04/08/2026
📸 𝗩𝗼𝗶𝗰𝗶 𝗛𝗲𝗿𝘃𝗲́ || Il naît en 1950 à Avranches, dans une Normandie paysanne. Sa mère, elle, rêve d'autre chose : elle veut s'extraire, monter, réussir. La famille part pour la région parisienne, prend la gérance d'une pompe à essence, inscrit Hervé et son frère dans de bonnes écoles. Pour un temps, le rêve d'ascension semble possible.
Puis la guerre d'Algérie fait tout dérailler. Le père perd sa place, redevient simple pompiste, un accident l'immobilise. Les enfants sont placés en pension aux Orphelins d'Auteuil. C'est là, sur un petit transistor, que le jeune Hervé écoute en cachette Radio Caroline : la radio pirate qui diffusait le rock interdit. Un secret d'enfant dont le nom deviendra l'amour de toute une vie. La famille retourne en Normandie.
À 18 ans, il remonte à la capitale apprendre la photographie. On est en 1968, la ville gronde, et Hervé y attrape des idées de liberté qui resteront les siennes.
À 20 ans, l'armée l'envoie en Polynésie, là où la France fait exploser ses bombes atomiques. Il n'avait rien demandé. Comme souvent, la grande Histoire décide pour les petites gens.
Après son service, il retourne à nouveau à Paris et devient reporter pour l'agence Keystone. Il photographie les chanteurs, les sportifs, les politiques de son temps. Il rencontre une femme d'un milieu bourgeois, fonde une famille et lance même un journal. Le gamin de Normandie a réussi. Le rêve de sa mère semble enfin se réaliser à travers lui.
Et puis... En 1985, un accident de la route manque d’emporter sa fille. Le couple se défait, le rêve s'effondre. Hervé sombre et repart seul sur les routes. Mais ce n'est pas la fin de l'histoire.
Heureusement, son frère est là et le soutient. Hervé repart dans son bocage normand et reprend la photographie, mais de façon plus libre, plus intime, plus artistique. Une façon de panser ses plaies et de retrouver le monde. Il renaît.
Ses dernières années seront peut-être les plus belles : il se lie à une famille d'artistes venus du monde entier, voyage enfin (la Géorgie, le Japon) et trouve, tardive mais réelle, une certaine reconnaissance de son art.
Hervé décède d’un cancer en 2018.
Il restait des cartons, des photos, des objets. Et une fille pour les ouvrir.
De ce tri, elle a fait une exposition.
Elle vous y racontera Hervé et le lien qui les lie.
Une histoire qui nous raconte un peu tous·tes.
👉 TOUT DOIT DISPARAÎTRE (?) – Exposition au CAL Charleroi dès le 26 septembre. Vernissage le 25 septembre à 18:00, entrée libre.