Les aventures du Chelona et de sa tribu

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Les aventures du Chelona et de sa tribu Notre petit trio familial vous raconte nos péripéties à bord de notre voilier Chelona.

Le 26 décembre, on remonte au Nord avec le vent du Sud pour aller s’abriter à Norman’s Cay, à la limite Nord du Parc nat...
06/01/2024

Le 26 décembre, on remonte au Nord avec le vent du Sud pour aller s’abriter à Norman’s Cay, à la limite Nord du Parc national. La veille au matin, à Hawksville, on s’était fait collecter 40$ pour la nuit au mouillage par les agents du Parc. On s’est dit qu’on ne pouvait pas s’éterniser dans le Parc à ce tarif-là. On s’arrête quelques heures à Shroud Cay, juste avant notre ancrage à Norman’s Cay. Luc et Pierre-Olivier nous ont tous deux recommandé cet endroit du parc pour sa « dinghy route », un bras de mer qui traverse l’île. Celui-ci est peuplé de tortues. Comme il vente ce jour-là, les eaux sont troubles et on a de la difficulté à les observer. À un certain moment, j’essaie de plonger mais elles sont craintives et je ne peux les approcher. Le bras de mer nous amène jusqu’à la rive Est de l’île ou il se déverse en un puissant courant qui aboutit en gros remous sur un banc de sable qui reçoit de l’autre côté les vagues de l’Atlantique. Pierre-Olivier et ses invités sont là en même temps ce jour-là. On se laisse tous glisser dans le courant et on se relève sur le banc de sable pour recommencer jusqu’à ce que la marée nous oblige à rentrer au voilier. On pourrait se retrouver piégé là quelques heures si on t**dait trop…
Au retour, on part en dinghy jusqu’à un vieux puit d’eau douce où on va se rincer de notre journée dans l’eau salée, sans penser que les vagues vont nous rincer de nouveau en retournant au bateau… La ballade en a valu le coup et une partie du rinçage est fait…! On lève l’ancre pour trouver notre ancrage tout près du quai de Shroud Cay, mais aussi sans le savoir juste à côté du catamaran loué par Michel et Jocelyne, les fondateurs de l’École de voile de Québec que Sylvain connu un peu à l’époque. Après avoir passé de nombreux hivers dans les Bahamas, ils sont passés à autre chose depuis quelques années à peine après avoir vendu leur école et leur voilier. Ils sont venus en vacances pour une petite semaine avec leur famille, dont leur petit-fils, Simon, qui a 7 ans!!! Ça fait deux heureux pour les trois jours qui suivent qu'on passera ensemble. Sylvain part pêcher deux fois par jour avec une partie de la gang. Il en apprend tout plein sur la pêche à la langouste, mais les expéditions ne sont pas fructueuses. On se fait dire que c’est la période de la pleine lune et qu'à cause de l’éblouissante clarté de la lune, les langoustes confondent le jour et la nuit. Elles remontent ainsi moins vers la surface le jour. Les levers de lune et les nuits sont d’ailleurs magnifiques ces jours-ci. Nathan et moi passons notre temps avec Simon, sa grand-mère, sa mère et sa tante. On va à la plage, on visite l’île, on va visiter l’épave d’un avion-cargo de trafiquants coulés volontairement pour cacher sa marchandise dans les années 80. Le lendemain de notre arrivée on prend l’apéro tous ensemble. Une très belle famille avec qui on sympathise vraiment.

