31/12/2025
[HISTOIRE] Wounded Knee : un massacre toujours présent dans la mémoire américaine.
Le 29 décembre 1890, plus de 300 Indiens Sioux Lakota hommes, femmes et enfants furent massacrés par l’armée américaine à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud. Ce drame, culmination d’une série de violences contre les Sioux, vit aussi la mort des chefs Sitting Bull et Big Foot et marque l’une des pages les plus sombres de l’histoire des États-Unis. Cent trente ans plus t**d, l’archéologue Laurent Olivier, conservateur au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, publie Ce qui est arrivé à Wounded Knee – L’enquête inédite sur le dernier massacre des Indiens (Flammarion, 526 p.). Il prépare une enquête de trois ans sur le site, combinant prospections géophysiques et lidar, pour confronter les versions divergentes de l’armée et des Lakotas. L’objectif : identifier l’origine précise des tirs et comprendre comment un simple transfert de population a dégénéré en carnage.
Le site, où une stèle a été érigée en 1903 par les survivants, reste le symbole d’une injustice jamais pleinement réparée. De nombreux trophées humains, scalps, tresses collectés par les soldats sont dispersés dans des musées américains. La loi NAGPRA impose aujourd’hui leur restitution aux communautés Lakotas, illustrant la persistance des blessures historiques. Wounded Knee illustre également la continuité de la lutte des peuples amérindiens. En 1973, l’American Indian Movement occupa le site pour protester contre la corruption et la brutalité policière, un siège de 71 jours encadré par le FBI et la Garde nationale, qui marqua une victoire symbolique médiatique. En 2019, l’installation d’un pipeline menaça encore des sites cultuels, rappelant que la protection des lieux sacrés reste un combat.
Pour Olivier, le massacre de Wounded Knee est comparable aux guerres subies par d’autres peuples colonisés, comme les Gaulois. L’enquête archéologique, combinée à l’histoire orale et aux documents d’époque, pourrait enfin permettre de lever certaines zones d’ombre et de rendre justice aux victimes. Ce projet fait renaître l’espoir que le Congrès américain passe des simples regrets à des mesures concrètes pour honorer cette mémoire et protéger les communautés indigènes.
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