26/09/2026
Il y a quelque temps, un garçon de 12 ans a poussé la porte de mon bureau.
Il parlait pas de ce qui se passait à l’intérieur de lui. Ses émotions arrivaient parfois comme une vague, sans qu’il puisse leur donner un nom. D’autres fois, il les retenait si fort qu’aucun mot ne sortait.
Aller vers les autres, créer des liens, trouver sa place… tout cela lui demandait un courage que l’on ne voyait pas toujours. il préférait resté cache derrière sa maman. Certains enfants se moquaient de lui. Et, peu à peu, le harcèlement avait rendu ses journées plus lourdes.
Il y avait aussi tout ce qu’il ne connaissait pas encore. Un nouvel endroit, une activité inhabituelle, une journée loin de ses repères : avant même de partir, l’inconnu lui faisait peur.
Alors, nous avons avancé ensemble. Sans brûler les étapes. Avec les outils Répli’Cœur, il a commencé à reconnaître ses émotions, à leur donner des mots, à découvrir comment les apaiser. Il a appris à poser ses limites, à voir ses forces et à tenter de nouvelles choses. Un petit pas, puis un autre. Parfois en hésitant. Toujours avec beaucoup de courage.
Aujourd’hui, quand il entre dans mon bureau, je remarque sa posture droite. Son regard vif. Et puis ce sourire… immense, lumineux, impossible à manquer avec une bonne dose d'humour
Il ose prendre sa place. Il sait dire ce qu’il ressent. Et l’inconnu ne lui fait plus aussi peur. Même une journée sportive hors de l’école, qui lui aurait autrefois semblé impossible, est devenue une aventure qu’il peut vivre.
Sa maman m’a dit aujourd’hui, avec tout le soulagement d’une maman qui retrouve le sourire de son enfant : « Tu nous as sauvés. Nous ne savions plus quoi faire. Aujourd’hui, j’ai un autre enfant. Je suis tellement soulagée, tellement heureuse. »
Ses mots m’ont touché en plein cœur. Mais je n’ai sauvé personne. C’est ce garçon qui a fait le chemin. C’est lui qui m’a fait confiance, qui a essayé, qui a parfois eu peur et qui a quand même avancé. Moi, j’ai eu la joie de marcher à ses côtés et de lui transmettre des outils pour continuer sa route. Avant de partir il m'a serré fort, un câlin qui en dit long sur le lien que nous avons tissé ensemble.