03/27/2026
Après un court trajet en métro puis en train, nous arrivons à Kyoto, la traditionnelle. Premier défi : tuer le temps, avec tout notre barda, de midi à 16h, heure à laquelle nous pouvons entrer dans notre logement.
Après avoir mangé, nous nous dirigeons vers un parc que nous avions repéré sur Google Maps. En arrivant, sous un soleil et une chaleur de printemps très agréables, nous nous arrêtons à côté d’une aire de jeux assez grande. Les enfants sont ravis ! Dans ce parc, plusieurs personnes se promènent en cosplay et il y en a pour tous les goûts.
Finalement, nous avons passé du bon temps… en tuant le temps. Et 16h arrive plus vite que prévu : nous prenons la direction de notre camp de base pour les 5 prochains jours.
Comme d’habitude, nous ressortons pour une petite épicerie de début de séjour. Nous sommes juste à côté d’un gros centre commercial, donc c’est parfait… ou pas. Nous craquons un peu dans un magasin à 100 yens (l’équivalent du Dollarama), puis complètement dans un magasin de sport où nous achetons 4 paires de chaussures, une pour chaque membre de la famille. Bon OK, ça semble un peu démesuré, mais rendez-vous compte : une paire affichée 70 $ US sur internet achetée 25 $ US ici… vous comprenez maintenant ! On a même un peu peur de ne pas être à l'abri de recommencer.
Finalement, nous terminons avec l’épicerie avant de rentrer pour notre première nuit.
Nous nous levons et prenons la matinée comme elle vient… chill. Sur l’heure du midi, une fois n’est pas coutume, nous nous séparons : les gars d’un côté, les filles de l’autre.
Tandis que Juliette et Ophélie partent voir le spectacle non verbal GEAR Theatre Kyoto, Eliott et Mathieu partent voir un match de football, Kyoto contre Nagoya.
GEAR est le premier spectacle de théâtre non verbal du Japon. Se déroulant dans une usine de jouets futuriste et post-apocalyptique, le spectacle suit quatre ouvriers robotisés – les « Roboroïdes » – qui découvrent une poupée abandonnée, laquelle éveille leur curiosité, leur goût du jeu et leur humanité. La performance mêle mime, breakdance, jonglerie, magie et acrobaties. Les filles en reviennent émerveillées.
De leur côté, Kyoto-Nagoya, le 3e contre le 4e, promettait d’être serré. Effectivement, après 90 minutes et une ambiance de feu : score de parité, 1 partout. Place à la séance de tirs au but. Et oui, pas de match nul dans le championnat japonais cette année, un test pour les 100 ans de celui-ci. Après une séance tendue, Kyoto remporte le match 5 tirs au but à 4. Scène de liesse chez les supporters : les gars sont enchantés de leur expérience et reviennent même avec un t-shirt souvenir offert.
La soirée est douce et calme et, après un souper économique à l’appartement, place au repos.
Nous commençons la matinée avec la visite du Palais impérial de Kyoto. Enfin… c’est ce qu’on croyait. Nous sommes lundi, et le lundi le site est fermé. Qu’à cela ne tienne, nous profitons des jardins annexes et de quelques cerisiers en fleurs.
Nous nous dirigeons ensuite vers le Chemin de la Philosophie, petite promenade le long d’un canal. Fait intéressant, le chemin est bordé de centaines de cerisiers, mais, encore pas de chance, nous sommes 5 jours trop tôt dans la floraison : nous ne verrons que des bourgeons prêts à éclore. La balade reste néanmoins calme, bucolique et agréable.
Nous arrivons ensuite au temple bouddhiste Eikan-dō Zenrin-ji. Le lieu est silencieux, zen, comme un appel à la méditation. Nous nous asseyons au bord d’un des jardins et contemplons le bassin sans un mot… jusqu’à ce qu’un groupe de Français accompagné de leur guide vienne rompre cette quiétude par des rires et des conversations bien trop bruyants pour le lieu. Finalement la réponse à la question récurrente: "Pourquoi avez vous quitté la France?" est: "Nous n'avons pas quitté la France mais les Français".
Nous nous éloignons et reprenons la visite. Le temple s’avère vraiment beau et nous prenons le temps d’apprécier ce sentiment de zénitude.
Après 1h30 de visite, nous sortons en direction du temple Kiyomizu-dera. Grand temple, mais avec énormément de touristes, dont nous. L’expérience est totalement différente et nous avons préféré le premier temple, plus intimiste et plus tranquille. Nous faisons le tour du site mais restons un peu sur notre faim, la faute à un flux continu de visiteurs qui ne permet pas de profiter pleinement du lieu.
Nous traversons ensuite le quartier Gion, réputé pour ses geishas et maikos, et, chanceux, nous apercevons une maiko accompagnée de sa suivante, se pressant dans la rue pour éviter les regards. Mathieu réussit tout de même à capturer le moment.
Nous finissons la journée avec Pontocho, petite ruelle très étroite où une centaine de restaurants proposent des plats variés, puis la rue commerçante Shinkyogoku, animée et bordée de magasins de toutes sortes.
Le lendemain, nous partons en milieu de matinée pour un trajet de 45 minutes vers Nara et son immense et célèbre Parc où des cerfs Sika déambulent librement parmi les passants.