On quitte Norman’s Cay pour Staniel Cay le 29 décembre. Le vent souffle fort cette journée-là. Une fois arrivés, on s’accoste au ponton à essence pour rempli nos bidons de carburant pour l’annexe. On en profite aussi pour remplir un des réservoirs d’eau. Encore une fois, on a sorti les planches pour se protéger des gros piliers en bois du quai. Celui-ci est très haut, on se fait secouer… On a hâte de repartir. Le responsable sur le quai est pas mal sympathique. Il nous indique qu’il y a un party pirate ce soir-là au bar juste à côté. On part s’ancrer du mieux qu’on peut entre tous les navires et de magnifiques ilôts qui sortent de l’eau comme des champignons à marée basse. On tente une virée pour le party pirate, mais il est déjà t**d et ce n’est plus du tout pour les petites familles… On visite un peu l’île. Les hôtels et résidence de tourisme sont vraiment beaux mais à première vue, l’atmosphère est trop touristique, trop artificielle. On a envie de plus de calme et d’authenticité. On part le lendemain pour Blackpoint, juste à côté. Nos amis du One Love nous ont dit qu’ils seraient là pour le Jour de l’An. On y trouve là l’ambiance souhaitée, beaucoup plus calme et moins touristique. On est même les seuls navires ancrés dans la baie le 30 décembre. On se demande s’il y a quelque chose qu’on n’a pas compris… ;) On part aussitôt à la buanderie qui se trouve dans une magnifique bâtisse blanche sur le bord de mer, avec des appartements en location touristique au deuxième étage. Les maisons colorées tout autour, le Lorraine’s café, les gens relax. J’apprécie vraiment l’endroit… En rentrant au voilier pour faire un peu d’école, on croise nos seuls voisins d’ancrage arrivés en fin de soirée la veille, un couple de canadiens anglophones, Jim et Susan du voilier Corrosol, avec qui on sympathise. Nos amis du One Love nous rejoignent le lendemain. Sylvain part faire un peu de pêche avec Luc et Antoine pendant que Nathan et moi rejoignons le reste de leur tribu au Lorraine’s café où on se pose un peu. Nos pêcheurs reviennent avec un crabe et une petite langouste. Luc et Antoine nous les offrent. Pour le réveillon, on a prévu aller prendre un verre avec eux et le couple du Corrosol au petit bar à côté du Lorraine’s café pour ensuite rentrer sur le One Love se faire un gros pot luck avec cette belle gang de bons vivants. Nathan confectionne lui-même les desserts avec une recette qu’il a trouvé dans sa r***e des Explorateurs. Il n’y a pas de gros party à Blackpoint pour le réveillon du Jour de l’An. La plupart des employés de la place ont hâte de terminer leur chiffre pour partir réveillonner à Staniel Cay.

Le 1er janvier, on prend ça cool au réveil…! La journée se déroule au ralenti, il n’y a pas de vent, tout est calme. On part visiter une partie de l’île en vélo tous les trois en matinée. On achète un pain à la noix de coco d’une dame sans âge qui en confectionne dans sa maison depuis des dizaines d’années déjà. On nous l’a recommandé à trois reprises, on va pas passer à côté!! ☺ C’est effectivement très bon, mais le pain de Sylvain est vraiment imbattable, même s’il n’y a pas de noix de coco…! Sylvain et Nathan partent faire un peu de plongée en après-midi pendant que je prends un peu de temps pour écrire. Un peu après, nos amis du One Love accepte de s’occuper de Nathan une petite heure pendant que Sylvain et moi partons visiter l’autre moitié de l’île en vélo. Au retour, en embarquant les vélos dans l’annexe accostée au quai, on aperçoit quatre requins nourrice qui se reposent sous les piliers de bois, juste à côté de nous. Sylvain en a aperçu d’autres espèces aussi en plongée, pas si loin de lui. Il a aussi nagé avec une tortue. On voit également des raies de temps en temps, au quai ou à côté du navire. C’est toute une faune et une flore sous-marine qui grouillent ici, contrairement à la vie sur terre qui est plutôt aride. Rien de menaçant, ni en termes d’insectes, ni en termes d’animaux, mais pas grand-chose finalement… Pas vraiment de possibilité de cultures maraichères, ni de fruits comestibles ici à part les noix de coco dont on se régale par ailleurs.

