierté Lorettaine - Gaétan Pageau
CDPQ Infra

Analyse : tramway et dalle de béton, comment la désinformation délégitimise une critique légitimeHier, le citoyen avec M...
10/13/2026

Analyse : tramway et dalle de béton, comment la désinformation délégitimise une critique légitime

Hier, le citoyen avec Martin Boucher, membre du groupe Québec Mérite Son Tramway!, a repéré une publication partagée par Houle, chroniqueur chez Radio X. Celle-ci était accompagnée d’un Reel qui s’ouvrait sur la promotion de son émission.

Dans cet extrait, on entend Bruno Marchand accorder une entrevue non datée. Nous supposons qu’elle remonte à la fin septembre 2021, puisque Québec Forte et Fière, le parti politique du maire, avait alors présenté dix points à discuter dans le but d’améliorer le projet de TramCité.

Dans l’extrait, Bruno Marchand aborde notamment la dalle de béton et les fils électriques. La publication qui accompagne la vidéo lui reproche essentiellement de n’avoir rien fait concernant la dalle, allant jusqu’à remettre en question sa fiabilité et sa considération pour les préoccupations et les critiques des citoyennes et des citoyens.

Mais qu’en est-il réellement?

🔹️La réalité derrière l’accusation

Revenons au point concernant la dalle de béton, présenté lors du point de presse du 22 septembre 2021.

« Dalle de béton: Diminuer les effets négatifs de la dalle de béton centrale qui créera des coupures dans les quartiers. En créant, notamment, des espaces où il sera possible d’abaisser la dalle et de permettre la traversée des voitures, des piétons et des vélos. »

Comme nous pouvons le constater, M. Marchand ne proposait pas de supprimer la dalle de béton, mais plutôt d’en revoir certaines composantes. Présenter la situation comme s’il avait promis de la retirer, puis avait renié cet engagement, relève donc d’une exagération qui déforme la portée de sa proposition initiale.

Mais il y a plus.

En octobre 2023, le gouvernement Legault a retiré le projet des mains du bureau de projet de la Ville de Québec pour en confier la planification à la Caisse de dépôt et placement du Québec, par l’intermédiaire de CDPQ Infra. À partir de ce moment, la Ville et le maire ont perdu une part importante de leur contrôle sur la conception du projet. Il devenait donc beaucoup plus difficile pour l’administration municipale d’imposer des modifications précises.

Il faut également rappeler que, le 22 septembre 2022, soit un an après la présentation de ces dix propositions, l’équipe de Québec forte et fière estimait en avoir concrétisé huit. Les deux points qui demeuraient en suspens concernaient justement la dalle de béton et les fils électriques.

Qu’en est-il de ces derniers?

CDPQ Infra a effectivement retenu une solution technique combinant alimentation électrique conventionnelle et batteries. Cette technologie permet au tramway de circuler sans fils aériens dans certains secteurs où leur présence serait moins souhaitable ou plus difficile à intégrer.

Ce choix répond notamment à des contraintes techniques, mais aussi à des considérations d’intégration urbaine, surtout dans des secteurs sensibles.

Il y a donc bel et bien eu une réflexion sur la question des fils électriques, même si nous n’avons pas trouvé de preuve publique établissant que CDPQ Infra a explicitement réévalué les dix propositions de 2021.

Quant à la dalle de béton, nous n’avons pas trouvé de trace d’une réévaluation explicite de cette proposition par CDPQ Infra.

🔹️La désinformation qui détourne la critique

Notre accusation est ferme : certains chroniqueurs de Radio X ont, à plusieurs reprises, diffusé des affirmations trompeuses au sujet du tramway.

Nous avons déjà documenté plusieurs exemples de ce phénomène : la création d’images invraisemblables par intelligence artificielle, montrant notamment des configurations impossibles de fils et de rails; des affirmations sur les coûts qui ne correspondent pas aux estimations disponibles; des informations erronées concernant d’autres réseaux de tramway; ou encore des images de tramways circulant dans la neige, présentées hors contexte.

Pensons notamment aux propos de Dominique Dumas présentant le réseau de tramway de Washington comme une lubie démocrate, alors que le projet avait été lancé sous la présidence républicaine de George W. Bush.

