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La maison aux chats On l'appelait la maison aux chats.Pas officiellement.Elle n'avait probablement jamais porté ce nom.M...
25/08/2026

La maison aux chats

On l'appelait la maison aux chats.

Pas officiellement.

Elle n'avait probablement jamais porté ce nom.

Mais il y avait toujours des chats.

Des grands, des petits, des maigres, des presque ronds. Des chatons apparaissaient régulièrement. Certains restaient. D'autres disparaissaient pendant quelques jours avant de revenir.

Ils entraient, ressortaient, mangeaient lorsqu'il y avait quelque chose à manger.

Personne ne leur demandait où ils habitaient.

Derrière la maison passait un chemin.

D'un côté, il y avait les autres maisons.

De l'autre, rien.

Enfin, rien était le mot employé quand il fallait bien donner un nom à ce qui commençait là.

Il y avait des herbes, des champs, des terrains sans organisation visible et des chemins qui continuaient sans indiquer où ils allaient.

Certains jours, une brume sale descendait sur les terrains. Elle sentait légèrement le charbon. Personne n'appelait encore cela étrange.

Les chats connaissaient mieux les chemins que les humains.

Plus loin se dressaient les pylônes.

On les voyait de loin, immenses, avec leurs bras tendus et leurs câbles qui traversaient le ciel.

En dessous, ils faisaient du bruit.

C'était l'électricité.

Le savoir ne changeait rien au bruit.

Un peu plus loin, il y avait le cimetière.

De l'autre côté du mur, certaines choses étaient laissées à l'écart.

Des planches.

Du bois cassé.

Des morceaux de cercueils provenant des concessions que l'on avait ouvertes.

Les morts avaient été déplacés.

Le bois, lui, pouvait attendre.

Il restait quelque temps derrière le mur, sous la pluie et le soleil, jusqu'à ce que quelqu'un décide de l'enlever.

Cela ne semblait inquiéter personne.

Dans les champs aussi, des choses apparaissaient.

Un jour, il y eut une voiture.

Elle était simplement là, entre deux mouvements du terrain.

Elle n'avait rien à faire à cet endroit.

Quelques jours plus t**d, il lui manquait des pièces.

Plus t**d encore, elle avait brûlé.

La carcasse resta quelque temps dans le paysage.

Puis elle disparut.

Il n'y eut aucune explication.

Il n'en fallait probablement pas.

En hiver, la neige recouvrait les terrains et effaçait les chemins.

Une pente devenait une piste pour les luges en bois.

On descendait vite.

On remontait lentement.

Puis on redescendait.

Les pylônes continuaient de bourdonner au-dessus de la neige.

Les chats continuaient de traverser le chemin.

Ils passaient près des champs, des terrains vides et du mur du cimetière.

Ils disparaissaient parfois pendant des heures.

Le soir, ils revenaient à la maison.

Pas tous.

Certains arrivaient beaucoup plus t**d.

Ils attendaient devant la porte.

On leur ouvrait.

Ils entraient sans hésiter, trouvaient un endroit chaud et se couchaient.

Personne ne leur demandait où ils étaient allés.

Personne ne leur demandait ce qu'ils avaient vu.

Les chats connaissaient mieux les chemins que les humains.

Et certaines nuits, sous les câbles à haute tension, il valait peut-être mieux qu'il en soit ainsi.

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CHAPITRE 7Mitsuko est revenue.Pluie fine.Chaussures humides.Uniforme de nettoyage plié proprement sur le bras.Seirei app...
09/05/2026

CHAPITRE 7

Mitsuko est revenue.

Pluie fine.

Chaussures humides.

Uniforme de nettoyage plié proprement sur le bras.

Seirei apparaît immédiatement dans l'entrée.

Inspection de routine, il n'aime pas la pluie - uniquement son odeur et les effluves qu'elle transporte.

Il renifle le bas du sac, tourne autour une fois, puis relève les yeux vers Mitsuko avec suspicion.

« Non, tu ne peux pas manger ça. »

Elle retire lentement son badge temporaire avant de le poser près de la porte.

Dans la pièce principale, Satoshi prépare le thé.

« Alors. »

Mitsuko s'assied enfin sur le tatami avec un soupir discret.

« Le plus compliqué a été de trouver le bon chariot. »

Elle se ravise : « Mais le plus difficile ? Rester. Se reposer. Ne pas repartir tout de suite. »

Silence, Satoshi hoche la tête et plisse les yeux.

« Les femmes de ménage fixes ont leurs habitudes. Les remplaçantes aussi. J'ai pris celui du sixième étage parce qu'il avait une roue qui grinçait. »

Satoshi lui tend une tasse.

« Personne ne regarde quelqu'un qui pousse quelque chose de pénible. Encore moins avec un masque. »

Elle boit une gorgée avant d'ouvrir le sac.

Quatre enveloppes.
Papier crème.

Bords légèrement courbés.

Seirei saute immédiatement sur la table basse.

« Seirei. Shii. »

Satoshi déplace les lettres avant que la patte orange et blanche puisse les atteindre.

Le chat semble profondément vexé.

« Où, finalement ? » demande-t-il.

Mitsuko sourit, sans joie.

« Derrière le meuble du bonsaï. J'ai remplacé par des coupures de shūkanshi. »

Elle retire enfin l'élastique de ses cheveux.

« Le meuble n'est pas complètement contre le mur. Il y a une lampe dessus. Les câbles passent derrière. »

La pluie glisse doucement contre les vitres.

« Il ne les a pas oubliées, juste arrangées. »

Satoshi ne répond pas.

Mitsuko regarde les enveloppes quelques secondes.

« J'ai compris que la cliente ne sait toujours rien de précis. »

« C'est essentiel. Elle sait seulement que quelqu'un va effacer. »

Mitsuko soupire, puis remarque : « Elle n'ose pas entrer seule dans ce bureau. »

Satoshi verse davantage de thé.

« Évidemment. »

Mitsuko s'appuie légèrement contre le mur.

« Elle m'a demandé de passer nettoyer son bureau tout de suite pendant que je m'occupais du couloir. Tendue. J'ai hoché la tête. »

« Et. »

« Elle ne m'a même pas regardée ensuite. »

Seirei abandonne finalement les lettres et retourne près du poêle avec la lenteur dramatique d'un homme insulté professionnellement.

« Les bureaux de direction sont intéressants », reprend Mitsuko. « Tout le monde baisse la voix devant certaines portes, mais personne ne regarde les gens qui vident les corbeilles. »

Satoshi observe les enveloppes sans les toucher.

Masques graphiques, noms romancés, symboles arcanes.

Écriture régulière.

Timbres choisis avec soin. Du soin pour rien.

« On les lui remet comment ? » demande Mitsuko.

Satoshi réfléchit quelques secondes.

Puis :

« On ne la rencontre pas. Poste restante, Sapporo. Je lui envoie un message. »

« Ah. »

« Autre chose serait trop risqué maintenant. »

Il rassemble calmement les lettres.

Mitsuko le regarde un instant avant de souffler doucement du nez.

« Après tout ça... »

Seirei ouvre un œil orange depuis le poêle.

La pluie continue de tomber. Seirei miaule une fois, très formel, puis disparaît sans bruit. Satoshi prépare une enveloppe neutre sans expéditeur.

Quelques jours après, un SMS s'affiche sur le portable de Satoshi : « Tōkyō m'attend, maintenant. Dōmo arigatō. »

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