Le 2 janvier, on repart au moteur pour aller s’ancrer en haut de Staniel Cay, à la baie des cochons. Sylvain et Nathan repartent faire de la plongée. Je me baigne aussi, mais je fais surtout la sieste cette journée-là. On part un peu à la plage où je recommence à tresser mon panier. Je cueille une pousse de palmier pour continuer mon ouvrage. En fin de journée, quand les hordes de touristes en provenance de Nassau et de Staniel Cay sont parties, on part avec nos restants de légumes pour aller nourrir les cochons apprivoisés sur la plage. On aperçoit le panneau qui demande à ce qu’on ne les nourrisse qu’à partir de l’eau une fois qu’il est trop t**d. Les plus gros mâles font peur avec leurs grosses défenses et leurs grognements. Les petits cochons sont tout mignons, mais la plage est bondée d’excréments. Ça donne moins envie de revenir. Disons que ça n’a pas été notre activité préférée…! On continue à remonter tranquillement vers Nassau pour aller chercher Jane et Alan qui viennent nous rejoindre le 8 janvier. On retourne donc ensuite à Norman’s Cay pour s’abriter des vents du sud. On navigue encore au spi une bonne partie de la journée. On devient de plus en plus fluide dans nos manœuvres. On est vraiment un bon équipage tous les trois ensemble. Cette journée-là, un peu en ret**d sur le programme scolaire, on a terminé la tâche finale de la session. Nathan n’aime pas toujours ces heures d’école à la maison, mais on réussit toujours à bien avancer et il apprend vraiment rapidement. En dehors de ça, l’école de la vie avec ses parents et toutes les rencontres qu’on fait, ses balados de Petits Débrouillards, ses nombreuses encyclopédies et ses r***es de Petits Explorateurs lui enseignent aussi énormément de choses…! Il est aussi vraiment dégourdi autant avec les gens qu’avec le voilier et le dinghy. ;)

En fin de soirée, après un autre magnifique coucher de soleil, Sylvain aperçoit une lumière verte qui se déplace à la surface de l’eau, puis encore une autre, et finalement, on s’aperçoit que c’est tout un banc de méduses bio-luminescentes qui se déplacent autour du voilier. Notre vie est parsemée d’une multitude de moments magiques comme ceux-là. J’espère pouvoir les reconnaître autant lorsque je serai de retour chez nous, un autre milieu de vie exceptionnel. Je crois que les lieux y sont pour quelque chose, mais que c’est surtout le fait de ralentir qui nous permet de goûter à toute la beauté de la Vie, un peu comme le démontre les photos de notre bel ami Renaud Pintiaux.😍

Je vais justement passer maintenant moins de temps à écrire puisque je le faisais au départ pour rassurer mes proches en raison du temps de l’année et de la trajectoire choisie. Ça simplifiait beaucoup d’écrire sur cette page. Maintenant, ça risque de devenir redondant, je l’espère presque parce que redondant dans le contexte, ça veut pas mal dire reposant…! 🤪😇Je vais simplement continuer à envoyer quelques commentaires et surtout des photos pour la suite. J’ai pris beaucoup de plaisir à recommencer à écrire, mais je veux mettre de côté l’ordi pour l’instant. Je recommencerai peut-être en temps et lieu, peut-être pour le retour… Peut-être que Sylvain ou Nathan prendront la relève entre-temps!!!?...😘

Au réveil, on prend la mer direction les Exumas. En sortant de Nassau, on aperçoit des navires chargés de déchets. Voitu...
06/01/2024

Au réveil, on prend la mer direction les Exumas. En sortant de Nassau, on aperçoit des navires chargés de déchets. Voitures, matelas, articles ménagers, tout s’y trouvent entassés pêle-mêle, compacté sur plusieurs étages. La gestion des déchets est toujours un problème majeur sur les îles. Les Bahamas, pourtant si près des Etats-Unis, ne semblent pas échapper à ce problème…
La traversée jusqu’à Allan’s Cay, notre premier arrêt aux Exumas, se passe de nouveau entièrement à la voile. Sylvain et moi apprenons à décoder les cartes bahamiennes avec leurs multitudes de rochers et de récifs de corail. On est encore craintif, mais on s’habituera assez rapidement à ce nouveau paysage. Un paysage invisible de loin, mais qui se découvre aussitôt qu’on le surnage tellement l’eau est transparente!