Ces exemples illustrent un problème récurrent : la critique politique est légitime, mais elle perd toute sa valeur lorsqu’elle repose sur des informations inexactes ou une présentation trompeuse des faits. C’est d'ailleurs précisément là que notre propos doit être nuancé.

La question de la dalle de béton est légitime.

CDPQ Infra n’a pas, à notre connaissance, publié de réévaluation explicite de cette proposition. De plus, un an après l’annonce des dix points, la dalle demeurait l’un des deux éléments que l’administration Marchand reconnaissait ne pas avoir réussi à faire évoluer.

Il y a donc matière à poser des questions. Il est tout à fait raisonnable de demander pourquoi cette question n’a pas été davantage approfondie et si des solutions différentes auraient pu être envisagées.

Chez Villes Humaines Média, nous estimons que la circulation du tramway devrait être optimisée et priorisée par rapport à celle de l’automobile notamment par l'implantation d'un site propre. On peut notamment observer à Toronto comment la priorité accordée aux voitures dans certaines situations, notamment aux intersections où les mouvements de virage entrent en conflit avec le tramway, contribue à ralentir considérablement ce dernier.

Cela ne signifie pas que toute critique du projet est infondée. Au contraire : une réflexion sérieuse sur l’aménagement de la plateforme du tramway et sur les conditions de sa circulation est nécessaire.

Encore faut-il interpeller les bonnes personnes !

Puisque CDPQ Infra est désormais responsable de la planification du projet, pourquoi ne pas lui demander directement ce qui a été étudié concernant la dalle de béton? Pourquoi attribuer au maire la responsabilité entière d'une décision qui ne relève plus exclusivement de son administration?

Enfin, présenter la situation comme un mensonge, sans établir clairement ce qui aurait été promis et ce qui aurait réellement été fait, revient à privilégier l’indignation plutôt que l’analyse.

En somme, nous avons ici une occasion ratée de s’informer, de poser les bonnes questions et de formuler une critique pertinente sur un enjeu précis du tramway. Une critique crédible exige de replacer les déclarations dans leur contexte, de vérifier les faits et de tenir compte de l’évolution de la gouvernance du projet.

C’est ainsi qu’on fait avancer le débat public, plutôt qu’en transformant un enjeu complexe en accusation facile et surtout lorsque cette accusation sert également à promouvoir une émission, il est d’autant plus important de prendre le temps de vérifier les faits.

Québec injecte 176 027 $ dans l’agriculture urbaine  : Adaptons la réglementation au-delà du simple soutien La Ville de ...
10/12/2026

Québec injecte 176 027 $ dans l’agriculture urbaine : Adaptons la réglementation au-delà du simple soutien

La Ville de Québec renouvelle son engagement envers le Laboratoire sur l'agriculture urbaine (AU/LAB) en lui accordant une aide financière pouvant atteindre 176 027 $ pour la période 2026-2027. Cette enveloppe vise à reconduire le programme QuébeCulteurs, un incubateur qui facilite le démarrage de micro-entreprises agricoles en leur offrant un accès direct à des terrains, des équipements mutualisés ainsi qu'un suivi technique.

Pour cette nouvelle mouture, cinq initiatives ont été retenues. Du maraîchage diversifié à la myciculture en passant par la culture de légumes tropicaux, ces projets viennent enrichir le paysage de la production alimentaire de proximité dans la capitale.

Si la démarche mérite d'être saluée, elle rappelle toutefois un chapitre marquant de l'histoire récente de l'agriculture urbaine à Québec : celui de l'entreprise Du toit à la table

Fondée par un duo frère-sœur, cette initiative pionnière s’était donné pour mission d’exploiter le potentiel sous-utilisé des toitures commerciales. L'ambition était limpide : produire des aliments ultra-frais sur les lieux mêmes de travail et de vie, réduisant à sa plus simple expression la chaîne logistique entre le lieu de production et la table.

Le projet s'est toutefois heurté à d'importantes contraintes structurelles. Au-delà des perturbations engendrées par la pandémie, l'entreprise a dû faire face à des dédales réglementaires majeurs, notamment entourant l'homologation de ses méthodes en régie biologique.