En arrivant, nous apercevons rapidement nos premiers spécimens. Plus nous avançons, plus ils sont nombreux. Selon la légende, ces animaux sont considérés comme des messagers divins du sanctuaire Kasuga. Ils sont partout et savent exactement où se placer : près des vendeurs de biscuits ! Les enfants sont ravis de pouvoir les caresser.
Petit fait intéressant : ils font des courbettes devant les humains. Ce geste, souvent perçu comme une marque de politesse, est en réalité une réaction apprise liée à l’habitude de recevoir de la nourriture. Cette pratique est spécifique aux cerfs de Nara.
Nous poursuivons ensuite avec l’ascension du Mont Wakakusa. Sur le sentier, nous sommes presque seuls, ce qui contraste fortement avec le parc. Au sommet, nous retrouvons quelques cerfs et une vue panoramique sur toute la vallée. Après une descente assez rapide, nous reprenons le train pour un retour sur ur Kyoto. Nous arrivons à une heure raisonnable, ce qui nous permet de profiter de la soirée. Accessoirement, nous rachetons des lunettes à Juliette, les siennes ayant cassé à Nara. Bizarrement, Ophélie disait à Mathieu le matin même qu’elle était étonnée qu’elles aient tenu jusque-là… Hasard ou coïncidence ?
« Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. » Un adage très vrai, mais dernièrement, c’est plus difficile. Nous sentons dans nos corps la fatigue cumulée de ces derniers mois. Nous nous donnons un coup de pied aux fesses pour commencer nos visites plus tôt, en espérant éviter la foule.
Nous partons vers la forêt de bambous d’Arashiyama. Il y a un peu de monde, mais cela reste très raisonnable. Nous arrivons à prendre des photos tranquillement. Lorsque nous repartons, c’est déjà beaucoup plus fréquenté.
Nous prenons ensuite la direction du temple Ryōan-ji, célèbre pour son jardin sec (kare-sansui), considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de la culture zen japonaise. Construit entre 1499 et 1507, ce jardin d’environ 200 m² est composé de 15 roches disposées en cinq groupes sur un lit de gravier soigneusement ratissé, symbolisant l’océan.
C’est un lieu propice à la méditation… mais avec plusieurs groupes présents, nous méditerons plus t**d.
Nous poursuivons vers le temple Kinkaku-ji. Ce temple est célèbre pour son Pavillon d’Or, un bâtiment à trois étages recouvert de feuilles d’or sur ses deux niveaux supérieurs. Il abrite des reliques bouddhistes et combine trois styles architecturaux : shinden-zukuri au rez-de-chaussée, buke-zukuri (style des samouraïs) au premier étage et karayō (style zen) au second. Une sculpture dorée de phénix orne le sommet du toit.
Le site, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1994, est entouré d’un vaste jardin et d’un étang miroir dans lequel le pavillon se reflète magnifiquement. Malheureusement, comme prévu, il y a foule, ce qui rend difficile de profiter pleinement de l’ambiance zen du lieu. Cela dit, le site n’a clairement pas volé sa réputation.
Après cette matinée bien remplie, nous retournons à notre base pour manger et nous reposer un peu, Ophélie n’étant pas dans sa meilleure forme.
L’après-midi est pluvieuse. Ophélie fait la sieste pendant que Mathieu emmène les enfants au VS Park, situé dans le centre commercial à côté de notre logement. C’est un espace de jeux intérieur avec de nombreuses activités où les enfants peuvent se dépenser pendant deux heures… sans parents. Tout le monde y trouve son compte.
Ophélie rejoint Mathieu après sa sieste réparatrice. Les parents flânent dans les magasins à la recherche de LA trouvaille introuvable ailleurs qu’au Japon, pendant que les enfants s’amusent comme des fous.
Lorsque le moment arrive de quitter le parc, une énième épicerie étant nécessaire, les enfants attendent leurs parents chez Toys“R”Us, devenu leur repère pendant le séjour à Kyoto. Les enfants jouent pendant que les parents font les courses : parfait !
Le lendemain, nous prenons la matinée tranquillement, puis décidons de retourner au palais impérial afin de ne pas rester sur un rendez-vous manqué. Pendant que les enfants jouent dans le parc voisin, les parents visitent le palais, ancienne résidence de l’empereur du Japon jusqu’au transfert de la capitale à Tokyo en 1869.
Après cette parenthèse historique, nous retrouvons les enfants (qui ne se sont pas entretués !) et allons manger dans un restaurant à tapis roulant. Cette pause gourmande amuse beaucoup les enfants, les plats commandés sur tablette arrivant à toute vitesse.
Nous nous rendons ensuite à Fushimi Inari, principal sanctuaire dédié à Inari, divinité shinto du riz, de la richesse et de la prospérité. Fondé en 711, il est célèbre pour ses milliers de torii formant un tunnel à flanc de montagne. On estime qu’il y en a environ 10 000 le long des sentiers.
Nous n’en parcourons qu’une partie, car l’heure est venue pour Ophélie de participer à une cérémonie du thé, art traditionnel inspiré du bouddhisme zen. Pendant ce temps, Mathieu et les enfants l’attendent dans un parc de jeux à proximité. Décidément, les enfants sont à la fête ces derniers jours !
Nous rentrons ensuite pour passer la fin d’après-midi et la soirée chez « nous », entre petites consommations et préparation des prochaines étapes : Shizuoka, puis Tokyo.
Après une bonne nuit, il est temps de quitter Kyoto, avec le sentiment que nous aurions pu rester encore quelques jours à la découverte de petits trésors cachés.