On arrive en milieu d’après-midi à Allan’s Cay, un ancrage au milieu de plusieurs petits ilots de corail ou de sable fossilisé, d’arbustes, de cactus et de plages de sable blond. Un paysage aussi aride qu’accueillant et fascinant, avec ses eaux turquoises inoubliables. On dirait que le voilier flotte au-dessus de l’eau, au milieu de ces iles. Pour voir quelque chose du genre, j’avais toujours rêvé de descendre la rivière Bonaventure, sans l’avoir jamais fait encore. Je me retrouve aujourd’hui dans une rivière Bonaventure gigantissime!!! On débarque cette journée-là sur le petit bout de plage le plus près de notre ancrage. Nathan se jette à l’eau pendant que Sylvain et moi explorons un peu les alentours. On rentrera se coucher ce soir-là, ravis d’être au paradis....!

Le lendemain, on part faire notre première plongée en apnée. On ancre l’annexe dans 4 pieds d’eau. Là, on aperçoit quelques petits poissons de coraux. Nathan et moi faisons notre première cueillette de conchs. Ces mollusques s’abritent dans de gros coquillages. On garde ceux de Nathan, les deux plus gros, qui serviront à concocter notre première « conch salad ». Nathan est moins confortable les cinq premières minutes d’apnée, mais il est ensuite à l’aise comme un poisson dans l’eau pour cette première plongée qui durera presque une heure en tout! On patauge sur ce premier récif au début. Ensuite, on reprend l’annexe avec Sylvain accroché à son flanc qui observe le fond en passant. Il nous fait signe d’arrêter. Il a trouvé un lieu d’apnée magnifique. On s’ancre de nouveau et là, dans 10 à 15 pieds d’eau cette fois, on découvre de magnifiques poissons, beaucoup plus gros : poissons perroquets, poisson-lion et autres (on ne connaît pas encore bien les noms). Mon petit poisson, Nathan de son espèce, est étonnamment à l’aise en palmes-masque-tuba. Il ne plonge pas encore profond, mais il plonge. En retournant au bateau. On s’ancre sur le banc de sable, au beau milieu des îlots, juste à côté de notre ancrage. Là, on hallucine de se promener avec l’eau à hauteur de la taille. Avant de rentrer, on bifurque vers une seconde plage où se promènent et se prélassent des dizaines d’iguanes d’un demi-mètre de long pour les plus grosses. On y retournera le lendemain pour les nourrir de nos restants de légumes, une activité connue des touristes à Allan’s Cay. Pour le souper, Sylvain et moi apprêtons nos premiers conchs, ce qui n’est pas une partie de plaisir pour les novices que nous sommes. Les percer pour les extraire ou les dépecer n’est vraiment pas agréable (ça me fait mal au cœur en fait) et on n’a pas encore acquis les bonnes techniques… J’en ferai ma première salade de conch dont le goût se rapproche de celle goutée à Nassau. Il me manque les piments locaux… Cette journée-là, on reçoit la visite en dinghy d’une très sympathique famille de québécois rencontrée à Nassau, qui naviguent depuis plusieurs années aux Bahamas, maintenant sur leur catamaran One Love. Ils nous indiquent qu'ils passeront Noël dans le parc national et nous invite à les y rejoindre.