Ce parcours soulève une interrogation fondamentale en matière d'aménagement : dans quelle mesure les cadres normatifs municipaux freinent-ils les innovations mêmes que nos collectivités cherchent à promouvoir ?

Repenser la place de l'agriculture en milieu dense implique d'adapter nos règles d'urbanisme. Qu'il s'agisse de l'occupation des toits, du zonage des espaces délaissés ou de l'intégration de serres sur le bâti existant, la transition alimentaire requiert de la flexibilité. Les exigences réglementaires visant à préserver la sécurité du public sont indispensables, mais elles doivent pouvoir évoluer dès lors qu'une pratique démontre une valeur ajoutée sur le plan social et environnemental.

À cet égard, le programme QuébeCulteurs offre un levier intéressant pour faire mûrir la réflexion. Si le volet québécois concentre actuellement ses efforts sur la culture au sol, AU/LAB accompagne déjà des projets sur toiture à Montréal, prouvant que les modèles d'agriculture urbaine s’ajustent à la typologie de chaque territoire.

Pour Québec, le véritable défi réside désormais dans la pérennisation de la filière. Garantir la sécurité alimentaire d'une agglomération ne passe pas uniquement par l'attribution de subventions au démarrage, mais exige une refonte de nos pratiques d'aménagement et une ouverture institutionnelle capables d'offrir une réelle viabilité à ces initiatives.

Nous sommes intéressé.e.s : voyez-vous du potentiel inutilisé (toitures, espaces délaissés, stationnements) dans votre quartier qui mériterait d'être converti en espace agricole ?

Le « trou noir » de l'investissement autoroutier : pourquoi plus de routes ne règlent pas les embouteillagesC’est un par...
10/10/2026

Le « trou noir » de l'investissement autoroutier : pourquoi plus de routes ne règlent pas les embouteillages

C’est un paradoxe bien connu des urbanistes et des expert.e.s en mobilité : l'expansion des infrastructures routières engendre souvent l'effet inverse de celui escompté. En cherchant à soulager la circulation par l'ajout de nouvelles voies, on stimule l'étalement urbain, on allonge les distances domicile-travail et, à terme, on recrée une congestion accrue.

Ce phénomène, souvent illustré par le concept du cercle vicieux de l'investissement autoroutier, nous rappelle l'urgence de repenser la planification de nos territoires. Miser sur une vision globale intégrant la densification intelligente, le transport collectif structurant et les mobilités actives devient incontournable pour bâtir des villes véritablement durables et résilientes.

Quelles solutions privilégiez-vous pour transformer durablement nos mobilités urbaines ? Partagez vos réflexions en commentaires 👇

Tramway : et si Duhaime avait partiellement raison ? Pouvons-nous construire à moindre coût ? Éric Duhaime semble assoup...
10/09/2026

Tramway : et si Duhaime avait partiellement raison ? Pouvons-nous construire à moindre coût ?

Éric Duhaime semble assouplir sa position sur le tramway de Québec. Après avoir juré de saborder le projet pour financer son troisième lien, le chef conservateur évoque désormais une « voie de passage ». Son argument massue demeure le même : la facture de 7,6 milliards de dollars.

Sur ce point précis, il touche à un nerf sensible. Mais plutôt que de sombrer dans l'habituelle guerre de tranchées, où l'on s'enferme soit dans le rejet dogmatique, « tout annuler », soit dans le soutien « accepter le chèque en blanc », si nous utilisions cette brèche pour décloisonner le débat ?

Cette polarisation rigide nous aliène. Elle nous force à choisir un camp plutôt qu'à résoudre un problème. Désolidifier ces positions dogmatiques permet enfin de poser la question fondamentale, celle qui dépasse les partisans et les opposants de la première heure :

Pourquoi les infrastructures de transport collectif coûtent-elles si cher en Amérique du Nord, et comment fait-on pour bâtir mieux et à meilleur coût ?

Il faut impérativement distinguer la contestation politique d'un projet de la recherche d'efficacité budgétaire. Le tramway de Québec est engagé dans sa phase de réalisation. Après des années d'études, de débats et de ret**ds, un abandon pur et simple relèverait du gâchis financier et institutionnel. Cela dit, refuser le sabordage ne signifie pas cautionner l'inflation des coûts de construction comme une fatalité nord-américaine.ĺ9

🔹️Un surcoût nord-américain

Regardons les faits et les ordres de grandeur.

