02/15/2023
Et on se tient là.
Le souffle court le coeur en grand les yeux en lacs les larmes chaudes qui fuient en ouragan. Les bras en falaise les jambes en silence nos têtes en séisme. On se tient là. Nos corps en rire le regard vitreux derrière y défilent des rivières des visages des voiliers des lèvres des baisers vagabonds des sourires volés vrais vifs vaste vent. Des amitiés volages. On se tient là.
Ballants. Stupides. Devant l'absurde puissance d'un pacte scellé en cours de philo. On se tient là.
Les doigts qui cherchent le vide s'agrippent à une fin nos ventres crient et tentent de nous faire des promesses on aura su depuis longtemps qu'elles ne serviront à rien. On se tient là. Les cheveux aux envols les mollets en matraque nos esprits en fuite se perdent s'échappent il y a la panaméricaine sur nos joues. On se tient là.
On aura pris nos vies en petits verres d'eau.
S'y seront déversés des océans.
On se tient là. À prêter serment à quelque chose de rien. À se surprendre devant l'envergure de notre innocence.
On se tient là, au bout.
Ma plus grande évasion.
On se tient là. On s'y tiendra toujours.
"Je t'aime mon beau"
"Moi aussi mon beau"
Jusqu'au bout du monde.
- Lou
Minolta x700, Salar de Uyuni, novembre 2022