C’est ce que nous faisons le lendemain, en ce matin de Noël. Direction Hawksville, une plage quasi-déserte des Exumas, pour aller célébrer le réveillon. En chemin, on réalise que Pierre-Olivier qui a racheté Loréline (le voilier orange) à Sylvain, est aussi en direction de Hawksville. Sylvain et lui sont en communication depuis quelques jours, depuis que son père nous a fait penser qu’il s’y trouvait aussi comme skipper sur un catamaran. En ancrant, je termine la confection d’une très crédible bûche de Noël en chocolat, rien de moins…! On prévoit manger ça avec des… hamburgers! C’est une question de gestion du frigo… Haha! Tout un repas de Noël…! Nos voisins immédiats sont les membres de la tribu du One Love avec qui on se retrouve pour partager les desserts de Noël autour d’un feu sur la plage. Ils ont eux aussi un gâteau au chocolat puisqu’ils célèbrent ce même jour le 50ième anniversaire de leur ami Philippe qui les accompagne. On a préparé des playlists de Noël et Nathan et moi s’en donnons à cœur joie de les faire jouer et rejouer. Autour du feu, on met Blue Christmas d’Elvis qui se trouve à être une des chansons préférés du fêté. Bel adonc!!! On passe un Noël simple et mémorable. On se couche un peu plus t**d que d’habitude et, après un petit matin au ralenti, on part en dinghy à la pointe Nord de l’île, à marée basse, sur des étendues paradisiaque de sable blanc. En chemin, on s’arrête sur une plage où démarre un sentier étroit qui mène aux ruines de petites demeures construites en 1785 par des colonialistes réfugiés aux Bahamas. Ils ont habité là plus d’une centaines d’années, se nourrissant principalement de poissons, de conchs et de noix de coco, selon les vestiges qu’ils y ont laissé et les possibilités sur place. On s’att**de ensuite assez longtemps sur le banc de sable où on pique-nique. Au retour, Nathan et moi allons rejoindre nos voisins du One Love sur la plage. Là, Carmen m’apprend à tresser des paniers en « palmier », du moins une sorte de palmier dont je ne sais pas encore le nom. Nathan, de son côté, joue au frisbee et à une sorte de jeu de pétanque de plage avec Antoine et Luc. On prend l’apéro sur la plage avant de retourner au voilier. Sur le retour, je m’arrête sur le catamaran de Pierre-Olivier qu’on avait brièvement salué la veille. Il est avec deux familles d’amis du proprio qui ont 5 enfants en tout, les premiers qu’on rencontre depuis le départ de Rafaël!! Nathan se fait inviter à faire un tour de jet-skis gonflables tractés par l’annexe pendant que Pierre-Olivier me fait brièvement visiter le catamaran et me donne une foule de conseils sur les lieux à visiter aux Exumas et à Providence Island. Nathan revient tout heureux et fébrile de son aventure. Il a failli tomber deux fois à l’eau…! On retourne au voilier pour souper et prendre un deuxième apéro avec Sylvain qui ne nous attendait plus, mais qui a bien profité de son moment de solitude, une denrée rare pour nous à cette étape de notre voyage.

Aujourd’hui, je pensais à ma déception au début à l’idée de ne pas pouvoir me rendre aux Antilles françaises, à comment j’étais mal à l’aise de devoir demander aux gens qui avaient déjà prévu nous visiter de modifier leur destination, mais surtout déçue de ne pas aller retrouver nos amis en Dominique et de ne pas goûter aux paysages et surtout à la culture antillaise (incluant les accras…!). Au bout d’une semaine passée ici aux Bahamas, je réalise que même si on passe l’hiver ici en fin de compte, on n’aura pas fini de découvrir toutes les merveilles que recèle ses iles et surtout, qu’on va vraiment pouvoir se déposer, ce dont on a le plus besoin… Je ne sais pas encore pour la culture bahamienne, mais on va avoir tout le temps de découvrir ce qu’il en est…

Ça paraît qu’on est arrivé aux Bahamas…! On en a plein la vue depuis. Plein de nouveautés pour nous… Et il fait beau et ...
06/01/2024

Ça paraît qu’on est arrivé aux Bahamas…! On en a plein la vue depuis. Plein de nouveautés pour nous… Et il fait beau et chaud! On vient de vivre un temps des fêtes bien dépaysant…! J’en profite pour vous souhaiter une merveilleuse année 2024! Je vous souhaite de la santé, de la joie, de l’amour et de la simplicité! Je vous souhaite plénitude et zenitude!