• Kitchener-Waterloo (Tramway ION) : La phase 1 (19 km), mise en service en 2019, a coûté environ 818 millions de dollars, soit 43 M$/km (valeur historique).

• Calgary (Green Line) : La première phase révisée représente un investissement de 6,25 milliards de dollars pour 17 km, soit près de 368 M$/km.

• Toronto (Eglinton Crosstown) : Un projet de TLR de 19 km (avec tronçons souterrains) dont le budget de référence frôle les 13,1 milliards de dollars, soit environ 689 M$/km.

Du côté des métros lourds :

• Montréal (Prolongement de la ligne bleue) : Environ 6,4 milliards de dollars pour 6,4 km (1 G$/km).

• Toronto (Ontario Line) : Un budget estimé à 27,4 milliards de dollars pour 15,6 km (1,75 G$/km).

Chaque projet possède ses spécificités techniques, ses sols, ses stations souterraines et ses périmètres budgétaires. Ces chiffres ne sont pas une comparaison directe « pommes avec pommes », mais ils révèlent un diagnostic incontournable : la facture du transport collectif au Canada atteint des sommets par rapport aux standards européens ou asiatiques.

🔹️Mettre les méthodes de construction au défi

C'est précisément ici que la discussion technique doit remplacer l'affrontement partisan. Pour baisser les coûts sans sacrifier la sécurité, l'accessibilité ou la fréquence, plusieurs leviers méritent d'être attaqués de front :

1. La surconception des stations : Doit-on systématiquement ériger des cathédrales de béton et de verre ? La simplification et la standardisation des aménagements permettraient des gains immédiats.

2. Les exigences contractuelles et le transfert de risque : Le modèle d'approvisionnement nord-américain survend souvent le risque aux entrepreneurs privés, qui intègrent ensuite des primes de risque exorbitantes dans leurs soumissions.

3. La gestion des réseaux souterrains : La coordination du déplacement des conduites d'eau, de gaz et d'électricité constitue un puits sans fond budgétaire. Des méthodes de chantier plus agiles et une meilleure gouvernance municipale réduiraient ces coûts dormants.

Il y a d'ailleurs beaucoup d'autres aspects sur lesquels nous devons nous interroger.

Ailleurs dans le monde, des pays dotés de normes strictes et de salaires élevés réussissent à livrer des réseaux performants pour une fraction de nos coûts au kilomètre. Le contexte nord-américain a ses contraintes, mais elles ne doivent plus servir d'excuse à l'inaction méthodologique.

🔹️ Rationaliser pour mieux déployer ailleurs

En extrayant la question des coûts du carcan partisan, on réalise que l'optimisation budgétaire n'est pas un ennemi du transport collectif : c'est son meilleur allié.

Si nous parvenons à réduire le coût au kilomètre d'un projet structurant comme le tramway de Québec, nous ne faisons pas qu'économiser de l'argent public ; nous dégageons de la capacité d'investissement pour la suite. Chaque dollar rationalisé sur un axe structurant devient un dollar disponible pour financer d'autres maillons essentiels : d'autres lignes sur rail, des réseaux de voies réservées, des lignes de SRB, développer de nouveaux territoires, comme Longueuil ou Trois-Rivières, ou le maillage des couronnes périphériques.

Mener deux réflexions de front, de quels réseaux avons-nous besoin et comment les construire au coût le plus juste, est une seule posture légitime.

Est-il Il temps de dépasser la dualité entre la rigueur budgétaire et le développement de la mobilité durable ?



Éric Duhaime, Parti conservateur du Québec, Bruno Marchand, Ville de Québec, TramCité

PCQ et la « victoire contre le tramway » à l’épreuve des chiffres Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec tenten...
10/08/2026

PCQ et la « victoire contre le tramway » à l’épreuve des chiffres

Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec tentent de transformer leur percée électorale en mandat explicite contre le TramCité. L'opération de communication est habile : un chef élu, huit sièges remportés sur onze dans la Capitale-Nationale et une présence désormais incontournable à l'Assemblée nationale. Cibler ce grand chantier de transport permet de consolider cette base et d'ouvrir la place pour Respect Citoyens au municipal.

Pourtant, confondre une poussée électorale globale et un référendum sur un projet précis relève du raccourci analytique et le maire Bruno Marchand, avec qui le chef conservateur a eu une prise de bec, n'a pas manqué de le rappeler.

À l'échelle nationale, le PCQ compte 19 députés sur 127, soit 15 % des sièges. Dans la région de Québec, où la vague conservatrice s'est concrétisée, l'analyse détaillée des résultats nuance la portée du message :

• Portneuf : 51,6 %
• La Peltrie : 48,2 %
• Chauveau : 48,0 %
• Montmorency : 43,6 %
• Charlevoix–Côte-de-Beaupré : 39,0 %
• Charlesbourg : 38,5 %
• Vanier–Les Rivières : 37,0 %
• Louis-Hébert : 29,0 %

Dans une lutte à plusieurs partis, faire élire un député avec 35 % ou 45 % des voix ne signifie pas que l'ensemble des électeur.rice.s valide chaque point du programme, à commencer par le rejet du tramway.

Surtout, les données révèlent une fracture géographique évidente. Les trois circonscriptions du cœur urbain directement traversées par le tracé ont échappé au PCQ : Jean-Lesage et Taschereau sont restées à Québec solidaire, tandis que Jean-Talon a choisi le Parti libéral du Québec. Il est donc audacieux de présenter la carte électorale comme un rejet populaire du projet, alors que les secteurs les plus touchés ont élu des députés qui y sont favorables.

L'inverse est tout aussi vrai. Additionner le score des partis pro-tramway pour revendiquer un appui massif relèverait du même biais. Un scrutin général brasse d'innombrables enjeux : santé, fiscalité, logement, Troisième lien ou modèle d'État. Extraire un seul dossier pour lui faire dire ce qu'il n'a pas tranché déforme la réalité du vote.

Ce que cette élection confirme, c'est l'émergence du PCQ comme force politique majeure dans la Capitale-Nationale, dotée d'un pouvoir d'influence réel pour contester le projet. Il s'agit d'un gain politique indéniable, pas d'un plébiscite sur le tramway.

Huit ans de CAQ : bilan d’une décennie de mobilité, d’urbanisme, de logement et d’environnement Le dénouement des électi...
10/07/2026

Huit ans de CAQ : bilan d’une décennie de mobilité, d’urbanisme, de logement et d’environnement

Le dénouement des élections québécoises du 5 octobre 2026 réserve une ironie politique singulière. En 2018, la Coalition Avenir Québec s’engageait formellement à réformer le mode de scrutin aux côtés d’autres formations politiques. François Legault promettait alors l’instauration d’un régime proportionnel mixte compensatoire, engagement concrétisé en 2019 par le dépôt du projet de loi n° 39. Malgré franchissement de l'étape de l’adoption de principe à l’automne 2020, le texte a fini par glisser aux oubliettes avant d'être abandonné.
Cinq ans plus t**d, la boucle est bouclée de manière brutale. Alors qu’elle régnait sur 90 sièges grâce à 40,98 % des suffrages en 2022, la CAQ s’est retrouvée balayée de la carte électorale en 2026, n’obtenant aucune circonscription en dépit de plus de 13 % des voix. Le système uninominal à un tour que le gouvernement avait juré de transformer lui a infligé un châtiment d'une efficacité redoutable : une représentation nulle pour un électorat substantiel.

Au-delà de cette métaphore électorale, ce bilan s’att**de sur les grands dossiers qui ont structuré les analyses de Villes Humaines Média — et, auparavant, des Jeunes de Québec pour la mobilité durable : la mobilité, l'aménagement du territoire, le logement et l'environnement.

Ce regard s’accompagne d’une précision sur notre propre démarche. Durant les premières années du gouvernement Legault, nos prises de position sous l’égide des Jeunes de Québec pour la mobilité durable s’inscrivaient dans un militantisme direct, axé sur les enjeux du tramway de Québec et du troisième lien. Avec la naissance de Villes Humaines Média, la ligne éditoriale a évolué vers une posture d’analyse journalistique, sans pour autant renier l'intérêt pour ces enjeux fondamentaux, aujourd'hui examinés à la lumière de huit années de gouvernance.