J’ai recommencé cette semaine à prendre le temps de me poser pour écrire…Je repars le récit de Miami… On est sur le point de traverser aux Bahamas. On tente de profiter au mieux de la tant attendue et très courte fenêtre météo qui s’offre enfin à nous. Il est 20h quand on prend la mer. Un vent d’Ouest s’est levé. La redoutable houle du Nord doit s’être calmée un peu, du moins on l’espère. La plupart des voileux que nous avons croisés ou les sites de voileux qui parlent du Gulf Stream le font en général avec beaucoup de crainte. Sylvain (qui en a vu d’autres) reste circonspects face à ces appréhensions généralisées. J’avoue que pour ma part, elles ont déteint sur moi parce que je suis vraiment « petite dans mes shorts » tout le long de la traversée. La grosse houle inconfortable qui nous vient de l’arrière, légèrement de travers, me semble venir carrément de travers. Il faut dire que ça brasse vraiment, même Nathan aura de la difficulté à dormir (ce qui est vraiment rare...!!). Toutes les voiles sont sorties, on navigue au grand largue avec une moyenne de près de 6 nœuds. Sylvain a commencé la soirée avec le premier quart. J’ai étonnamment très peu de courage, et j’avoue que, bien que je me lève régulièrement cette nuit-là pour voir si tout va bien, je lui propose à chaque fois avec très peu de conviction de prendre sa relève, lui reléguant en fin de compte facilement mes quarts toute la nuit. Pour ma défense, il faut dire que le cockpit est autant sinon plus confortable pour dormir que la cabine dans ces conditions et que Sylvain arrive à somnoler probablement mieux que moi en faisant son quart, ce qui fait que tout le monde y trouve son compte…. 😣🌊🌊🌊🤪

Au petit matin, avant le lever du soleil, on sort enfin du Gulf Stream. L’océan s’est apaisé, on arrive tranquillement aux Bahamas. Étant donné qu’on s’y est pris trop t**d pour remplir le formulaire qui permet de faire son entrée au pays en ligne, on a prévu faire notre entrée en personne à Nassau. On passe donc devant les Iles Bimini à l’aurore. On navigue vent arrière en ciseau toute la journée à partir de 11h, on sort rapidement le spi jusqu’à la fin de la journée. On se rend jusqu’aux Iles Berry où on repère quelques ancrages possibles pour le début de la soirée. On commence tout juste notre aventure aux Bahamas où l’on ne s’attendait pas à aboutir en fin de compte. C’est un paysage que ni Sylvain ni moi ne connaissons. On atteint le premier endroit repéré sur nos cartes électroniques juste avant le coucher du soleil. À notre très grande surprise, les endroits d’ancrage suggérés se trouvent en plein milieu de l’océan. On aperçoit à peine un petit ilot un peu plus loin. Le reste, c’est le grand bleu…! Les récifs indiqués sur la carte sont sous-marins (on aurait dû s’en douter!!), rien donc pour se mettre à l’abri du vent. On pourrait poursuivre notre navigation une couple d’heures pour aller s’abriter derrière ce qui est cette fois réellement une île, mais comme le vent s’est calmé, et surtout parce que Sylvain et moi sommes complètement claqués de ne pas vraiment avoir fermé l’œil de la nuit, on décide de s’ancrer comme prévu dans cet endroit irréaliste à nos yeux de néophytes des Bahamas… On aura eu le temps cette journée-là de s’émerveiller des eaux turquoise et de se réjouir d’avance de nos futures baignades dans ce grand bain tiède et salé.