🔹️Le tramway de Québec : un projet enlisé dans les réévaluations

Le dossier du TramCité incarne parfaitement cette gestion hésitante. Élaboré initialement sous les administrations de Régis Labeaume et de Philippe Couillard, le réseau structurant visait à doter rapidement la capitale d’une infrastructure de transport collectif moderne. Bien que le gouvernement caquiste n'ait pas sabordé le projet à son arrivée aux affaires, il l'a soumis à une trame ininterrompue de révisions, de modifications de tracés et de remaniements de gouvernance.

Entre l’abandon de la desserte de Charlesbourg au profit de D’Estimauville, les audiences du BAPE et la multiplication des études d’impact, le projet a accumulé les ret**ds. En 2023, le dossier a été confié à CDPQ Infra pour évaluation, puis cette dernière a hérité de la maîtrise d’œuvre en 2024, transférant ultérieurement le contrat d'Alstom à sa filiale InfraCITÉ. L’annonce t**dive, en mai 2026, d'une enveloppe de 55 millions de dollars destinée à débloquer les excavations du tunnel sous la colline Parlementaire traduit une volonté de dernière minute d’accélérer la cadence, sans effacer les années de tergiversations.

🔹️Le troisième lien : une obstination politique à contre-courant

La trajectoire du troisième lien offre un contraste saisissant avec celle du tramway. Promesse phare de la CAQ, l'idée d'une nouvelle traversée autoroutière entre Québec et Lévis a survécu à l'abandon de son concept original de tunnel. Le gouvernement a maintenu l'option d'un corridor à l'est, lançant un appel d'intérêt international en 2024, suivi de la sélection d'un tracé en 2025.

Jusqu'à l'été 2026, les démarches se sont poursuivies auprès du secteur privé pour évaluer les options de financement et de construction. Si le projet n'a jamais dépassé la phase d'étude, la CAQ a déployé un capital politique constant pour le garder en vie, offrant un traitement nettement plus accommodant à cette infrastructure routière qu'aux grands projets collectifs.

🔹️Transport collectif : l'impasse des grands réseaux métropolitains

Ce traitement à deux vitesses se reflète également dans les grands dossiers de transport collectif à l’échelle du Québec. Dans le Grand Montréal, l’inauguration du Réseau express métropolitain - REM demeure la réalisation la plus visible de la période. Toutefois, ce succès technique s’est accompagné de vifs débats sur l’intégration des tarifs, la gouvernance de la CMM et les ret**ds sur les antennes secondaires. Dans l'est de la métropole, la saga du Projet structurant de l'Est (ex-REM de l'Est) illustre le manque d'arrimage stratégique : à la suite du retrait de CDPQ Infra et des reprises successives par l' ARTM, le projet s’est vu constamment redimensionné, ret**dant d'autant le désenclavement de ce secteur clé.

À Gatineau, le projet de tramway interprovincial devant relier l'Outaouais au centre-ville d'Ottawa a connu un sort similaire, englué dans l'attente d'engagements financiers fermes et d'un leadership gouvernemental clair. Malgré la transition amorcée vers l'électrification des bus et le maintien d'investissements dans le Plan québécois des infrastructures, la politique globale de mobilité est restée tiraillée entre la volonté de décarboner et le réflexe de financer l'expansion du réseau routier provincial.

🔹️Urbanisme : une gouvernance provinciale sans cap territorial

L'action urbaine de la CAQ ne peut s'évaluer à la seule grille des transports. La dernière décennie a été marquée par de profonds débats sur la densification, la protection des terres agricoles et la prolifération de l'étalement urbain. Les interventions de Québec ont souvent manqué de cohérence stratégique.

Dans les régions métropolitaines, la multiplication de développements résidentiels éloignés des axes de transport à haute fréquence a continué d'alimenter la dépendance à l'automobile. En négligeant une planification axée sur l'aménagement TOD (développement orienté vers le transit) et en laissant les municipalités composer avec des ressources limitées, le gouvernement a manqué l'occasion d'imposer une vision intégrée du territoire.

🔹️Logement : une crise abordée par le prisme du marché

Le bilan en matière d'habitation révèle un changement de paradigme marqué. En 2018, la CAQ s'engageait principalement à livrer les 15 500 logements sociaux déjà inscrits aux cartons des administrations précédentes. Huit ans plus t**d, le constat des organismes communautaires et du FRAPRU est sans appel : le programme AccèsLogis a été progressivement délaissé au profit du Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ), transférant la réponse aux impératifs du secteur privé et de l'habitation dite « abordable », souvent déconnectée de la capacité réelle de payer des ménages à faible revenu.

Parallèlement, la réforme du cadre législatif concrétisée par le projet de loi 31 en 2024 a profondément modifié l'équilibre des forces entre propriétaires et locataires, notamment en encadrant de manière plus stricte le droit à la cession de bail. Présentée par le gouvernement comme une mesure de fluidification du marché de la construction, cette loi a laissé une marque durable sur le droit au logement, au moment même où l’inabordabilité s'imposait comme une crise majeure à travers le Québec.

🔹️Environnement : virage industriel et alertes environnementales

Sur le plan climatique, le bilan gouvernemental combine des sommes historiques et des incertitudes de gestion. Le Plan pour une économie verte (PEV 2030) et le Fonds d’électrification ont mobilisé plus de 5,6 milliards de dollars entre 2021 et 2025. Les rapports du Vérificateur général du Québec ont néanmoins souligné de sérieuses lacunes dans la reddition de comptes, la mesure des gains réels de GES et l'évaluation des programmes.

Ce manque de rigueur administrative s'est manifesté de manière critique dans le déploiement de la filière batterie. Les investissements massifs consentis à des projets d'envergure, à l'image des dossiers Northvolt ou Lion Électrique, ont exposé l'État québécois à des risques financiers considérables pour des retombées environnementales et économiques encore incertaines. Le soutien financier direct accordé à des acteurs privés soulève une question fondamentale sur l'efficacité des subventions industrielles comme moteur principal de la transition écologique.

Pendant ce temps, la fiscalité liée aux transports est restée figée : la taxe québécoise sur l'essence est demeurée inchangée à 19,2 cents le litre depuis 2013, illustrant une forme de statu quo fiscal chez un gouvernement qui a pourtant fait de la transition énergétique son cheval de bataille.

🔹️Revenir sur nos propres positions : le recul de huit années

C'est sans doute sur ce plan que notre bilan personnel s'avère le plus instructif. À l'époque où nous écrivions sous la bannière des Jeunes de Québec pour la mobilité durable, notre engagement dans les débats sur le tramway et le troisième lien était direct, militant et sans détours. Nos critiques à l'endroit de la CAQ adoptaient alors un ton propre aux groupes de mobilisation.

Aujourd'hui, Villes Humaines Média aborde ces questions avec davantage de distance analytique. Cela ne nous amène pas à renoncer à nos convictions en matière de mobilité durable, mais plutôt à les soumettre à l'épreuve des faits

Et huit années de recul permettent de tracer une ligne plus claire : le gouvernement caquiste n'a pas été un gouvernement sans transport collectif, ni un gouvernement sans politique environnementale. Il a injecté des sommes significatives dans ces deux secteurs.

Toutefois, il a simultanément accordé une place prépondérante aux infrastructures routières, défendu le troisième lien pendant des années, profondément réorienté le tramway de Québec et adopté une politique du logement vivement contestée par les défenseurs des locataires. Sur le plan écologique, il a tout misé sur l'électrification et la filière batterie, au risque de voir certains investissements majeurs et la gestion des risques associés susciter aujourd'hui de sérieuses inquiétudes.

🔹️Le véritable héritage politique de huit années de pouvoir

L’évaluation de ces deux mandats ne se résume pas à un simple décompte de projets concrétisés ou avortés. Elle met en lumière un modèle de développement axé sur l'électrification technologique, la croissance industrielle et le maintien des infrastructures traditionnelles.

Le gouvernement caquiste laisse derrière lui un Québec modérément plus électrifié, mais toujours en proie à un étalement urbain soutenu, une crise de l'habitation non résolue et une dépendance structurale à la voiture solo. Pour Villes Humaines Média, ce recul de huit ans offre une perspective clarifiée pour documenter et analyser les choix de société qui s'imposent désormais pour la suite.

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Quebec, QC

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