Le lendemain matin, alors que le soleil commence à peine à se lever, on lève l’ancre pour essayer d’arriver assez tôt à Nassau, histoire d’avoir le temps de remplir les formalités de notre entrée avant que les bureaux ferment. On passe une merveilleuse journée de navigation au spi et on arrive à l’entrée de Nassau vers 15h30. Le protocole est de s’accoster à une marina le temps de remplir les formalités d’entrée au pays. Le quai qu’on nous recommande est bordé d’énormes piliers en bois beaucoup plus haut que le voilier sur lesquelles la forte houle nous pousse. Comme depuis le début de notre périple, on installe dans ces cas-là deux longues planches par-dessus les défenses pour éviter que la coque se fracasse contre les piliers de bois (ou de métal parfois). Celles-ci plient presque jusqu’au point de casser en deux. Sylvain se dépêche de se rendre au bureau où le douanier nous attend. Il revient rapidement au bateau pour assurer la surveillance pendant que je me rends au bureau à mon tour compléter certaines questions du formulaire. Là, le douanier m’impose son aide pour répondre aux questions sur l’ordi et me fixe un tarif qui ressemble pas mal à un gros « backshish » (pot-de-vin). En plus du 300$ US pour 3 mois aux Bahamas, il y a un 50$ pour lui, un 50$ pour le service d’immigration et un autre 50$ cash pour les services rendus… Hum, hum…! Je proteste doucement, je lui dis que je vais vérifier ce qu’il en est. Il me répond que quoi que ce soit de contraire qui serait écrit sur les sites même gouvernementaux ne serait pas vrai, que la mise à jour n’aurait pas encore été effectuée. Un commentaire d’une page de voileux québécois avait explicitement dénoncé ce genre de monnayage en disant de le dénoncer, ce que je menace « gentiment » de faire. Sylvain qui est venu me rejoindre commence à se prendre la tête avec lui pendant que j’essaie d’éclaircir la situation avec les femmes de l’accueil. Le douanier menace de refuser notre entrée (évidemment!). Je tente d’adoucir la situation en m’excusant, lui expliquant ce que j’ai lu et lui montrant quand même la page Facebook en question. Il me répond vexé que ce n’est rien pour lui cet argent-là et ne nous le fait pas payer finalement…! C’était effectivement un backshish… Comme on n’a pas un gros budget pour un aussi long voyage, ça valait la peine d’essayer… On se dépêche de repartir de ce mauvais quaiage qui risque d’abîmer le navire, fatigués de cette entrée, mais bien heureux d’être enfin rendus et admis aux Bahamas!!! On entendra par la suite que ce type d’accueil est fréquent à Nassau et qu’il vaut vraiment mieux faire notre entrée en ligne ou alors à Bimini ou à Freeport. On se met à l’ancre juste en face, au milieu de nombreux voiliers principalement de provenance québécoise…! J’aurai vraiment la juste impression à partir de là que les Bahamas sont la Floride des voileux québécois…

Au matin, on se rend au ponton pour les dinghys. Il y en a un seulement qui est fonctionnel, une installation très sommaire et mal arrimée pour 4 embarcations maximum. Celui-ci est déjà entièrement occupé. La houle est forte ce jour-là. Au fond de la baie, on repère un ancien ponton totalement délabré qu’on nettoie un peu pour hisser notre dinghy afin de le mettre un peu plus à l’abri pour toute la journée. Le coût est de 20$/jour sans aucun service…! On essaiera de trouver autre chose pour une prochaine fois mais les options semblent limitées dans le coin. On a débarqué nos trois vélos. Première mission, se trouver une carte SIM. On se promène sur la rue principale qui longe la baie. La ville de Nassau n’est pas du tout conçue pour les cyclistes. C’est vraiment stressant de s’y promener avec un petit bonhomme de 7 ans…! On se rend jusqu’à Arawak Cay, une belle petite plage bordée de kiosques de nourriture qu’on nous a recommandé pour goûter de la cuisine « locale ». C’est vrai qu’il y a peu de touristes par rapport à la plage précédente près du centre-ville, mais les quelques kiosques encore ouverts à cette période de l’année servent du fast-food bahamien vraiment très gras. On rentre terminer la journée au bateau après que Sylvain ait accompli sa mission carte SIM. À la marina, on rencontre à chaque fois des groupes de voileux québécois. On sympathise avec la tribu du One Love qui nous conseille quelques endroits à visiter dont le fameux Hôtel Atlantis sur Paradise Island, juste en face de Nassau, à côté de notre ancrage.

Le lendemain, le 21 décembre, est une journée mémorable pour nous. On commence par errer dans les petites rues en direction du quartier historique. En cherchant à rejoindre les murailles de la ville aperçues au loin, on aboutit dans une petite rue aux bâtisses vraiment très colorées, décorée d’un ciel de parapluies multicolores. On s’arrête en premier sur la terrasse d’une demeure tout autant multicolore, avec des chaises hamacs en bois et des tables offertes aux passants. Une femme, artiste de la récupération, nous fait visiter la cour intérieure de ce bâtiment (construits vraisemblablement pendant la brève occupation espagnole au début du 18e siècle). Sa boutique s’y trouve, nichée au deuxième étage, surplombant la cour. Ses œuvres naïves et colorées m’inspirent beaucoup. On traverse ensuite juste en face où se trouvent une chocolaterie et une fabrique de cigares. La cour intérieure de ces commerces est fastueuse et connectée par plein de petits passages. On quitte ce coin très, très achalandé en continuant à longer ce petit tronçon de rue qui aboutit sur le musée national des arts des Bahamas. On visite la cour parsemée de sculptures et de fresques murales colorées. Sylvain y cueille sa première noix de coco. On repart en s’enfonçant dans les petites rues en arrière du musée. On y découvre un quartier avec ce qui semble être des coopératives de jeunes artistes bahamiens. Plus loin, derrière le paravent de la promenade offerte aux touristes sur le bord de mer, on entrevoit la dure réalité de la pauvreté des citadins de Nassau, qui vivent parfois dans des cabanes d’à peine 3 mètres de long par autant de large. La plupart des personnes que l’on croise nous saluent en souriant, en nous laissant des « How you doin’?! » et « Merry Christmas ! ». À ce sujet, que ce soit dans le quartier touristique ou ici, à moins d’une semaine de Noël, on ne sent pas l’ambiance des Fêtes, si ce n’est des souhaits que les gens se partagent en passant. On poursuit notre chemin en faisant justement un petit achat pour Noël et des provisions pour notre départ aux Exumas le lendemain. On nous avait tellement dit que tout coûtait vraiment plus cher aux Bahamas qu’on a finalement été presqu’agréablement surpris des prix. Mais bon, certains produits plus exotiques pour eux sont à éviter si on ne veut pas se retrouver avec une facture salée. On s’approvisionne donc local le plus possible… Au retour, on s’arrête sous les ponts pour y manger cette fois-ci dans de vrais kiosques de nourriture bahamienne, directement approvisionnés par les pêcheurs autour. Les terrasses derrière ces petits kiosques sont sur pilotis. J’y commande ma première « conch salad», un ceviche fait d’un mollusque utilisé très fréquemment dans la cuisine bahamienne et un délicieux pina colada.

On retourne déposer nos provisions au bateau et se déposer un peu nous-mêmes avant de repartir vers Paradise Island, juste en face de Nassau, qui, sans le savoir, est juste à côté de notre ancrage. On nous a recommandé de nous y rendre pour visiter l’aquarium géant du Atlantis Paradise Island (un gigantesque club de vacances qui donne de l’emploi à plus de 6000 Bahamiens, le deuxième plus gros employeur après le gouvernement!). On a réservé la surprise pour Nathan. Je lui ai demandé de s’habiller chic pour l’occasion ; il pense qu’on va au restaurant…! ☺ On traverse en dinghy la marina incroyablement luxueuse de l’hôtel. Tout au bout, entre les gros yachts qui éclairent de nuit l’eau turquoise comme une piscine, on y trouve un ponton auquel on peut s’accoster gratuitement!... On nous l’avait indiqué mais c’est presque invraisemblable de se retrouver là comme des « private guests » alors que tout coûte si cher ici! On s’est fait recommander aussi, toujours par des voileux, de venir à partir de 17h parce qu'il n’y aura alors pas de coût d’entrée pour l'aquarium… On longe la marina, on traverse l’hôtel et son casino luxueux comme le reste, pour se retrouver en face de l’aquarium, au sous-sol d’un grand hall. Nathan a les yeux tout écarquillés et la bouche grande ouverte. On ressemble aussi peut-être à ça…! L’aquarium fait 15 pieds de haut. Il s’agit d’un seul énorme bassin où se mêlent les raies, les requins, les poissons de toutes les tailles. Des poissons de parfois plus d’un mètre qui circulent en bancs!! C’est vraiment plus impressionnant que je ne l’imaginais… Au bout de la devanture de l’aquarium, on a la surprise d’entrer dans une grotte qui nous amène dans l’univers de l’Atlantide, un magnifique décor inspiré de l’histoire de Walt Disney. La grotte longe tout l’arrière de l’aquarium, on y trouve plein d’autres plus petits aquariums où nagent des espèces qui se mêlent moins bien aux autres en captivité. À la sortie, on grimpe par un escalier sur une terrasse qui surplombe l’aquarium. Nathan est finalement impressionné au delà du reste par la reproduction en petit format du pont suspendu de l’histoire d’Atlantide. ☺ On retourne au voilier, épuisés mais bien heureux de cette journée riche en aventures et en découvertes…

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